SPARKS
L’Alhambra (Paris) le 4 décembre 2013
Retour à l’essentiel, à la simplicité. Juste les frères Mael. L’un (Ron) aux synthés, l’autre (Russel) au chant. Basta, rien d’autre. Économie de mise en scène, de lumières. Finis les films et diapos, les big band ou les groupes rock. Juste « Two hands, one mouth » le temps d’un tour du monde avant de tout effacer et recommencer là où on ne les attend pas. Comme à chaque fois. Car ce duo est tellement original, unique… iconoclaste. Et iconoclaste, Russel l’est ce soir dans son habit de scène pour le moins surprenant : larges bermudas sur collants, chaussures bicolores à même la peau, pull à col roulé et veston par dessus. L’ensemble noir jusqu’aux cheveux teints et laqués. Disons que ça n’est pas une réussite, surtout pour qui l’a vu impeccable, élégant, dandy (notamment à Londres pour « 21 albums, 21 jours ; un album par soir »). Ron, égal à lui-même, reste col blanc bien serré, cravate coincée dans pantalon porté très haut, planqué derrière ses grandes lunettes, imperturbable, impassible quoi qu’il arrive (même s’il se lance dans un discours de remerciement et quelques pas de danse comiques en rappel).

Les Sparks ont donc choisi cette année de revisiter tout leur répertoire en piano-voix, de leur période flamboyante et glam, à leur concept-album sur Igmard Bergman en passant par leur trip disco. Et le plus étrange c’est qu’ils effeuillent leur longue carrière avec une aisance jouissive, communicative, et que force est de constater que le trait d’union de ces décennies reste le son, le touché inégalable du synthé de Ron fusionnant avec la voix si particulière et haut perchée de Russel (oui, ils ont commencé avant Queen, qui faisaient leurs premières parties, même si les second ont eu plus de succès que les premiers). Et si tous les titres ne passent pas forcément bien le filtre de l’épure, la plupart brillent de tous leurs feux. Seul vrai regret de la soirée : l’absence de Catherine Ringer que l’on pressentait pourtant pour un détonant « Singing in the shower ».

Et au final, comme malgré les ans, la voix et la folie restent intactes, on se prend à rêver de revoir ce show dans un endroit aussi grandiose et insolite que l’est le duo, à l’église Saint-Eustache par exemple…

Serge Beyer
Photos : Denoual COATLEVEN

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