Du 6 au 12 juillet à Albi (81).

Pause guitare

CADRE : Une place du centre­ville avec deux scènes et une caravane, deux théâtres et une plus grande scène pouvant accueillir 13 000 personnes, pas loin du Tarn.

MÉTÉO : Caniculaire !

LES PLUS : La dimension humaine reste l’objectif des organisateurs Annie et Alain Navarro. Elle se ressent absolument partout et chez tous les acteurs du festival !

LES MOINS : La soirée variété (qui, pourtant, affiche complet) avec, entre autres, les imbus d’eux­mêmes Fréro Delavega annulant une rencontre programmée avec les fans une demi­heure avant… Classe !

RENAISSANCE : Grande claque avec les rageurs Toulousains de Bruit Qui Court en nouvelle formation, sans guitare. Chanteur à la rage contenue qui expulse des textes forts, cassures de rythmes, intelligence… Ça ne caresse pas dans le sens du poil rock­ électro, et c’est tant mieux !

DANSE : Même en plein jour Etienne Daho transforme le festival en dancefloor ! Oui Etienne, « Le monde est bleu comme toi » ! Et le dandy Charlie Winston n’est pas en reste.

QUÉBÉCOFOLIES : Présentation annuelle d’artistes franco­canadiens à découvrir. On retiendra cette année une belle découverte hip hop : Shawn Jobin, du Saskatchewan, 21 ans, navigant entre slam et rap… et farouchement francophone : « Au nom des nation, je dis non à l’assimilation ».

INTENSITÉ : « Galope te dis­je, galope »… « C’est parce que j’ai trop de rêves qu’il fait toujours nuit ». Nevché est un être à fleur de peau, qui se bonifie avec le temps. « Et si c’est ça l’éternité, j’en prendrai bien une seconde » !

EXPÉRIENCE ACADIE : Une scène pour rencontrer la musique acadienne, mais aussi des pavillons pour découvrir le Nouveau Brunswick et explorer les possibilités d’émigrer là­bas. Côté trad réinventé Prenez Garde, La Virée ou les Tireux d’Roche alternent violon et podorythmie ; côté folk Daniel Léger assure ; et côté rock c’est Joseph Edgar, en formation duo, qui remporte la palme !

L’ENVERS DU DÉCOR : Un petit village en guise de loges. Chaque espace est cosy, différent, original et pensé pour le bien­être et le sourire de l’artiste ! Il y a même un ostéopathe à disposition pour les revitaliser !

TRIOMPHES pour l’ovni musical Asaf Avidan qui électrise la grande scène et délire total pour Shaka Ponk provocant une onde de choc.

« PAPY FAIT DE LA RÉSISTANCE » : Festival du troisième âge cette année. Hugues Aufray remplit aisément le Grand Théâtre ; Zachary Richard et son rock­band ébouriffant donnent une leçon de swing bayou décapant ; Status Quo secoue l’esplanade de la grande scène ; Bratsch et Malicorne (oui, oui, Malicorne) assurent encore… et Bob a fait du Dylan, précisant sur contrat qu’il doit être sur scène à 21 h 30 max, pas plus tard !

PRIX : Le « Prix Templin Découverte » du public et des pros va unanimement à Barbara Weldens, chanson habitée. Les autres gagnants : K et DenisK (oui ils étaient deux au nom scénique assez proche et ne se connaissaient pas avant). C’est Dominique Janin, à la tête du festival Alors Chante (renaissant de ses cendres) qui remet les prix.

GÉNÉREUX : On peut lui reprocher beaucoup de choses, mais Cali est incontestablement un être généreux. Ce soir il slamme sur le public dès le premier morceau, il invite les photographes sur scène le temps d’une chanson, il se balade dans toute l’esplanade, passant un bon moment au carré des personnes handicapées (sacrifiant même aux selfies tout en chantant), puis il appelle sur scène une jeune spectatrice (pétrifiée)… c’est la petite amie d’un technicien qui la demande en mariage devant 10 000 spectateurs émus et en délire ! Alors « C’est quand le bonheur » ?

OFF : Il avait disparu du festival il y a quatre ans, il est aujourd’hui revenu énorme puisqu’il a couté 100 000 € pour offrir des spectacles gratuits en plein centre ville ! Pas de recettes donc, mais des partenaires qui assurent, et la ville qui suit. Un exemple à suivre.

CHIFFRES : 36 000 entrées payantes cette année, 45 000 avec les spectacles offerts, 750 bénévoles, 6 500 repas en 5 jours pour les bénévoles et les artistes, 25 000 repas au total avec le public.

« PRENDS L’OSEILLE ET TIRE­TOI » : Un final en demi­-teinte avec un Bob Dylan minimaliste et glacial refusant les photographes, les éclairages, même les caméras sur scène. Résultat sur les écrans géants : une image totalement fixe de la scène, musiciens alignés,où l’on devine à peine que la minuscule silhouette au chapeau blanc, dans le fond ou au piano, est Robert Allen Zimmerman !

LA PETITE PHRASE : « Notre public attend une programmation proche de celle des Francofolies. Si on faisait trop d’électro, il ne comprendrait pas. Même si on a pourtant déjà fait Archive… » Alain Navarro, directeur, qui mijote déjà les 20 balais du festival pour l’an prochain !

Site : www.pauseguitare.net

Serge Beyer


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