Entre folie et tournée

Mocky © D.R.
Le Benoit Paradis Trio se promène sur les routes depuis plusieurs années. Ils lançaient récemment leur plus récent opus « T’as-tu toute? » et partaient à l’aventure une fois de plus… Il n’y a pas beaucoup de formules jazz comme celle du Benoit Paradis Trio qui percent dans les festivals. Une recette ? « On se fie surtout aux réactions que l’on reçoit après les spectacles. Les gens sont en général très positifs. Un style musical jazzy n’empêche pas de toucher le public ou d’exprimer quelque chose. Peut-être que ce qui fonctionne chez nous, c’est le plaisir pris à jouer ensemble. »

Jazz éclaté ?

« Depuis le début, on me qualifie un peu de détraqué, même de fou sur les bords, par moments. Il faut savoir lâcher son fou en musique et sur scène ! » Lorsqu’on questionne Benoit Paradis, plus précisément sur son style musical, celui-ci s’épanche. Entre Jazz éclaté et chanson, où est le juste milieu ? « Je pense que c’est moitié-moitié. Le plaisir est autant de faire des chansons que de les jouer dans le style que l’on aime. Pour nous, la chanson n’est pas un prétexte pour jouer du jazz. »

En plus du Québec, le trio a l’opportunité de jouer en France et en Suisse : «  Oui, oui, oui ! Et pourquoi pas un jour en Belgique et en Afrique, j’aimerais ça ! » La première fois que le trio a joué en France, c’était dans le cadre du festival Alors… chante ! : « On était dans la catégorie découverte du festival, ce qui nous a offert des opportunités. En ce temps-là, nous étions autoproduits et c’est moi qui m’occupais du booking, de tout. On y est retourné plusieurs fois au cours des années, parce qu’on le voulait et non pas car c’était payant. À force, on a construit un auditoire et on est bien content de la réception. »

Beaux défis

Les membres du groupe se connaissent depuis longtemps, ce qui leur permet de s’amuser autant sur scène et de partager leur plaisir aux spectateurs. « Oui et c’est une belle fierté. Cela fait neuf ans que le groupe existe, depuis ses débuts aux Francouvertes en 2006. Il y a Chantal Morin au piano et Benoit Colombe à la contrebasse. J’avais le gout d’un projet qui mettrait notre créativité au défi et notre capacité d’évoquer des styles sans avoir tous les instruments requis. J’ai fait le pari d’aller dans le simple. Je voulais que l’on puisse tourner juste nous trois, le groupe au complet, dans une camionnette. »

Pas de guitare, de choriste ou d’accompagnateur. Quand on évoque le nom « Benoit Paradis Trio » le chanteur se fait rieur : « On aurait pu s’appeler de bien des façons différentes ! Mais comme c’est moi qui écris et compose la plupart des chansons, on a pris mon nom. Chantal et Benoit ne se sentent pas mal du tout. En fait, on se sent mal quand les gens disent juste « Benoit Paradis ». Ça, c’est moins le fun (rire). Sinon, le plaisir est vraiment sur scène, le nom on s’en fout un peu. »

Alexandre Turcotte

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