Automne 2014

Selection Maxis été 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

LE A
« Inseln »
(Autoproduit)

Ça commence par quelques mots chuchotés en allemand, puis ça prend au cœur et au corps. Ce groupe bordelais, majoritairement féminin (un seul garçon pour trois filles) sait créer des ballades tout en douceur. Si l’on retrouve des influences pop rock sur des mélodies montantes, les voix, toutes en subtilité et harmonie, insufflent un vent de délicatesse. On termine sur une île, cheveux au vent. lalettrea.bandcamp.com Kamikal

A CALL AT NAUSICAA
« My home a forest »
(Velvet Coliseum / Believe)

Ces cinq jeunes gens démontrent un goût certain pour la pop, versant orchestré et riche. Il n’est pas rare que les titres de cet EP évoquent Sufjan Stevens, sans jamais tomber du mauvais côté de la barrière (emphase, mièvrerie). Ici, les cordes sonnent juste, la présence de la trompette réchauffe le cœur, et la générosité du groupe pourrait bien le propulser loin de sa primo-sphère bordelaise. facebook.com/acallatnausicaa Mickaël Choisi

CYRIL ADDA
« A l’étroit »
(All By Myself)

Il aura beau vous expliquer que cet EP a été réalisé avec les moyens du bord, ne vous laissez pas avoir par ce 5 titres qui mérite écoute et droit de suite. On y découvre la chanson jazz d’un petit-fils de Nougaro-Legrand, cousin pas si éloigné de Renan Luce. Une facture classique, des mélodies ébouriffées et surtout des angles originaux et tenus, qui lui permettent notamment de raconter l’affaire du Sofitel du point de vue de DSK, sans vindicte ni scabreux. facebook.com/CyrilAdda Sylvain Dépée

BARON RETIF & CONCEPCIÒN PEREZ
« L’indien »
(Heavenly Sweetness)

Étrange, incongru, fascinant : ce copieux maxi ne manque pas de susciter des réactions à son écoute. La forme paraît simpliste, mais on sent l’immense travail qu’il a fallu pour faire tenir ce qui aurait pu être un édifice branlant, bâti sur une soul a minima, des sons synthétiques et une atmosphère entre rêverie et bande-originale de film. Un véritable Objet Musical Non Identifié en somme. brcp.bandcamp.com Mickaël Choisi

BENGALE
« Comme tuer »
(Naïve)

Que de chemin parcouru pour ce (encore) jeune groupe. Présent sur la scène bordelaise depuis plusieurs années, il grave enfin sur disque ses chansons pop, tout en français. Au chant, Mickaël pose une voix calme et Romain à la guitare donne un habillage scintillant, funk parfois, à ces titres au parfum pas toujours si enjoué qu’il en a l’air. À suivre, pour voir quel chemin suivra le groupe. www.bengalemusique.fr Mickaël Choisi

BRACE ! BRACE !
« Worries »
(Freemount)

Le vu-mètre oscille, par saccades, se déporte sur le côté droit… Musicalement, on n’est pas loin des 90’s, époque bruit et chansons. Un grand soin a été apporté au mix qui met en valeur les choix esthétiques du groupe ; la voix est trafiquée mais mélodique, les guitares s’entremêlent et un synthé fait parfois des apparitions remarquées, le tout encadré par une boîte à rythmes intraitable. Ces deux Lyonnais amorcent un renouveau noisy-pop. freemountrecords.bandcamp.com/album/worries Mathieu Fuster

BARBARA CARLOTTI
« Cosmic fantaisie »
(Atmosphériques)

Entre le livre-disque « La fille » réalisé avec Christophe Blain et son émission musicale sur France Inter, la blonde Barbara a eu le temps d’enregistrer ces quatre titres de fantaisie cosmique pour le Disquaire Day. Après la reprise électro du générique de l’émission, il y a « L’atmosphère », planante et légère, l’irrésistible « Je veux du mouvement « , le calme apocalyptique des « Yeux au ciel ». www.barbaracarlotti.com Elsa Songis

BASILE DI MANSKI
« 1988 »
(Autoproduit)

Pas facile de cataloguer le jeune Parisien sur cet EP aux doux songes. Car ici, on navigue entre pop suave ou mélancolique, électronica planante, hip-hop onirique et folk léger. Les titres ne sont pas débordants d’originalité, mais grâce à leur production lo-fi et leur ambiances cosy et spatiales à la fois, ils se dotent d’un pouvoir hypnotisant immédiat. Impossible d’y résister. basile-di-manski.com Emeline Marceau

LES CAHIERS D’AURÉ
« Pretty french accent »
(Autoproduit)

Il faut que quelqu’un se dévoue pour dire à Aurélien que ses cahiers sont assez beaux pour qu’il ne les salope pas avec de fausses bonnes idées. L’humeur joyeuse ne doit pas se transformer en gaudriole : plus d’affinités avec Aldebert ou Vincha qu’avec Patrick Sébastien. Six titres vite fait après leur album pour montrer que la musique est plus pop qu’avant. Chanter en français, raconter des histoires comme des morceaux de vie ont – la preuve – encore de beaux jours devant eux. lescahiersdaure.com Olivier Bas

DORIAN & THE DAWN RIDERS
« Meïr »
(Animal Factory Records)

Ici l’on plonge dans un univers à part, loin de toutes les certitudes sonores que l’on connaît. Un monde étrange que Steve Mesmin, originaire de Bordeaux, distille à coup de bizarreries auditives. Pour le style, on penchera du côté d’une pop électro un peu barrée, sombre et lancinante. À lui seul, le titre « Meïr » sonne d’ores et déjà comme une lueur dans l’au-delà. Rapidement obsédant ! soundcloud.com/dorian-and-the-dawnriders Kamikal

DUPLOMB
« Duplomb »
(Autoproduit)

Comment faire du rock en innovant encore ? Avec ce nouveau projet, Arnaud, ex-Voisins d’en Face, a misé sur du gros son stoner, mais sans guitares. Le pari ambitieux est malin et réussi. Ses influences cinématographiques marquent ses créations au fer rouge. La matière est brute, le voyage rythmique assumé. Enregistré par Fred Duquesne, le son est massif et incontestablement bien produit. duplomb.net Johanna Turpeau

ARNOLD FISH
« Fuzzy beats and cheesy tunes »
(Autoproduit)

Le premier essai solo du chanteur de We Are Toxic révèle un drôle de loustic qui reprend le côté rigolo des Beatles et s’inscrit dans la lignée du glam délirant (Sparks, Rocky Horror Picture Show…). Du mellotron et de l’orgue, des arrangements psyché soignés, un sacré sens de la mélodie : dommage que le Lillois chante l’anglais avec un accent français à couper au couteau, les chansons étaient « cheesy »… arnoldfish.bandcamp.com Bastien Brun

GARNER
« La fin du monde »
(Socket Blues)

C’est le premier EP de cet artiste énigmatique et désinvolte, dandy du XXIe siècle posant sa voix sur des plages électro élégantes et sophistiquées. « Tous les jours que » a les accents traînants du trip-hop, « Berlin » déploie des nappes de synthés 80’s, « Champagne et champignons » témoigne d’effets hallucinogènes, « Des grues » décrit un paysage chaotique, « La fin du monde » un amour en déclin. garner-music.fr Elsa Songis

GIRLS IN HAWAII
« Refuge »
(62TV Records)

De l’album-hommage « Everest » (2013), il y a eu beaucoup de titres et d’enregistrements. À l’époque, les cinq chansons qui composent aujourd’hui « Refuge », furent écartées par le groupe pour des raisons de cohérence artistique et c’est avec plaisir que l’on retrouve des mélodies entre clair-obscur et choc lumineux. À savoir qu’un concours vidéo a vu le jour et que 30 clips sont actuellement en ligne. soundcloud.com/62tv-records/sets/gih Kamikal

L’HAPAX
« Cuttlebone »
(La Cabine / Vailloline)

C’est un bel hommage aux cordes qu’offre ce trio à quatre instruments (piano, voix, guitare et violoncelle). Les Lillois ont prit le soin de se libérer de la rythmique basse-batterie afin d’en extraire un son différent. Comme une courbe sinusoïdale, entre ombre et lumière, le folk de cet EP en perpétuelle mouvance est prêt à se mouvoir comme un oiseau avant la tempête et c’est beau ! lhapax.com Kamikal


THE HEALTHY BOY & THE BADASS MOTHERFUCKERS
« Dolce furia »
(Kythibong)

C’est sur un motif d’orgue électrique que la voix se pose, puis avec parcimonie et sans forcer les instruments se déploient. Avec trois fois rien, un univers sonore est créé, un peu brumeux, des noirceurs… La suite est du même acabit, le chant va parfois chercher un peu plus dans les aigus ou susurre, et cette façon de jouer tout en retenue confère une certaine préciosité à ce que l’on entend. thehealthyboy.bandcamp.com Mathieu Fuster

INDOLORE
« Positive girls »
(Autoproduit)

Après l’aventure Shine, le Parisien Guillaume Simon part en solo sur ce projet féérique. On a envie de rester couché à l’écoute de ses jolies comptines pop-folk aux couleurs Nick Drakiennes et de se laisser bercer par les arpèges enivrants de sa guitare acoustique. Le piano mélancolique et la voix douce et rêveuse dont s’échappent des envolées épiques et chœurs lumineux, sont propices à l’évasion. indoloremusic.net Emeline Marceau

LES KITSCHENETTE’S
« 2e étage : lingerie pour hommes »
(Autoproduit)

Saint-Malo, des riffs fuzz, un orgue pop… et une ambiance juke-box nourrie aux faces B yéyés. Au programme, notamment, de ce 6 titres de covers : « J’ai l’air de quoi ? » des Incorrigibles ou encore « Monsieur William » de Léo Ferré. Bref, une sélection qui mêle l’anecdotique pastiche 60’s à la sélection d’érudits. Du kitsch aux lardons comme on l’aime ! leskitschenettes.bandcamp.com Samuel Degasne

METRO VERLAINE
« Somethin’else »
(Autoproduit)

Une rythmique au métronome pour une musique qui prend aux tripes. La chanteuse impose sa voix puissante et rocailleuse. La source vient d’un blues abrupt, un peu garage, dans l’air du temps. C’est à la fois addictif et évident. Il y a du « rude boy » dans cette manière de remettre sur le devant de la scène toutes les valeurs d’un rock aussi rageur que prolétaire. Depuis l’enregistrement de ce 2ème EP, le trio affirme avec conviction une manière de vivre comme de jouer. metroverlaine.bandcamp.com Patrick Auffret

ODEZENNE
« Rien »
(Universeul)

En cinq titres, ces Bordelais laissent derrière eux le hip-hop de leurs débuts, au moins en partie. Avec des textes ultra percutants emplis de colère froide et d’une tristesse désabusée, ce trio a une base qui fait de « Rien » un tout dense, porté par des mélodies avec quelques notes de guitare, quand les nappes de claviers ne sont pas là. Pas franchement joyeux, mais d’une force réelle. odezenne-ex-o2zen.bandcamp.com Mickaël Choisi

PETULA CLARCK / 25
Split EP
(Rockerill / Dewane / Attila Tralala / Kinky Star / Lofi / Katatak / Tandori)

Cette histoire franco-belge marie Marseille et Mons, le temps d’un split vinyle. L’idylle commence par un funk déglingué à la rythmique poisseuse, enchaîne par un « Supreme » remémorant les Américains délirants Butthole Surfers lors des grandes soifs. La face B est un peu plus « matheuse rockeuse », mais très turbulente. petulaclarck.bandcamp.com/album/petula-clarck-25-split Vincent Michaud

QÚETZAL SNÅKES
« Lovely sort of death »
(Howlin Banana / Retard Records)

De son Marseille natal, Qúetzal Snåkes parle couramment la langue psychédélique. Musique tortueuse parfois blindée par un effrayant mur sonore, rock malade planqué derrière une paire de lunettes noires, ces six titres présentent Spacemen 3 au Brian Jonestown Massacre (avec les frères Chain en arbitres). Dérangé mais nécessaire, un trip cosmique qui place Marseille au centre de la Californie. quetzalsnakes.bandcamp.com Jean Thooris

RELIEFS
« Sans mer »
(Autoproduit)

Entre rock progressif et post-rock les Montréalais savent embarquer l’auditeur vers de vastes contrées, sans paroles, mais avec de véritables histoires à raconter. Le voyage en leur compagnie rappellera qu’il est beau de rêver, la tête accrochée entre deux reliefs. Ça monte et puis ça tient en éveil, jusqu’à ce que l’imagination se développe. Poétique et inspirant, souvenir du Canada. reliefs.bandcamp.com/album/sans-mer Kamikal

SCHLAUBERG
« Légendes locales »
(Sober & Gentle)

Attention, ce quintette en a gros sur la patate ! Sur fond de rock furieux et de textes en français souvent emportés, le gagnant du prix Chorus 2013 dévoile des sentiments et réflexions sociétales sans concession. Place à cinq titres pleins de vie et de rage, à l’impact immédiat, où se mêlent puissance, élégance, poésie, contrastes, électricité, fougue… De quoi booster les lundis matins ! schlauberg.fr Emeline Marceau

SOMATICAE
« Pagurgis EP »
(In Paradisum)

Sans concession, mais pas sans sensations, cette techno industrielle explose dans un chaos opportun. Somaticae, aka Insiden aka Roger West, conclut cet EP sur une session live faite de fulgurances ambient. Ça fait du bien là où ça fait mal… inparadisum.bandcamp.com/album/pacurgis Vincent Michaud

SPARROW & NIGHTINGALE
« Season opening »
(Autoproduit)

Ces drôles d’oiseaux, tous deux batteurs, issus pour Moineau (Hyacinthe) de La Maison Tellier et pour Rossignol (Émilie) de The Buns, ont décidé d’élargir leur répertoire pop-rock-folk, pour s’envoler vers des horizons électroniques. Les six titres sont d’une grande richesse dans les sons et les mélodies, les machines de Sparrow convenant à merveille à la voix enchanteresse de Nightingale. www.sparrownnightingale.com Elsa Songis

STEVANS
« Before the rupture »
(Autoproduit)

L’ex-trio devenu quintette délaisse ses musiques originelles pour des rythmes plus effrénés. Le groupe de Genève, en rupture avec le passé, cherche des sons plus électroniques et plus groovy. Il en résulte cinq titres aux mélodies efficaces baignant sous une pluie de synthés enflammés, l’énergie 80’s quant à elle ne change pas. Adieu pop britannique, bonjour dancefloor ! stevans.net Kamikal

SUMMER
« Laura Gemser »
(Autoproduit)

Le clip de « Laura Gemser » est d’un érotisme rare, à la limite du hard-core. La musique l’est aussi, tout en phrasé, mais c’est « Libido », avec sa violence contenue, qui accroche à la première écoute, toujours sur le même mode, le talk-over, et le même thème, le sexe moderne, brûlant et urgent. Digne héritiers de Diabologum (Michel Cloup a produit leur « RDV Drague ») ou nageant dans les eaux troubles de Fauve, Summer met le poids des mots sur une musique de plomb. summer3.bandcamp.com Patrick Auffret

THIS YEAR’S GIRL
« Here now there are millions »
(Autoproduit)

En activité depuis deux ans, le quatuor de Besançon sonne comme un vrai groupe dans le vent. Ce second EP, un tantinet plus rock, mais tout aussi réjouissant que le précèdent, confirme l’efficacité des frères Christophe et François Michaud et de leur groupe. Envolées de guitares décoiffantes, refrains entêtants sur « Hey you », mélodies efficaces, la formule reste la même et on adhère ! thisyearsgirl.bandcamp.com Kamikal

THOMAS ALBERT FRANCISCO
« I’m not a bad guy »
(Autoproduit)

À l’image de l’artwork, ce disque est décalé et très intéressant. Enregistré avec Lionel Gaillardin, il mêle folk et pop, avec quelques arrangements électroniques. Chacun se reconnaît dans les textes très fédérateurs. Qui n’a jamais eu la tête à l’envers lors d’une fameuse « Student Party » ? Si l’effet est moins impressionnant que sur scène, sans son looper, TAF parvient tout de même à séduire. thomasalbertfrancisc.wix.com/music Nicolas Raulin

THYLACINE
« Blend »
(Budde Music)

William Rezé, originaire d’Angers, a crée ce projet en 2012. Saxophoniste de formation, il cherchait à avoir une plus grande liberté de composition avec la musique électronique. Le pari est gagné, avec des influences telles Moderat ou Four Tet, il offre une œuvre puissante, enrichie par des collaborations féminines maîtrisées. Quelque part entre les dancefloor moites et l’imaginaire fiévreux. thylacine.bandcamp.com Kamikal

VVVV
« The beast »
(Autoproduit)

De la dark music comme s’il en pleuvait,voilà un duo bordelais qui décoiffe ! Entre électro, post punk et krautrock, Bardou Jacquet et le Mage, offrent une palette sensorielle mystérieuse tout comme leur nom. Synthés et boîte à rythme affûtés, ces quatre titres ressemblent à un oscillateur à ondes triangulaires, la voix en plus. Robotique et futuriste ! vvvv1.bandcamp.com/album/the-beast Kamikal

YSÉ
« Eldorado »
(Eldorado Productions)

Tourbillon électrique rock pour une histoire d’amour et de mort sur « Jérémie » (que ne renierait pas Piaf), lancinante mélodie sur « De l’aveu de ses yeux », guitares acérées sur « Le cœur en friche »… Sur l’ensemble plane une voix grave et chaude reconnaissable entre toutes, marque de fabrique de cette artiste intègre et entière. www.yse-music.fr Serge Beyer

YVI SLAN
« Yvi Slan »
(Boombop Rec)

Éclectique et aventureux, le Marseillais a proposé l’année dernière cinq titres explorant la facette pop rock de sa musique. Le morceau phare, hyper accrocheur « Blue », est ici décliné en trois remixes signés Danton Eeprom, Nasser et Dubmood. Le reste se décline en accrochages électro, dub à guitares (tendance Clash) et sophistications mélodiques. www.yvislan.com Jean Thooris

ZEDRINE
« Le vent en face »
(Autoproduit)

Le Toulousain, adepte des scènes ouvertes de slam, a publié en 2012 son premier 5 titres « EPopée floue », parallèlement à ses activités au sein du groupe spoken’roll Enterré Sous X. Voici sa nouvelle production personnelle, avec trois inédits efficaces et mordants, et « Bolides ordaliques » (déjà présent sur l’EP précédent) au texte percutant, déclamé sur des synthés froids et sautillants. zedrine.bandcamp.com Elsa Songis

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