Wolzovitch ©Patrick Auffret - Longueur d'Ondes 80

L’âge du capitaine

Laurent Wolz gravite dans la musique depuis sa tendre enfance. « Mes grands-parents tenaient un magasin de disques ; à dix ans, je me suis mis à la batterie. J’ai ensuite créé un groupe au collège, mais c’était galère pour trouver un chanteur. J’ai donc endossé le rôle ! ». Entrevue avec Wolzovitch.

C’est d’abord dans le « gros rock » (et en anglais) que cet Ébroïcien entame ses véritables premiers faits d’armes, avec le groupe Spy (deux albums au compteur), « mais le démon du français m’a rattrapé », précise-t-il. Car Laurent voue un culte à la grande tradition de la chanson française (Brassens, Gainsbourg, Polnareff). « J’écrivais des chansons en français, très intimes, sur un 4 pistes, que je ne pouvais pas proposer à mon groupe. Des titres folk, à base de guitare / voix. Matthieu Damblé, qui était ingé son, les a enregistrés et y a placé des beats. »

C’est ainsi que naît le projet Wolzovitch, avec un premier EP, certes enraciné dans la chanson française, mais qui voit plus loin, plus large. Si Wolzovitch détient également une assise pop, diverses rasades cold wave (The Cure est ici une référence assumée) ou électro entraînent ces cinq titres loin de la neurasthénie parfois constatée au sein de la musique française à textes. Le duo opère un délicat nivellement entre ombre et lumière, mélancolie et soif d’en découdre.

Voilà ce que traduisent les mots de Laurent, résignés mais pas défaitistes, lucides sans virer au nihilisme. « J’écris sur des pensées personnelles, admet-il. Les sujets concernent ce que moi ou mes proches vivons. Mais en ce moment, vu l’état d’esprit ambiant, je me tourne vers des choses plutôt positives ! » La thématique du temps qui passe revient parfois labourer ses compos, ce que Laurent traduit par l’expression « nostalgie réconfortante ». Miossec, avec qui Wolzovitch a joué en avril dernier, ne s’y est pas trompé en félicitant la prestation du duo. À Brest comme à Évreux, le poids de l’âge s’apparente à une force tranquille.

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Texte : Jean Thooris / Photo : Patrick Auffret

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