Damien Saez ©Patrick Auffret @Zenith de Rouen - Longueur d'Ondes

Zénith de Rouen

Mercredi 19 avril 2017

Une jeune fille en noir et blanc projetée sur grand écran ouvre le spectacle. Cheveux mi-longs, pull en laine à boutons et chemise de bûcheron ouverte sur un tee-shirt noir, Damien Saez à la guitare acoustique est poignant d’entrée.

Le titre “Les enfants du paradis” rend hommage aux victimes de l’attentat de Charlie Hebdo. Les briquets éclairent les visages du public. Dans la foulée, “L’oiseau liberté”, autre chanson extraite de son Manifeste, œuvre fleuve regroupant plusieurs CD disponibles depuis peu, est également rempli d’émotion.

“Betty”, titre dépouillé est magnifiquement mis en valeur par l’accordéon de Johann Riche. Saez est toujours à la guitare acoustique mais à ses côtés, un groupe parfaitement en place est là pour le soutenir : Alice Botté, guitariste de Jad Wio mais aussi de Bashung ou de Christophe, Daniel Jamet, guitariste de la Mano Negra, ou de Louise Attaque, Franck Phan, un troisième guitariste et Geoff Dugmore, bonnet sur la tête, complète le tableau à la batterie.

À la fin de la première partie, un texte s’affiche sur l’écran. Puis les confessions d’une jeune pute fracassée lance les hostilités d’une seconde partie très débridée.

 

Damien Saez ©Patrick Auffret @Zenith de Rouen - Longueur d'Ondes

 

«  À ta santé Macron ! »

 

Alors que des tonalités rouges inondent la scène, tout est en place pour une interprétation toute en finesse de “Mon terroriste”, ponctuée a capella d’un cinglant « A ta santé Macron, Bolloré, Alep ».

Avec sa barbe naissance, Saez a réellement des faux-air de Jim Morrison. Au fil des chansons, le set monte en puissance. Voilà “Des p’tits sous”, un extrait de l’album Jaccuse. Le concert devient méchamment électrique. Très en verve il s’en prend aux grands patrons, aux dérives de la société actuelle avant de se vider une bouteille d’eau sur la tête.

L’excellent “J’hallucine” est joué dans un délire sonique et cette fois le chanteur fustige les médias avant de lever son verre, c’est une image, à la santé de Fillon ! Il dénonce à tour de bras les dérives de tous bords, s’en prend à la « médiocratie ambiante ». Il en rajoute et rien ne semble l’arrêter « La politique encule son peuple » lance-t-il à une assistance conquise.


 

Trois heures de spectacle

Sur “Fils de France” des relents de Noir Désir sont perceptibles, l’accordéon en rajoute comme pour renforcer une identité nationale à des kilomètres de celle prônée par les politiciens extrémistes. “J’accuse” est scandé avec le public, “Pilule” joué avec une force incisive.

Totalement habité, le concert, qui se prolonge au-delà des trois heures, est d’une force rare. Le public, captif, reste en place même quand les lumières se rallument. À juste raison puisque qu’il est bientôt de retour pour mettre, à la guitare acoustique, un point final à ce nouvel acte d’un Manifeste hors du commun.

 

Damien Saez ©Patrick Auffret @Zenith de Rouen - Longueur d'Ondes

 

Texte et photos : Patrick Auffret

 

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