MLCD
Le 1er mars 2014 au Centre Pompidou (Paris)

LE CONCEPT : Dans le cadre de la journée spéciale « mode » du TDT#1 (première édition du Tremplin des Talents), le Studio 13/16, au sous-sol du Centre Pompidou, offre de passer l’après-midi en compagnie de la Villa Noailles et du Festival International de Mode et de Photographie à Hyères. Et le tout gratuitement. Au programme : discussions, films, mode, mannequins, miroirs, masques, photographie, dessin, graphisme… et surtout trois concerts !

LOKI STARFISH : Les cinq musiciens débarquent masqués d’œuvres d’art en cuir confectionnées par Erik Halley (qui donnera un atelier à la suite du concert). Les habits aussi sont étudiés pour la scène : la batterie électronique semble tenue par un jeune étudiant d’Oxford en short, l’un des synthés par un Écossais en kilt et cravate, l’autre synthé (plus thérémine) par un amiral de marine aux épaules pailletées, le troisième synthé (plus la basse) piloté par un militaire excentrique et le chant par un caporal rebelle ! Quand on sait le rapport du groupe avec les arts graphiques, photographiques ou cinématographiques, on n’est pas surpris du concept global choisi ; pour eux, vivre est une œuvre d’art en soi !

Les nappes de synthés inondent le sous-sol du Centre Pompidou en pleine après-midi, le tempo s’inspire des 80’s, le chant (anglo) se fait tour à tour lancinant, profond, envoûtant, mordant ou rentre-dedans. Les titres s’enchaînent pour former une entité globale, l’apport parcimonieux des chœurs donnent du relief à certains titres, et quand le chanteur s’énerve ou saute, ça marche à merveille. Manque juste le contact avec le public, le simple sourire ou un dialogue pour mettre un peu de recul à l’ensemble…

PETHROL : Duo batterie-synthés-programmations-chant, tout de noir vêtu. Lui, un petit côté tribal dans son jeu de baguettes, elle, blonde au regard sombre, dégage une belle énergie rock (entre Mona Soyoc des Kas Product et France de Griessen‎) et habite magistralement la scène. Son chant (qui gagne à ne pas aller dans les aigus – à ce sujet le premier morceau à la Castafiore est plutôt dispensable -) reste le troisième instrument du groupe : soupirs, cris, modulations, feulements, tout passe à merveille sur un rock prégnant, qui pallie parfois au manque de mélodies. Un excellent moment, et affluence de public.

LE VASCO : Deux garçons aux machines, un au saxo, un à la guitare, plus une chanteuse (jeune), tous alignés de face. Ballades soul, pseudo-hip-hop planant, rock bruitiste, le tout entrecoupé de breaks et de passages déjantés, énervés, voire hardcore, un peu comme si deux ou trois morceaux se télescopaient dans un même titre ! Un entrechoc (un peu confus parfois) qui définit un univers à part. Un concept certes, mais la formule répétée à l’infini finit par lasser un peu, une fois comprise la mécanique… Mention spéciale à la chanteuse qui tient la foule en haleine du début à la fin du show.

Serge Beyer
Photos Michela Cuccagna

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