Action Bronson ©Abi Friard - Longueur d'Ondes

10 & 11 juin 2017 au Bois de Vincennes (Paris)

KÉZAKO ? Un festival écologique qui propose une série de conférences sur l’environnement ou sur le véganisme pour sensibiliser, débattre, faire connaître…

 

OÙ  ? Dans le grand  parc du Bois de Vincennes,  3 scènes : 2 gigantesques et 1 chapiteau plus modeste mais à la puissance sonore tout aussi imposante.

 

DÉCOUVERTE : Petit Fantôme. Un groupe rock avec une belle énergie sur scène. On recommande chaudement !

 

COUP DE CŒUR : Pépite. Depuis l’écoute en 2015 de leur démo “Dernier voyage”, on n’attendait qu’une chose : les voir en concert. C’est fait. Ambiance chaloupée, on se berce au son si mélodieux de la voix claire du chanteur. Mmmh, cette voix branchée sur réverb qui résonne… et on se retrouve avec eux sur une île. Une pop un tantinet psychédélique aux paroles simples et efficaces. Notre coup de cœur ! A quand l’album ?

 

SURVOLTÉS : Faire. Poulains du label Microqlima que l’on apprécie (Pépite, Isaac Delusion, L’Impératrice…), le trio nous a convaincus. Si votre but est de sauter sauvagement dans tous les sens avec le sourire jusqu’aux oreilles, il faut voir Faire en concert et s’agiter sur leur “gaule wave”.

 

CONFIRMATION : Agar Agar. On connaissait la voix langoureuse et nonchalante (presque blasée) de la chanteuse Clara sur son “Prettiest virgin” si entêtant que l’on avait adoré. On ne se doutait pas qu’il s’agissait en fait d’une jeune femme pétillante, pleine d’énergie. En plein concert, la sécurité déboule sur scène. Un vigile avance sur le devant de la scène, épie la salle derrière ses lunettes noires et parle dans son oreillette. Mais que se passe-t-il ? Doucement, le vigile se met à se dandiner, pour finir par se trémousser franchement. Explosion d’encouragements dans la salle. Une idée drôle et tellement bien trouvée ! Agar Agar, un duo pop excellent, envoûtant, dansant et décidément plein d’imagination !

 

SPECTACULAIRE : Camille. Décor, costumes, chorégraphies… Un vrai show travaillé, répété. Une Camille toujours aussi énergique, habitée. Des choristes aux voix sublimes. Des percussions de toute part. Un homme aux 2 pianos. Une musique entre chanson et pop tribale. Toujours un régal à voir sur scène ; on recommande à l’infini !

 

LE GRAND MOMENT : Justice. Les chefs de file de la French Touch 2.0 nous ont fait part, en avant-première, de leur tout nouveau show. Et quel show ! Un mur d’enceinte impressionnant et un jeu de lumière époustouflant ! Le duo a sorti les gros moyens pour ce set ! Ouverture sur leur dernier titre “Safe and Sound” sous un public en fusion. Une classe infinie, toujours vêtus de leur fameux blousons de cuir. Et leur emblème, cette croix lumineuse qui apparaît au milieu du concert… Ce n’est pas un simple duo : c’est une histoire, c’est un phénomène, on touche presque au sacré. On s’emballe. Beaucoup beaucoup d’émotions.

 

LA STAR  Arrivée en triomphe pour le rappeur belge Damso, acclamé par un public chaud qui connaît toutes les paroles par cœur. Plaisir d’entendre sa prod soignée en live. Toujours mitigés sur les paroles. Un artiste bien rodé qui gère clairement la scène.

 

INTERNATIONAL PHÉNOMÉNAL La programmation internationale est des plus alléchantes avec notamment :

Action Bronson : un nom du rap US actuel à connaître,mais un show déséquilibré, un rappeur qui manque un peu de souffle ? Qui n’en manque pas en tout cas pour crier sur son DJ un sec « What the fuck did you do that for ?! » lorsque ce dernier se plante… Un personnage, un sacré caractère !

Solange : le talent de la famille Knowles. Alors que Beyoncé se la joue, au final, très conservatrice, la petite sœur est résolument moderne, proposant un discours engagé dans un show simple et élégamment chorégraphié – dans un style contemporain.

Perfume Genius : on n’a pu quitter des yeux l’artiste américain si hypnotisant dans son show d’une douce intensité. Live oxymorique. Entre explosion et retenue. Piano-voix et musique emphatique.

Nicolas Jaar : un des piliers de l’électro actuelle.  Le DJ a joué avec son public en prenant son temps et en envoyant les gros sons de basses peut-être 15 minutes avant le début de son concert. Comme à chaque fois, un grand moment.

Benjamin Clementine, ou la classe londonienne. Ses chansons si intenses ont été livrées avec tant d’élégance, par cette voix, cette façon si particulière de chanter et ce piano entêtant. Beau moment.

Moderat : le trio allemand clôture le festival en beauté sur son électro autant dynamique (“New error”) que posé (“Last time”) et une animation sur grand écran hypnotisante. Un show parfait, millimétré. Bravo.

 

LES PLUS :

– La scénographie réalisée par des étudiants

– La programmation : les mauvaises langues diront une programmation consensuelle du genre Les Inrocks featuring Konbini… mais une programmation cohérente, avec une (très) petite place pour la découverte francophone et surtout, l’occasion de voir des artistes internationaux qui ne passeront peut-être pas de si tôt en France (Solange, Action Bronson, Moderat…) ou alors, en avant-première, avant la déferlante des festivals d’été

– L’identité graphique du festival

 

LES MOINS :

– 3 petits points d’eau (dont un ne fonctionnant pas) dans l’espace gigantesque du festival sur 2 jours à plus de 28° et sous un soleil de plomb. Selon les dires, le même problème s’était posé les années précédentes…

– Des files d’attente de 15 minutes minimum pour le cashless et une impossibilité de recharger son compte en ligne

– Une équipe de sécurité très mal briefée

– Des problèmes techniques à plusieurs reprises sur la scène Lalaland, écourtant les prestations des artistes

– Camille qui refuse l’accès aux photographes devant les barrières crash

– Le chapiteau de la scène Clairière qui limite sérieusement la visibilité des concerts de loin

– Aucune signalétique en sortant du métro

– Le son très moyen de la scène Clairière

– Des points de retraits Deliveroo qui volent la vedette aux stands de nourriture installés dans le festival

– En somme, de gros problèmes d’organisation pour un festival avec autant de moyens (cf, la programmation)

 

>> welovegreen.fr

Texte : Laura Boisset

Photos : Abi Friard

 

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