@Fnac Live 2016 ©Dan Pier - Longueur d'Ondes

Du 20 au 23 juillet, Paris

Fan zone musicale. Décrié par certains, apprécié par d’autres, le festival se sera déroulé sans heurts et dans un contexte sécuritaire important. Malgré la menace terroriste, ces quatre jours de concerts auront attesté d’une chose : la musique ne cessera pas de battre le pavé tant qu’il y aura des cœurs pour la supporter. Et le meilleur moyen de s’en convaincre était encore de laisser la parole à ceux (fictifs ou pas… allez savoir) qui ont fait et sont venus sur cette 6ème édition. Morceaux choisis…

GREGORY

« C’est mon anniv’ aujourd’hui, 20 ans un 20 juillet ! Pas belle la vie ? Ma copine et moi on avait programmé d’être au premier rang pour le festival. Mais quelle galère pour rentrer ! Plan anti-terroriste oblige, on a fait la queue plus de trois quarts d’heure avant de pouvoir pénétrer sur la place de l’Hôtel de ville totalement “emmurée” pour l’occasion. Mais grâce à Jain, on a tout oublié. D’ailleurs, tout autour de nous la foule était en délire. C’est fou comme cette fille sait fédérer avec juste des synthés, des boucles et sa voix ! Faut dire que ses compos sont hyper efficaces et qu’elle les défend avec une telle énergie… »

MICHÈLE

« Mais quel plaisir ! Moi qui bosse toute l’année dans cette Mairie, ça me fait bizarre de me retrouver dans la cour intérieure dans des fauteuils construits avec des palettes recyclées, entourée de mes collègues, un cocktail à la main, et de voir tout un tas de journalistes et de gens de la musique circuler dans cet espace transformé en carré VIP. Dans la douceur de ce soir d’été, je me sens totalement ailleurs et en vacances… En faisant quelques pas, je suis au pied de la scène installée entre deux statues de la place. Je viens de voir A-Wa. Quelle belle surprise ce groupe qui mêle chant arabe et sonorités électro-rock avec une telle fraîcheur ! J’ai été ensuite très emballée par le hip hop d’Odezenne qui m’a surprise avec ses textes forts et simples à la fois, mais pas racoleurs pour autant. »

TIMOTHÉ

« Je suis barman sur les quatre soirs au carré VIP. Je n’ai pu voir que peu de concerts mais les écrans mis à dispositions dans cet espace m’ont permis de suivre de loin les lives et une chose m’a marquée : les gens étaient quasiment toujours à fond, levant les mains, suivant l’artiste jusqu’au bout, il n’y avait qu’à regarder la vitalité des premiers rangs dans la fosse pour s’en convaincre. Tu sens que la population a besoin de se défouler, de s’évader, et surtout de s’amuser. Je pense que les artistes programmés sont parvenus à cela. J’ai bien aimé la musique de Bon Voyage Organisation que j’ai pu voir avant de commencer mon service, c’était très exotique et assez planant, belle découverte. »

LOUIS

« J’ai été invité par une amie qui travaille dans la com, je ne suis pas spécialement mélomane et reste plutôt grand public. Ce genre de festival est l’occasion pour moi de faire des découvertes et je dois avouer que la soirée de vendredi ne m’a pas déçu, même si pour le coup, celui qui m’a le plus marqué n’est pas né de la dernière pluie, je veux parler de Katerine. Je ne suis pas spécialement fan de la musique développée, mais quel artiste ! Le genre de personnage capable de vous faire entrer dans son univers en un clin d’œil même si vous n’êtes pas en phase avec l’esthétique sonore proposée. C’était vraiment théâtral, du soap opéra prenant toute sa signification dans un salon de l’Hôtel de Ville mirifique. Quelque chose de profondément subliminal s’est produit, peut-être en raison du discours déployé dans ce cadre, magnifiant une ironie de tous les instants… Bref super expérience ! »

JULIE

« Je suis venue ici avec des amis, on vient d’avoir notre baccalauréat et on n’en finit plus de le fêter. Moi, c’est Fakear qui m’intéressait, c’est super d’avoir de l’électro comme ça à une heure avancée, et je pense que ça peut permettre à d’autres de s’ouvrir à des genres qu’ils méconnaissent. Son live était juste comme je m’y attendais, énergétique et communicatif. On sentait que les gens avaient envie de se lâcher, et pendant une heure, on peut dire que l’on s’est tous un peu oublié dans un contexte pas très rose actuellement. La musique, c’est la vie ! ».

MARIE et YUSSEF

« On vient de province, on passe le week-end dans la capitale en amoureux. On se baladait sur les quais et on a entendu du son au loin. On a ensuite été surpris par le dispositif de sécurité très imposant déployé autour du parvis de la Mairie de Paris. On a vu l’imposante scène et on s’est laissés griser par les premières notes d’un groupe dont je ne me rappelle pas le nom… Mais quelle surprise de voir que tous ces concerts étaient gratuits ; notre soirée s’est ainsi orchestrée autour de cet événement. De l’imprévu comme on l’aime ! »

JOE

« Je suis journaliste musical, notamment pour la radio, et c’est très bien d’avoir ce genre de festival qui mélange jeunes pousses et artistes confirmés, mais j’ai quand même un goût amer en bouche après la soirée de samedi. La prestation de Balthazar était tout à fait correcte, mais elle a manqué d’implication. Je pense que ce genre de formation est plus à son aise sur une scène favorisant l’intimité. Ils ont pour le coup fait le boulot certes, mais sans forcer et ils ont peut-être été desservis par un soundsystem accordant trop d’importance aux basses. Après la claque que j’avais pris en les voyant à l’Olympia, je m’attendais à mieux. Mais la prestation de Louise Attaque dans la foulée m’a quelque peu fait oublier ce live en demi teinte. Quel plaisir de voir des anciens traverser les générations et de constater qu’ils se sont enfin réconciliés avec leur tubes intemporels. Du pur bonheur qui aura touché de nombreux cœurs comme l’a démontré une foule à l’unisson. »

Site du Fnac Live

Texte : JULIEN NAÏT-BOUDA & SERGE BEYER
Photos : DAN PIER

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