In the Canopy - Release Party - Photo : Marylène Eytier
Le 13 février 2015 au Pan Piper (Paris)

Le chanteur sort de la lumière, dans le clair-obscur, les musiciens prennent le relais. La soirée est déjà bien amorcée au Pan Piper quand, à plus de la moitié de son set, In The Canopy se lance dans un intermède instrumental. La batterie tourne, la basse roule et finalement, le morceau évoque le Serge Gainsbourg anglais de la fin des années 60, une histoire de volutes sans doute…

Formé il y a quatre ans par le guitariste-chanteur Joachim Müllner, « pas du tout musicien à l’origine » et le guitariste, Thomas Martinez, In The Canopy est devenu un groupe de rock progressif dont les morceaux – rarement moins de quatre minutes – regardent bien souvent vers la cime des arbres, dans cet étage supérieur de la pop où sont déjà Tame Impala, The Besnard Lakes et Grizzly Bear.

Une belle découverte

Il faut imaginer une formation rock dans les règles de l’art – guitare, basse, batterie, claviers – à laquelle s’ajoute Joachim, chanteur à la voix perchée et au charisme évident. L’équilibre des Parisiens repose justement sur ce chanteur qui ouvre grand les bras, danse ou brandit un crâne luminescent.

Traversés par Radiohead – une reprise pleine de grâce de « I will » illuminera le rappel -, Jeff Buckley et la pop des 90’s, les cinq trentenaires ont aussi d’autres horizons et cela s’entend. Parfois, au détour d’une syncope, c’est même l’Afrique qui apparaît. « Ces jours-ci, j’écoutais Antibalas (groupe d’afro-beat new-yorkais, héritier de Fela Kuti, ndlr) et on aime beaucoup Tinariwen », confirmera Joachim, confessant aussi un goût pour le hip-hop.

Aérien d’un côté, les pieds sur terre de l’autre, cherchant à faire de leurs concerts « un cérémonial », ainsi va le groupe composé pèle-mêle d’un psychiatre, d’un prof de sciences éco et d’un seul musicien professionnel à plein temps !

Pour l’une de ses premières dates importantes après deux EP (chroniqués ici et ), la salle était quasiment pleine et le public était quelque part dans ce territoire des forêts tropicales humides, la canopée, où vivent d’habitude les oiseaux.

Texte : Bastien Brun
Photos : Marylène Eytier

Publié le