Mur d'enceintes Scene Dub @Festival Reggae Sun Ska 2016 ©Campagnie Valentin - Longueur d'Ondes

6 au 11 août 2016

Domaine Universitaire de Bordeaux

CARTE D’IDENTITÉ : Avec une première édition en 1998, l’association Reggae Sun Ska organisait cette année sa 19e édition. Plus important festival de reggae en France, ce dernier défend les musiques et la culture jamaïcaines.

CADRE : Sur le domaine universitaire à Pessac, dans un très grand terrain.

MÉTÉO… elle grimpe ! Jour 1 : agréable ; jour 2 : chaud ; jour 3 : très chaud.

PUBLIC : À vu de nez, 80% de 15-25 ans. C’est LE rendez-vous étudiant de l’été à Bordeaux, pour ne pas dire l’unique (Bordeaux se transformant en ville fantôme). Sans le Reggae Sun Ska et le festival Relâche, la ville subirait une traversé du désert musical.

PROGRAMMATION : Une grande place faite à la scène internationale et notamment jamaïcaine avec Damian Marley, Tarus Riley, Inner Circle, Dean Fraser, Alaine… Des artistes venant aussi d’Italie (Alborosie, Melow Mood), du Portugal (Richie Campbell), de Nouvelle-Zélande (Fat Freddy’s Drop), d’Angleterre (Vandal), de Guinée (Takana Zion), etc. Et bien sûr, une place toute aussi importante est donnée à la scène française.

Bigflo et Oli et Boulevard des Airs dénotent dans une programmation dub et reggae. Outre ces artistes, et Naâman qui a squatté pas mal de scènes et festivals dernièrement, la programmation du festival ressort clairement de celles des plus grands festivals de France par sa particularité et sa diversité.

DÉCOUVERTES :

Ondubground : un set impeccable qui a su emballer toute une foule malgré l’heure et le jour (vendredi à 18h30) désavantageux pour la fréquentation. Le public s’est amassé autour de lui et des murs d’enceinte pour jouir de sa musique dub toute en subtilité qui fait quelquefois penser à l’électro de Fakear (notamment dans l’utilisation des samples de voix, le côté orientalisant et l’alliance électronique / organique). On en redemandait, mais il a fallu passer à la suite.

Tomawok : Intrigué d’abord par l’univers indien qu’il cultive, c’est son énergie et son flow incroyable que l’on retient surtout. L’artiste se fait diffuseur de bonne humeur et de « good vibes » avec son raggamuffin.

Papa Style : Clairement à l’aise sur scène, il capte votre attention jusqu’à la fin de son show, autant par ses textes que son flow.

INCONTOURNABLE : Massilia Sound System et ses paroles satiriques qui viennent rappeler, parmi tous les message d’amour, de paix et de légalisation du cannabis, que « Tout le monde ment » et surtout « Le gouvernement » qui « Ment énormément ».

LE RETOUR : La touche punk-ska du groupe Ludwig von 88 qui fait cet été leur grand retour après un arrêt musical en 1999.

LES PLUS :
La scène showcase située sur le passage, entre la scène dub et les 2 grandes scènes, donne une bonne visibilité aux artistes de la découverte ou ceux performant sur scène sur les premières heures d’ouverture du site.
L’espace dédicace qui permet un échange artistes-public.
Les concerts improvisés, créant une cinquième scène pour encore plus de festivité ; on pourrait même ajouter une sixième scène avec le stand Blablacar qui s’est transformé en karaoké road trip.
L’enchaînement des concerts : pas de pause, pas d’attente.
Le son puissant et de qualité sur toutes les scènes.
La bonne logistique du site (parking vélos, parking Blablacar, etc).
Les douches improvisées pour rafraîchir les festivaliers lors des grosses chaleurs.
L’animation vers l’entrée du site et des campings (DJ, bar, stand, food truck, etc.) pour ne jamais s’arrêter de faire la fête : les festivités continuent en boucle du vendredi au dimanche, même après fermeture du site).

LA SCÈNE DUB FOUNDATION : Encerclée de trois murs d’enceintes dans un espace intimiste entouré d’arbres, elle se transforme en un lieu magique où le son prend possession des corps et où ne vit que le rythme. Un véritable havre dédié à la musique dub et traversé de grosses vibrations.

LES MOINS :
Les prix du bar et des stands de nourriture.
La file d’attente aux entrées et aux campings.
L’absence de points d’ombre.
Uniquement de la sécurité masculine aux entrées pour les fouilles corporelles.

ÇA FAIT DU BIEN : Le festival a débuté vendredi à 17 h avec le mage charismatique Ricky Chaplin qui prêchait « One love, one nation ». Des messages d’amour et de paix en ces temps d’angoisses, c’est apaisant.

CLOTURE : Le festival s’est terminé en beauté avec semble t-il la plus forte fréquentation, le dimanche soir, pour acclamer sur scène le fils de l’emblème de toute une culture : Damian « JR Gong » Marley.

CONCLUSION : Heureux et épuisés après trois jours d’exutoire, on ressort du festival enduit de transpiration, de crème solaire poisseuse et de terre que l’on a remuée en dansant frénétiquement, vu que l’on ne s’arrête jamais de danser, de 17 h à 2 h. On remet ça l’année prochaine !

Le site du festival Reggae Sun Ska 

Texte : LAURA BOISSET
Photos : VALENTIN CAMPAGNIE

Publié le