Gush à la Flèche d'Or - Photo : Marylène Eytier

Both sides of a Gush

Pile ou face. Quatre ans après leur premier album « Everybody is God », Gush revient tout en contrastes avec un nouvel album plus proche des années 80 et plus synthétique, mais toujours avec un cœur pop. « Nous avons mis notre habit de lumière, mais nous restons nous-mêmes » affirment-ils.

Vous avez créé votre identité de groupe en chantant à l’unisson, mais derrière cette cohésion, qui fait quoi ?
Yan : Notre priorité reste de servir le chant. Pour les instruments, chacun joue de tout car le but est que chacun se fasse plaisir. Du coup, nous choisissons les instruments en fonction des parties que nous sentons le mieux…
Xavier : …et en fonction des saisons aussi (rires). Plus sérieusement, créer une identité vocale prend du temps. Et puis il est nécessaire de faire des compromis pour que chacun se retrouve dans le rendu final. Cela demande un travail d’harmonisation et de la patience.

Vous avez appelé votre nouvel album « Mira », qui est une étoile. Est-ce que l’heure est à exploration musicale ?
Yan : Oui et non. Avec ce deuxième album, nous avons cherché à repousser nos limites en mixant l’analogique et le synthétique, mais il s’agit aussi d’une reconnexion aux machines de nos débuts. En quatre ans, nous avons pris le temps de réaliser nos expériences et de voyager, et l’exploration, en tant que quête de soi, est quelque chose de très présent dans cet album.
Xavier : Oui nous avons eu le temps de tester pas mal de choses. On ne se fixe pas de limites du moment que l’ensemble du groupe est satisfait.

Cet album est très synthétique, y a-t-il un message à faire passer au public ou l’objectif est-il de faire danser ?
Xavier : Les deux ! C’est un disque qui invite à l’introspection pour trouver les réponses qui sont en nous, mais la vie n’est pas faite que de questions profondes heureusement… Les choses futiles : la fête, la danse… cela fait aussi partie de l’équilibre.
Yan : Bien sûr, les sons synthétiques et les énergies du funk et du groove sont parfaits pour danser ! Mais au delà des dancefloors, nous mettons l’accent sur la quête de soi, la lumière. L’aspect minéral, le quartz en particulier est une pierre qui nous plaît car elle ressemble à la glace, d’où le clip de notre EP « Siblings » qui a été tourné dans les montagnes enneigées. C’est une pierre qui réfléchit la lumière. Ce second album, c’est ça : une invitation à la quête de soi.
Xavier : En parlant de quête de soi, il y a deux mois, notre batteur est parti vivre sa vie en Inde. La liberté avant tout ! Nous avons commencé les concerts sans lui, sous deux formes : l’une plutôt festive et club, l’autre pop rock.

GUSH – SIBLINGS from KIDAM on Vimeo.

« Mira » sonne très French touch, n’avez-vous pas peur de dérouter votre public ?
Xavier : On est conscient que cela peut dérouter certaines personnes. Notre propre label a mis du temps à adhérer d’ailleurs, mais c’est la route que nous avons décidé de suivre… et elle nous mènera le 21 mai au Trianon, avec une tournée pour la fin de l’été. On aimerait aussi repartir à l’étranger.
Yan : Il s’agit d’un retour à des sons plus synthétiques qui sont aussi notre identité. Ceux qui ont connu nos débuts le savent. Nous avons changé de vêtements, mais nous restons nous-mêmes : la passion de la pop reste et c’est le cœur de notre travail.

Travailler en famille, c’est comment ?
Yann : Un plaisir !
Xavier : À la fois facile et difficile. L’avantage, c’est que la communication est aisée car on se connaît très bien. Le revers de la médaille, c’est que l’on peut rapidement être catalogué dans un rôle défini.

Marie Bel


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