Christian Olivier.Têtes Raides.6 avril 2016.La Cigale.Paris.Michela Cuccagna© - Longueur d'Ondes

 

Si la première production en solo de Christian Olivier, On / Off, opère une catharsis artistique tranchant avec la bande de trublions susnommée, le public de la Cigale (le 6 avril 2016) ne semble encore avoir apprivoisé cette nouvelle matière.

Les premières représentations scéniques qui suivent la sortie d’un nouvel album ne sont jamais chose aisée, d’autant plus quand on a été le leader des Têtes Raides pendant une trentaine d’années, un costume qui colle à la peau.

Plus noire et austère, portée dans un certain esprit americana-blues-rock, l’esthétique musicale festive des Têtes Raides semble s’être estompée, comme une aversion faite au passé, ainsi l’entend le titre « Laisser la place » et ce lucide constat : « Faudra quitter nos habitudes pour prendre un peu d’altitude ».

Une formulation apparemment incomprise par des spectateurs ignares, offrant de fait quelques moments de solitude touchant au pathétique, tel ce passage où Christian tendit son micro, attendant un écho à son phrasé et ne récoltant qu’un silence de mort. Loin de se laisser abattre, le quinqua fera tant bien que mal le show, accompagné de quelques trois guitares qui auront à force d’étincelles, mis le feu et fait lever la foule. A noter cette symbolique touchante sur le tant attendu « Ginette » en fin de set, quand l’homme au chapeau s’amusera à passer de l’ombre à la lumière au gré du balancement d’une loupiote projetant une lumière blafarde tout droit sortie des films noirs. Suranné mais toujours vivant !

Julien Naït-Bouda
Photos Michela Cuccagna

 

 

 

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