Mille sabor !

Après la sortie de son 3e album III et un lancement à l’I.Boat dans sa ville natale, le Bordelais Jaromil Sabor répond à nos questions. Au programme : décryptage de son univers fantaisiste et de sa musique pop-garage-psychédélique, inspirée par les Beach Boys et les Beatles (s’il devait n’en choisir que deux).

Jaromil Sabor - Entrevue Longueur d'Ondes - mars 2016

Il fallait bien un nom aussi flamboyant que le talent du jeune musicien pour signifier son extra-ordinarité. Simple, à l’inverse du travail musical accompli sur son album, le jeune musicien nous répond avec fraîcheur et authenticité. A chaque question posée, un trait de caractère apparaît.

 

 

Jaromil Sabor est malin. Alors que l’on pourrait penser que le titre de son album possède une quelconque symbolique numérologique, il explique que celui-ci permet de signifier qu’il y a d’autres choses qui ont été faites avant ce nouvel album. « Je m’attaque à un style assez différent de ce que je faisais avant, je pensais bien que ça allait toucher des gens qui n’avaient jamais entendu parler de Jaromil Sabor. Donc je me suis dit que si je l’appelais « III », ça pousserait peut-être ceux à qui plaît ce disque à écouter les deux précédents. J’aime bien aussi l’idée de ne pas mettre de mots. »

Avec un morceau tu peux faire ce que tu veux au moment de la mise en forme.

Jaromil Sabor est joueur. Cela se remarque d’entrée avec son pseudo, à base de jeu de mot et référence culturelle, mais aussi avec les chansons « Carrion Siren Part 1 » et « Part 2 » : « Une « Carrion Siren », littéralement ça désigne la charogne d’une sirène. En fait, la chanson parle d’une fille qui s’appelle Becky et qui meurt noyée. L’idée sur ces deux titres, c’était de montrer qu’avec un morceau tu peux faire ce que tu veux au moment de la mise en forme. En fait, c’est deux versions de la même chanson. J’en ai fait pour chacune un absolu d’un style. La partie I est très pop, délicate, un peu précieuse ; la partie II, c’est le contraire. J’aime bien jouer sur ces trucs-là. J’aimerais un jour faire un album avec uniquement des versions différentes d’une même chanson. Ou peut-être un EP, parce que ça sera sûrement un peu pénible d’entendre la même suite d’accords dix fois d’affilée… »

 

 

Jaromil Sabor reste fidèle à lui-même. La soirée de lancement à Bordeaux était accompagnée d’une exposition d’Inaniel Swims, un de ses amis, qui a réalisé la pochette de III : « Depuis mon deuxième album La Santa Roja, pour lequel il a fait la pochette en 2013, c’est lui qui s’occupe de tous les visuels. Il a aussi dessiné la pochette du 45 tours d’un autre de mes projets qui s’appelle COSMOS. » Le jeune musicien s’entoure aussi de ses amis sur scène, faisant appel aux groupes Sorry Sorrow Swims et Bootchy Temple : « Cela me paraissait assez logique de jouer à Bordeaux. Ça reste là que le groupe est basé, au moins symboliquement. Ce qui me semblait important surtout, c’était d’avoir ces deux groupes qui jouaient avec nous. Ce sont de bons copains et leur musique est super ! Une release party, je trouve que c’est important de la faire avec des copains et avec des gens qui sont proches de toi musicalement. Sorry Sorrow Swims, c’est d’ailleurs un des groupes d’Inaniel Swims. Il y avait vraiment une sorte de concentré de ce qui tourne autour de Jaromil Sabor. »

  Une scène bordelaise existe bien

Pour en revenir à Bordeaux, parlons un peu de la ville et de sa dynamique musicale. « Une scène bordelaise existe bien, affirme Jaromil, il y en a même plusieurs. C’est une ville très dense avec plein d’artistes et de nébuleuses de groupes. Ça me plaît bien, cette densité. Il y a beaucoup de groupes dont je me sens proche, musicalement et humainement : Prêcheur Loup, Jach Ernest, Cockpit, Alizon, Bootchy Temple, Dry County Loner, Casablanca… Il y a de quoi voir des concerts déments très souvent à Bordeaux ! »

Site de Jaromil Sabor

III
Frantic City

LAURA BOISSET


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