Les lignes droites en entrevue sur Longueur d'Ondes

Humain, trop humain

Formé depuis 2013, les Lignes Droites était à la base un projet solo de Bruno Ronzani. Le nom était celui de l’album qu’il préparait. Rejoint par Mathieu Weiler à la guitare, rencontré dans le parc de Bercy, le projet devient groupe.

Les lignes droites font référence à la société moderne, société qui depuis Descartes préfère les lignes toutes tracées à celles aux parcours plus sinueux.

En 2015, le groupe sort son premier EP et dès l’année suivante son premier album au retour d’une tournée au Japon qui les a fortement soudés. « La Souterraine nous avait proposé de faire dix morceaux pour eux. De fil en aiguille, ce projet est devenu un album ». Le groupe crée son propre label Extension pour le sortir. « Notre disque est auto-produit. Il n’est pas parfait mais à l’image de ce que nous sommes. »

 

 

Les Humains est un disque sombre qui flirte avec le désespoir. Dans  “Poussière“, le groupe évoque tous les malheurs du monde dans une vision proche de l’apocalypse. « Nos paroles évoquent la difficulté de s’engager dans le monde contemporain. Que faire dans un monde qui va chaque jour plus mal. Je ne sais pas si nous sommes un groupe politique mais en tout cas, nous sommes connectés à la réalité politique. »

Si leur album parle de la tristesse du monde, il parle aussi de tristesse plus personnelle comme de l’échec amoureux. « Nous l’avons conçu comme un diptyque. De la première partie du disque sur le désespoir global, tu passes à la tristesse amoureuse. Et du coup, tu relativises tes propres malheurs. »

Les lignes droites en entrevue sur Longueur d'Ondes

Les lignes droites est un groupe qui évolue entre chanson et rock dans un équilibre subtil et réussi. Leur ambition : faire sonner le français de manière rock. « Le choix du français est un vrai défi qui nous intéresse. Je trouve bien que le complexe du chant en français ait enfin disparu de la scène musicale même si le côté littéraire de notre langue peut être un piège. En tout cas, Brel sonnait rock et ce n’est pas un hasard si Bowie l’a repris. » Cette balance entre chanson et rock se sent dans les influences revendiquées du groupe qui vont de Bashung à Nick Cave avec une dose de Kraftwerk pour les parties synthés. « Certains évoquent aussi la cold-wave à notre propos mais nous ressentons plus cela pour l’atmosphère que réellement dans notre musique. »

 

 

On sent chez ce groupe une urgence et si elle est évidente sur disque, elle l’est davantage encore sur scène où le groupe atteint sa pleine mesure. « Live, les morceaux sont plus violents, prennent d’autres directions. Les concerts nous enrichissent pour le studio. Nous voulons être le plus proche possible du live lorsque nous enregistrons. Les premières prises pour l’album étaient live. Nous avons tout produit au même endroit, à l’arrache. »

Le printemps 2017 permettra à ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de voir le groupe en concert de réparer cette erreur puisque le groupe entamera à ce moment là une tournée française.

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PIERRE-ARNAUD JONARD