Octets

La Souterraine / Mostla

Alligator, leur album Octets sur Longueur d'Ondes

Ce binôme reptilien auteur d’une pop minimaliste a peut-être le sang-froid mais le cœur chaud et bien battant. Quelques fulgurances mélodiques (“Brume”, “Sous la pluie”, “Riviera”) suffiront ainsi à cueillir au vif l’engourdi du ressenti. D’une couverture sonore synthétique et compressée, les ondes développées se font cristallines, perforant l’épiderme par leur résonance réfrigérée, souffle post-punk obligeant. Manipulant une langue de Molière devenue tendancielle dans la sphère électro-pop francophone, les mots jaillissent avec éclat, réverbérant l’image de souvenirs à peine éculés. Si l’avenir appartient à ceux qui savent entendre les voix du passé, ces deux-là détiennent sûrement les clés de la chanson contemporaine, esprit 80s sublimé avec brio, voire effroi, tant le spectre de cette époque est au travers de ce premier essai réanimé. Frais et enlevé, ce premier disque marque par sa simplicité, testimoniale d’une intimité émotionnelle contée avec justesse et délicatesse.

À  écouter en priorité : “Brume”, “Sous la pluie”, “Riviera”.

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JULIEN NAÏT-BOUDA