Rock en Seine 2016 ©Denoual Coatleven - Longueur d'Ondes

Du 26 au 28 août 2016

Parc National de Saint-Cloud

CADRE : Plein air et sous chapiteau

MÉTÉO : Deux jours de canicule ; troisième jour très chaud.

LA CARTE D’IDENTITÉ : Le festival francilien s’affirme chaque année comme un rendez-vous majeur. Très rock à la base, il a su s’ouvrir à toutes les musiques actuelles et propose autant de grosses têtes d’affiches que de très nombreuses découvertes. Après seulement 14 éditions, c’est un rendez-vous mythique – et pas seulement parce que les frères Gallagher (Oasis) s’y sont séparés. En 2016, la thématique de l’année était la danse. Let’s dance ! Et le dancing installé devant la grande cascade a souvent affiché complet.

LA FRÉQUENTATION : Avec 110 000 entrées enregistrées, soit 10 000 de moins que l’an passé. Le festival n’a affiché complet qu’une journée, mais cela reste un succès malgré tout.

LES PLUS :
– un très bon son, comme d’habitude d’ailleurs
– plus de groupes et d’artistes francophones à l’affiche
– l’un des festivals de la culture rock
– toujours quelque chose à faire ou à voir
– le village du disque avec cette année les confidences, de Christophe -Doudou- Davy (Radical) et d’Alain Lahana, le manager de Patti Smith et Iggy Pop
– une température espagnole au bon goût de vacances
– Béatrice Dalle, qui est là pour son amoureux, un musicien d’Iggy Pop

LES MOINS :
– les concerts qui se chevauchent mais difficile de faire autrement
– des VIP à n’en plus finir … Ici, c’est Paris (même si ce dimanche le PSG a perdu à Monaco ! )
– le contexte est ce qu’il est, mais voir des policiers partout autour du festival, oui, ça enlève de la magie à la fête

VU ET APPROUVÉ
Massive Attack : du son et des projections qui en mettent plein les oreilles et les yeux. Le collectif de Bristol a livré un très bon concert.
Birdy Nam Nam : depuis le départ de Dj Pone en 2013, ils ne sont plus que trois mais ces « hommes-platines » démontent la scène à chaque fois.
Sigur Rŏs : à trois, les islandais occupent l’espace comme personne. Leur rock planant véhicule une tension incroyable.
Casseurs Flowters : Orelsan et Gringe parlent au « 25e degré » de la vie des jeunes dans les petites villes françaises. Et ça parle à une génération 18-25 ans qui a bien besoin qu’on lui tende l’oreille.
La femme : le groupe a présenté ses nouveaux morceaux avec passion.
Half moon run : appelés à la rescousse, les Canadiens ont livré une magnifique prestation. Vivement le prochain album, pas encore en préparation.
Iggy Pop : l’iguane a délivré un super concert et attiré la foule dimanche au coucher du soleil.

LA DÉCOUVERTE : Le rock enflammé de Royal Republic. Après The Hives, la Suède peut une nouvelle fois s’enorgueillir de posséder le nouveau meilleur groupe rock’n’roll du monde.

LE MOMENT DE GRÂCE : Le concert de Brian Jonestown Massacre vendredi soir à l’heure où le soleil se couche.  Un show parfaitement maîtrisé, avec un Joël Gion en pleine forme et un Anton Newcombe décontracté. Dommage néanmoins que le concert soit si tôt, cela a un peu enlevé à la folie psyché du collectif à guitares.

LA FAUTE DE GOÛT : La pop gentiment fadasse de Bastille, quelle horreur !

LA FEMME : Le groupe a présenté ses nouveaux morceaux avec passion et même s’ils ne sortent plus leur planche de surf en concert, Marlon, Sacha, Clémence et les leurs ont assurément donné « du plaisir » au festival.

JOYCUT : Le trio JoyCut, créé en 2004, vient de Bologne. Sa musique électro est fascinante et conceptuelle. Après avoir beaucoup voyagé pour leur musique, JoyCut a posé ses valises en France et a eu un coup de cœur pour Clermont-Ferrand en jouant au premier Festival Europavox, en 2013.

HALF MOON RUN : Appelés à la rescousse, les Canadiens ont livré une magnifique prestation. Vivement le prochain album, pas encore en préparation.

LE BON PLAN : La scène Ile-de-France, placée au milieu du site, a permis à neuf groupes franciliens de se produire. Nos chouchous : le jeune punk de Pogo car crash control !

LE BOF : Vendu comme un groupe gothique et habité, Chvrches s’est révélé être un fade groupe pop de plus. Cela ne valait pas le coup de louper Iggy Pop, programmé à la même heure.

R’N’B : La jolie voix de Bibi Bourelly a su faire oublier le temps d’une parenthèse enchantée les grosses guitares qui ont enflammés les pelouses de la grande scène durant deux jours.

LA CONFIRMATION : Le phénoménal show outrageant de Peaches, aussi visuel que sonore. La plus grosse claque du festival !

LE TRUC QUI TUE : si Henry Padovani (ex-The Police) et Little Bob ont percé en Angleterre, c’est parce que « les punks ne savaient pas jouer ». Sans rire.

LE TRUC QUI TUE 2 , LE RETOUR : la Présidente Les Républicains de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, venue voir Iggy Pop, qui a fait un détour par la scène Ile-de-France pour découvrir Pogo car crash control et qui avoue qu’elle pourrait « pourquoi pas danser le pogo, mais plus tard dans la nuit » (sic).

LE TRUC QUI TUE 3, LA CERISE SUR LE GÂTEAU : quand on apprend que les enfants de la même Valérie Pécresse font de la danse hip-hop avec ceux de Nicola Sirkis (Indochine). Comme quoi, la new wave, ça mène à tout !

ALLUMER LE FEU : Izia, joyeuse et délurée au VIP le vendredi, allume le feu lors du concert des Naïve New Beaters.

LE TRUC EN PLUS : L’espace VIP de la scène Pression live, un endroit calme et tranquille pour apprécier de bons concerts avec une vue magnifique sur la scène la plus indé du festival.

EN DIRECT DU VILLAGE DU DISQUE : Au milieu du festival, il résiste encore et toujours aux concerts envahisseurs… et ce, depuis 3 ans ! L’occasion de chiner du vinyle parmi quelques disquaires indé (Souffle Continu, Maquis, Balades Sonores, Betino’s Record Shop…), d’assister à des showcases (Yula Kasp, soliste électro-acoustique et franco-polonaise de l’excellent label Kill the Dj) ou de s’instruire, avec des projections de docus, des conférences sur le métier et des débats d’experts. Où l’on en apprend beaucoup plus sur le digging, c’est-à-dire chercher la perle rare en vinyl, avec les gens de Born Bad Records ou Diggers Diggest.

L’AN PROCHAIN : La prochaine édition de Rock en Seine aura lieu le dernier week-end d’août, en 2017.

LA PHRASE CHOC : « On essaye de ne pas y penser, même si à midi, on a vu passer des mecs pour voir s’il n’y avait pas des bombes sous les platines. C’est du jamais vu ! » le DJ Crazy B, de Birdy Nam Nam, à propos des mesures de sécurité qui ont entouré le festival.

 

Le site de Rock en Seine

 

Texte: PATRICK AUFFRET, BASTIEN BRUN et SAMUEL DESGANE

Photos : DENOUAL COATLEVEN et PATRICK AUFFRET

 

Publié le