L

Tôt ou tard

RAPHAELE LANNADEREInitialement, L était son monogramme. Un premier album porté pendant une petite décennie, salué dès sa sortie par la critique, puis un Prix Barbara et un Disque d’or, couronné par une folle tournée de trois ans, aura convaincu Raphaele Lannadère de déposer le masque. Charmant petit monstre, la chanteuse a malicieusement baptisé son nouvel album, L. Jeter le trouble, passer le relais. Il serait dommage qu’une époque suffoquée par ses peurs, qui cherche ses racines jusqu’à creuser sa tombe, puisse passer à côté d’un tel remède, d’une source qui désaltére jusqu’à l’espérance, d’un souffle capable de soulever les poitrines affaissées. Plus eau vive qu’eau forte, plus vent d’autan que tramontane, L, écrit d’une traite, en quinze jours ou presque, après un périple dans le Midi, passe à toute vitesse. C’est une rivière qui dévale, sans préméditation. C’est surtout un bain dans lequel il faut se jeter comme dans le tumulte. Album de garde et de magie, il est long en bouche et en oreille. Et il faut peu de temps avant que ne vous reviennent comme autant de sortilèges, le septième continent décrit dans « Phtalates », la fuite nocturne de « J’accélère » ou « Gela », chant de résistance, solaire et absolu. Car, dis-toi bien, lecteur, que si tu ne viens pas à Lannadère, c’est Lannadère qui ira à toi !

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SYLVAIN DEPEE


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