Madame « feel good »

Cette jeune femme-orchestre qui a vécu une adolescence voyageuse impose sa candeur dans le paysage de la pop française. Fille de la génération connectée, Jain prend son envol avec une bonne humeur assez communicative.

JAIN en entrevue - Longueur d'Ondes N°77 - photo: Julie Rochereau

 

L’été prochain, Jain sera dans beaucoup de festivals et sa course, déjà passée par les Victoires de la musique, pourrait ne pas s’arrêter là. C’est qu’à 23 ans, cette fille réservée écrit une musique pleine de bonnes vibrations comme d’autres produisent des « feel good movies », ces films faits pour donner la banane.

Née en 1992 à Toulouse, cette Lily Allen à la française a grandi au fil des voyages de ses parents, expatriés travaillant dans le pétrole. Elle commence la musique à l’âge de 9 ans et compose ses premières chansons adolescente, alors qu’elle vit à Pointe-Noire, en République du Congo. « Quand on est expatrié(e), c’est parfois dur d’être proche de la culture locale, la musique a été ma porte d’entrée pour partager quelque chose de sincère avec les gens », observe-t-elle. Les rues bruissent de rumba, de rap. Jeanne rencontre un beat maker, Mr. Flash, avec lequel elle s’initie aux machines.

 

C’est à 16 ans qu’elle poste ses chansons sur Internet, via Myspace, et se choisit le nom de Jain, dérivé de son prénom et du jaïnisme, une religion indienne. Elle est repérée par Maxim Nucci, alias Yodelice, compositeur pour Johnny, qui deviendra son producteur à son retour en France. « Moi, je ne suis pas une très bonne musicienne, je bidouille des choses sur mon ordinateur, je fais de la guitare, un peu de basse, mais ce qui est génial, c’est que lui me trouve d’autres harmonies, il rend tout ça plus professionnel, confie presque naïvement la jeune femme-enfant. Il me donne aussi plein de conseils sur l’environnement musical, la façon d’être sur scène. Mais il ne me dit jamais : ‘Tu dois faire ça, ça, et ça ! »

Zanaka, son premier album, appelé à faire un carton, est rempli de cette “melting-pop“ où se mixent reggae, électro et rythmes africanisant (« Makeba »). La petite robe noire qu’elle a choisi comme fétiche, les bras de Shiva qu’elle arbore notamment dans le clip de son tube « Come » font des émules. Et pourquoi pas ?

 

Site de Jain

Texte : BASTIEN BRUN
Photo : JULIE ROCHEREAU

A lire dans le Longueur d’Ondes N° 77


Zanaka

Sony Music

JAIN en entrevue sur Longueur d'OndesPas besoin de se faire des nœuds au cerveau, les chansons Jain sont des sucreries à l’énergie contagieuse. Boucles électroniques, mélange accrocheur de rap, de reggae et de musique africaine, Zanaka est un modèle de pop « feel good » où chaque titre est potentiellement un tube. « Come », nous dit-elle, et on entre dans cet univers comme on passerait de l’autre côté du miroir. Mais Jeanne n’est pas la jeune Alice, découvrant le pays des merveilles et son corollaire. Avec son anglais, sa guitare et ses bras de Shiva, c’est elle qui orchestre tout ce petit monde.

 

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