Bagarre ©Michela Cuccagna - Longueur d'Ondes 73

Les mots, la mort, les sorts

Comme un coup de pied dans une fourmilière, Bagarre, cette jeune formation parisienne au mordant vivifiant, s’amuse à déconstruire les aprioris musicaux, pour mieux s’affranchir des carcans et jouir d’une liberté artistique garante de belles promesses.

C’est sous la forme d’un quintette que le groupe a trouvé la formule magique pour enfin libérer une multitude d’idées en gestation depuis un certain moment. « Le projet mûrit depuis maintenant deux ans, il nous fallait trouver cet alliage sonore capable de refléter les influences de chacun. » Privilégiant le collectif, Bagarre fonctionne sur le principe de l’échange d’idées. Pas de cerveau, seulement des membres qui s’articulent autour d’un organe musical en tout point protéiforme. Car ce qui intrigue et accroche forcément l’oreille en première instance, c’est ce panel de couleurs musicales au rayonnement bigarré.

Cette fine équipe aime ainsi croiser le fer avec les genres et les mots. Électronique, rock, house, chanson française, tout y passe ou presque. Composée d’une chair relativement synthétique, flirtant avec un univers musical “clubbing” qu’ils aiment mettre à mal, leur musique n’en oublie cependant pas de titiller les corps, comme le rappelle la rampe de lancement qui les a mis sur orbite, « Mourir au club » : « Ce titre émane d’un sentiment commun. C’est un regard froid mais sincère sur une expérience que toute une génération a connu un jour. »

Sereine et sûre de son chemin, cette bande d’amis n’en est pourtant qu’à ses  prémices… Des balbutiements source d’espérance, tant leur volonté de ne pas s’affilier à une catégorie musicale les rend déjà indispensables. « Bagarre renvoie à ce terme aussi bien enfantin que trivial, il définit l’énergie qui gravite entre nos différentes personnalités. Notre musique est hybride car elle émerge des envies et des goûts de chacun. » Si l’onde musicale qui se dégage de ce tumulte auditif est logiquement celle du combat, il est indéniable que cette dernière aspire à la paix tant les parties qui la constituent s’épousent avant de vouloir s’entretuer.

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Texte : Julien Naït-Bouda / Photo : Michela Cuccagna


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