Antoine Chance - Photo : Denoual Coatleven
Le 22 avril 2014 au Le Botanique (Bruxelles)
Beaucoup de surnoms peuvent être donnés à Antoine Chance : ex-Coco Royal, groupe belge, fils de Philippe Geluck (illustrateur et papa du Chat)… mais Antoine Chance  se suffit à lui-même et se lance en solo. C’est au Botanique, à Bruxelles que ce chanteur belge présente son premier album « Fou ».

La salle de la Rotonde est bondée. Accompagné de Yannick Dupont (Jawhar, Yôkaï, Black Light Orchestra) à la batterie et de Geoffrey Hautvas (Electric Château, Vismets) à la basse, Antoine Chance est du genre ponctuel et c’est très apprécié. A peine un pied sur scène et le public est déjà emballé. Look décontracté, Converse au pied, veste cintrée sur le dos, une connivence s’installe d’emblée.

Tout en douceur, « L’Asphalte » ouvre le set, l’artiste dévoile sa voix suave et ses mélodies fortes.  Les textes en français, fruits de diverses collaborations avec Jonathan d’Oultremont, Jacques Duvall, Marcel Kanche, Olivier Laage (Mary M) et les sons pop anglo-saxons font la force de ce trentenaire.

Très vite arrive le tube « Fou » qui enflamme la salle. « Vous pouvez essayer de chanter ses refrains impossibles » lance-t-il timidement. Inutile, le public connaît déjà la chanson radiophonique et enchaîne directement avec lui.

Montée en puissance avec « Raté d’un rien », version rock, Antoine se lâche, sautille entre la guitare et le piano sans oublier les beaux moments de complicité avec ses comparses qui assurent en fond.

Après avoir jonglé avec les pieds et les mains du public, l’artiste enrobe la foule dans la douceur irrésistible de sa voix, murmurant des « hou-hou-hou » au creux de l’oreille. Dans « Emprise », sa voix glisse comme des vagues tantôt graves, tantôt fragiles, tantôt ravageuse. Ravageur c’est un adjectif qui lui va bien. Rayonnant et souriant, bien plus à l’aise qu’il ne le fait croire, il annonce avec humour et maladresse ses chansons.

Il remercie le public, les techniciens et son équipe. Le public à son tour le remercie en le faisant revenir pour un vrai rappel comme en on voit rarement. Leur laissant le choix de la chanson, il reprend son tube du moment, seul, en version acoustique. Le public est « Fou » de ses refrains et chante sans se faire prier.

Aller à un concert d’Antoine Chance, c’est comme manger une glace en été. Ça rappelle plein de souvenirs, ça fait rêver, ça rafraîchit, comme une sensation de « je me jette à l’eau tout habillé ». Ça donne envie de sauter avec lui les 10 mètres de hauteur de la falaise sans réfléchir.

En bref, cet artiste est efficace en l’art de transformer la tête en boîte à musique qui tourne en boucle.

Céline Magain
Photos Denoual Coatleven

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