Public @Route du Rock 2016 ©Patrick Auffret - Longueur d'Ondes

Du 11 au 14 août 2016

Fort Saint-Père et plages de Saint-Malo (35)

CADRE : Plein air (hormis la soirée d’ouverture en salle à Saint-Malo).

MÉTÉO : Grand soleil et chaleur qui fait oublier les années boueuses !

LA CARTE D’IDENTITÉ : Le festival de l’Indie way of life présente depuis un quart de siècle une programmation originale et raffinée, essentiellement tournée vers la musique anglo-saxonne même si cette année La Femme et Savages ont fait office de tête d’affiches.

LA FREQUENTATION : Avec 13 000 entrées payantes seulement, 15 000 spectateurs en tout, le festival marque, malgré le beau temps, un net recul par rapport à l’an passé.

LES PLUS : Les moules-frites sur la côte et les galettes saucisses à Saint-Malo, les concerts à la plage, avec la crème solaire et, bien sûr, la programmation avec la fine fleur du rock indé international. Une programmation bien différente de tous les autres festivals de l’été, avec uniquement du bon et beaucoup de découvertes.

LES MOINS : La programmation un peu soporifique en début de soirée mais c’est aussi la marque de fabrique du festival, la queue au Cashless (système de paiement dématérialisé), le mauvais choix horaire de certains groupes (tel Psychic Ills programmé bien trop tôt ou Fat White Family excellent mais trop vite sur scène après la claque donnée par Fidlar.)

LA PETITE HISTOIRE : La soirée de vendredi a été totalement chamboulée du fait de l’annulation de The Field. Difficile de s’y retrouver et savoir qui était sur scène. C’est comme cela que La Femme a débuté avec une demi-heure d’avance !

LA DECOUVERTE : Le sourire jusqu’aux oreilles durant tout le set, les Californiens de Fidlar ont littéralement dopé l’ambiance d’un festival qui avait tendance à s’endormir. Le meilleur concert de l’édition ?

L’ANECDOTE : Le photographe Richard Bellia, venu à Saint-Malo présenter son nouveau livre Un œil sur la musique 1980-2016 à sortir en novembre, a vu sa conférence reportée d’une journée suite aux changements de la soirée de samedi. Il a finalement pu rencontrer la presse… en anglais et sans traducteur avant de dérouler dans la bonne humeur les épreuves de son futur ouvrage.

LA CONFIRMATION : Les filles de Savages ont une nouvelle fois captivé l’audience avec un set très proche de celui présenté l’an dernier sur la grande scène du Fort. Sexy et radical, avec intrusion dans le public !

LE TRUC QUI TUE : Les militaires qui patrouillent sur le site ! « On est ravi de les avoirs avec nous, détaille François Floret, directeur. Je suis atterré de voir le nombre d’événements annulés. Je suis fier et heureux d’avoir cette bienveillance de l’Etat sur la Route du Rock. »

LA BONNE BLAGUE : Sasha, le chanteur de La Femme, a tenté la chenille lors de son concert. Le public s’est d’abord montré un peu réticent avant d’engager dans ladite chenille sans heureusement reprendre à son compte les paroles qui vont avec. Le groupe a néanmoins soulevé l’enthousiasme.

RECONFIGURATION : Les organisateurs ont vite compris que cette édition n’allait pas attirer la grande foule, ils ont donc revu la configuration du site à la baisse, se privant notamment d’un écran géant mais en préservant son confort d’accueil, avec notamment un gros effort sur les sanitaires. Au final, le festival a gagné en convivialité.

CONCURRENCE : La fête du Bruit de Landerneau, avec Indochine, Garbage et Iggy Pop mais aussi celle du Blé à Dinan, avec Lio, Début de soirée et les stars des années 80, ont sans doute pris du public à La Route du Rock, festival droit dans ses bottes avec une programmation aussi aventureuse que relevée. La qualité, cela se mérite, les festivaliers du Fort Saint-Père peuvent en témoigner et les organisateurs l’assurent, aucun des artistes programmés, notamment à Landeneau, ne correspondait à l’image qu’ils veulent donner à leur festival.

NUIT BLANCHE : Malgré l’absence du Macumba, la tente festive installée au milieu du camping, il était quasiment impossible de dormir sous la tente : les festivaliers, souvent alcoolisés, faisant bruyament la fête jusqu’au petit matin !

TROP CHER ? « Une tête d’affiche, c’est 200 000 euros ! » Une somme jugée astronomique par les organisateurs qui ont préféré « revoir leur ambition à la baisse plutôt que de prendre le risque de se détruire. » Si tous les programmateurs pouvaient en faire autant et arrêter les surrenchères, on n’atteindrait pas ces sommets totalement disproportionnés !

L’AN PROCHAIN : Malgré une fréquentation en berne, l’avenir de la manifestation ne semble pas remise en cause. Les organisateurs rêvent toujours à un retour de PJ Harvey ou bien à la venue de Radiohead… « On veut garder une ligne artistique intègre, assure Alban Coutoux, le programmateur. Nous n’avons pas eu de tête d’affiches sur cette édition mais l’année prochaine nous pourrons peut-être faire 30 000 spectateurs même si nous n’avons jamais voulu aller vers le gigantisme. »

LA PHASE QUI TUE : À propos de la main mise des producteurs / tourneurs sur les festivals, François Floret : « Nous sommes totalement indépendants, c’est un peu moins facile que lorsque l’on a des producteurs associés à son festival même s’il n’y a pas de blocage ou d’artistes réservés. Leur premier métier, c’est vendre des artistes. Après ils peuvent avoir la tentation de les garder. Ou pas ! »

Le site du festival La Route du rock

Texte et photos : PATRICK AUFFRET et VALERIE BILLARD