France de Griessen

Carnet de bord d’un enregistrement

 2013, France enregistre son second album « Saint Sebastien », feat. François « Shanka » Maigret, au Studio G. (Brooklyn), qui fera suite à « Electric ballerina »,  de 2011. Sortie : 20 janvier 2014 (Unibrows United / Teen Machine / Rue Stendhal / Editions Sidomusic). Journal de bord de dix jours d’enregistrement avec un ingénieur du son, Alexis Berthelot, et deux musiciens : François « Shanka » Maigret (guitares, basses, batteries, chœurs) et France (guitares et voix).  Il y a quinze titres à enregistrer…

JOUR 1

Nous avons préparé le matériel la veille en arrivant à New York, et nous voici ce matin dans les murs du Studio G. Le studio se trouve juste à la sortie de la station de métro Metropolitan, dans le quartier de Williamsburg. C’est un quartier à l’esprit alternatif, qui regorge de librairies d’occasion portées sur la poésie, le rock et l’art, de jolies boutiques vintage – par exemple l’antre excentrico-romantique Gipsy Nation -, de magasins de musique garnis de pièces plus intéressantes les unes que les autres, et, paradis pour moi, de nombreux restaurants végétaliens, dont l’incroyable fast-food vegan Foodswings : milk-shakes aux cookies, beurre de cacahuète et fraises, frites au fromage de noix de cajou, « hamburgers »… de quoi convaincre ceux qui pensent que les végétaliens ne mangent que de la salade et du tofu sans assaisonnement !

France de GriessenAprès un bagel toasté et un café glacé chez Bagelsmith – le « petit déjeuner officiel » de tout notre séjour -, nous sommes sérieusement d’attaque pour commencer la session. Une console Neve des années 80 en parfait état, un parc de micros incroyable, avec des pièces rares et une sélection d’amplis, d’effets et d’instruments vintage impressionnants nous attendent… Il a accueilli des artistes comme Sparklehorse, Frank Black, Ani DiFranco, Elvis Costello, Jon Langford (avec qui je me retrouve sur une affiche commune en juillet, coïncidence en forme de signe qui me confirme joliment que cet endroit et mon album étaient faits pour se rencontrer). Les murs du studio sont tout en bois de récupération, un cocon chaleureux au cœur de la ville pour nous accueillir et donner vie au disque.

Le seuil à peine franchi, l’alchimie est déjà palpable. Et quand elle prend, les chansons nous emmènent sur des chemins inattendus, nous surprennent, nous emportent, se révèlent et commencent leur existence propre, en dehors de nous. C’est beaucoup de travail et de concentration en amont et pendant, et indispensablement pour moi, autant de magie et de mystère qui nous traversent…Comment sommes-nous arrivés ici ? Par une heureuse coïncidence et une belle rencontre. En effet, alors que nous cherchions où enregistrer mon album, François a fait la connaissance d’Alexis Berthelot (ingé-son travaillant anciennement aux Studios Davout et fraîchement installé à New York) lors d’une tournée d’Indochine sur laquelle ils œuvraient tous les deux en tant que techniciens. Nous nous rencontrons tous les trois et la décision est prise de travailler ensemble. Ce sera le premier album entièrement enregistré par Alexis. À l’instinct, j’ai confiance, et nous ne le regretterons pas.

France de GriessenCe premier jour est, comme il se doit, consacré aux batteries. L’esprit de celles-ci sera résolument 60’s / 70’s : la caisse claire, choisie pour sa profondeur, est frappée avec l’olive de la baguette, et non en rimshot. Le fait d’opter pour une caisse claire profonde permet d’obtenir un son puissant, sec et mat. Pour accentuer cet effet, nous utilisons des petits morceaux de serviette en papier gaffé sur la peau, afin d’étouffer le son (en remplacement de moongels). Les micros sont placés dans la pièce et agissent comme une réverbération naturelle. En compressant et en distordant ensuite ces pistes « room », on obtient le « gros son » recherché. Le jeu de François suit la musique et la voix, ce qui donne à son jeu un style instinctif, minimal et déstructuré, dans l’esprit de Tom Waits ou des White Stripes.

JOUR 2

Pendant la pause déjeuner d’hier, j’ai trouvé chez Book Thug Nation – une petite librairie d’occasion indépendante fondée par quatre anciens vendeurs de livres sur des stands de rue, et qui organise des évènements littéraires – un livre intitulé « The Rose and the Briar » ( « Le Rosier et l’Eglantier »), qui est une sorte d’histoire des chansons traditionnelle folk, revisitées par des écrivains qui se penchent chacun sur une chanson en particulier. Un extrait me parle particulièrement : « I mind when a true song becomes an excuse for noise or a finger-picking exercise , when the feeling gets lost (…) Because feelings were what had made them real in the first place, and if you lost that, then it was just sounding brass » [« Lorsqu’une chanson devient une excuse pour juste faire du bruit ou un exercice de finger-picking et que l’émotion se perd, cela me gêne. Car l’origine d’une vraie chanson, c’est l’émotion. Sans elle, alors ce n’est ni plus ni moins que des bruits de fanfare. »] Sharyn Mc Crumb.

France de GriessenUn sympathique bad boy qui promène son cochon domestique, des bars à cocktails, des tattoo-shops, la pizzeria familiale Carmine’s II et son jardin caché qui deviendra l’une de nos cantines : le quartier est résolument accueillant et bien que nous n’aurons que peu d’occasion de quitter l’enceinte du studio, chaque repas nous permet une petite incursion dans ses rues.

Les démos que nous avons enregistrées avant de partir nous on permis de prendre du recul, de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Les choix artistiques faits et ayant traversé cette étape cruciale, nous travaillons avec les critères suivants, et dans cet ordre, pour enregistrer les prises :
– Tout d’abord, le son. Trouver quel sera le micro le plus adapté, quels réglages spécifiques seront le plus a même de servir l’esprit de la chanson, afin que chacune soit unique.
– Ensuite, la manière dont le titre a été composé : quelle est la partie à jouer, comment la jouer au mieux, voire comment l’améliorer ?
– Enfin, la qualité de la prise et la qualité du jeu et de l’interprétation. En d’autres termes : l’exécution.
Si tout est là, on la garde, sinon… on recommence !
Notre ingénieur du son est quelqu’un de discret mais en aucun cas d’effacé, une qualité rare et précieuse : il n’interfère pas sur la direction artistique, mais contribue, par son superbe savoir-faire, à ce que celle-ci soit optimisée. Alexis comprend tout à fait l’esprit du projet, il propose et suggère tel ou tel micro, tel ou tel ampli et s’avère un partenaire formidable. Notre équipe est soudée, la technique et l’artistique, main dans la main.

France de GriessenAujourd’hui, mon ami scénariste Anthony Jaswinski (« Vanishing on 7th Street », réalisé par Brad Anderson) m’a rendu visite au studio. Peu de temps pour discuter, mais sa présence me donne les bonnes vibrations qu’une vraie amitié offre à ceux qui la partagent. Nous verrons peu de monde pendant ce séjour, mais toujours des personnes avec qui nous aurons de beaux échanges.

JOUR 3

Premier jour d’enregistrement des guitares et basses. Le Studio G dispose d’un choix de pédales fabuleuses : delay, disto et carrément expérimentales, fuzz bizarres, reverbs extrêmes, pédales synthé-guitare, effets d’octave type octavia (le son est « tordu » et ressort une octave plus bas)… Les pédales, c’est comme les épices d’une recette, ce sont elles qui finalisent la personnalité du morceau. Quatre amplis principaux ont été utilisés : un ampli « clean », le Fender Princeton, et trois autres au son plus « dirty », un Sears, un Supro et un étonnant Moviola, qui servait dans les années 50 à éditer des films et qui a été depuis recyclé en ampli. Nous ré-enregistrons chaque couche de guitare des démos, en essayant de tirer parti à chaque fois des options de matériel que nous offre le studio. C’est le moment crucial où la couleur de chaque titre est arrêtée, par touches successives. Chaque son est un parti pris.

France de GriessenNous dormons chez l’habitant à proximité du studio, chez un couple d’artistes qui louent une chambre de leur appartement via le site www.airbnb.fr, bien connu des musiciens voyageurs. Pas très intime certes, mais cela a son charme et c’est un moyen économique de se loger. De toute manière, nous partons de bonne heure et rentrons tard, alors ce n’est pas bien grave. Quelques nuits passées également chez Alexis et sa femme, plus agréables pour nous car nous y dînons tous ensemble en buvant du vin rouge et en refaisant le monde, avec la vue de Brooklyn et de la lumière du soir qui descend. Nous allons aussi boire des cocktails au Brooklyn Social Club, un bar sombre et chaleureux, à l’aura cinématographique, avec un barman qui compose ses créations avec la plus grande délicatesse et une maîtrise impressionnante.

JOURS 4 et 5

Nous enregistrons des guitares électriques et acoustiques, toujours en cherchant à chaque fois quel est le son et la guitare qui vont nous aider à raconter la bonne histoire, qui vont ainsi renforcer les compositions. Et le métronome dans le casque… cet outil de torture qui n’en est pas moins un ami et un allié : « no pain, no gain » comme on dit… Le travail en studio nous permet d’expérimenter en superposant différentes couches d’instruments qui se répondent, se complètent et se soutiennent ; les chansons composées en guitare-voix sont ici transformées, explorées, habillées. L’album est en marche et les chansons commencent à prendre vie et révèlent leur identité propre. Le sentiment étrange qu’à un moment donné, ce sont les chansons qui décident : « Joue-moi comme ceci, chante-moi comme cela… » Totalement mystique, totalement fantastique à vivre !

JOUR 6

France de GriessenDes guitares acoustiques, du Wurlitzer (le célèbre piano électrique des années 70) et des claps : voilà le programme de cette sixième journée. Pour l’un des titres, « The veil of stars », on opte pour une intro minimaliste, à la fois intimiste et tendue en guitare acoustique / voix pour capturer le charme brut de la composition originale, pour faire ensuite évoluer le morceau en électrique avec le reste des instruments. Pour ce qui est des guitares acoustiques, nous avons utilisé une Fender Malibu vintage – que j’ai trouvée chez Main Drag Music – fabriquées entre 1965 et 1971, ces guitares, peu onéreuses, étaient destinées au grand public et celles qui ont survécu aujourd’hui ont un son qui me touche beaucoup -, une Guild de la même période et une Taylor accordée en Nashville tuning (les quatre premières cordes sont accordées une octave au dessus, en utilisant les cordes les plus fines qui servent a doubler les cordes standard d’un jeu pour guitare 12 cordes.) Les prises en Nashville tuning servent à doubler les prises en accordage standard pour leur donner de la brillance et de l’ampleur.

Sur « Je ne saurais », on remplace une guitare par une guitare baritone, un instrument cher à Ennio Morricone qui est entre la guitare et la basse et est accordé une octave en dessous d’une guitare. Le backline du Studio G sert l’album au-delà de nos espérances. On se surprend à se laisser presque guider par tous ces instruments qui, chacun leur tour, semblent nous susurrer « Joue-moi ! Joue-moi ! »…

JOUR 7

France de GriessenAujourd’hui, premier jour des prises de voix, on soigne l’ambiance « lumières » de la pièce : un éclairage assez tamisé, qui crée un cadre un peu mystique, hors du temps. Il me faut aussi de l’espace libre autour de moi pour bouger, car quand je chante, tout mon corps est de la partie. Les sensations physiques sont très importantes pour pouvoir interpréter en vivant la chanson, et s’y investir de tout son être, avec toute l’intensité nécessaire.

On fait des essais afin de trouver les micros les plus à même de mettre en valeur les caractéristiques de ma voix. Le micro principal sera le Soundelux U95, un micro à lampe années 90, un micro pour sons de voix propres avec beaucoup d’aigus. La chaine complète est U95 > préampli Neve 1084 (tranche de console haut de gamme avec EQ 4 bandes). Puis en compression, un Shadow Hill mastering compressor suivi d’un distressor. Enfin la conversion, un Burl B2, convertisseur analogique / numérique haut de gamme avec étage d’entrée conçu pour émuler la réponse d’un magnéto à bande.

Viennent ensuite un RFT 7151, gros micro à lampe années 40, qui vient d’Allemagne, au son très chaud, qui se distord très vite si l’on chante fort et proche du micro, que nous avons utilisé sur certains titres pour faire des doublages ou des voix lead saturées.

France de GriessenPuis le Shure SM7, micro de chant rock’n’roll par excellence, très médium, avec une belle présence, qui encaisse des changement de dynamiques énormes et ne met pas en exergue les bruits de salive et chuintements. Parfait pour faire ressortir la voix dans un déluge de guitares et drums !

Enfin, le Placid Audio Copperphone : basé sur la capsule de micro du « war -mic » (micro d’opérateur radio de la Seconde Guerre mondiale), qui possède une bande passante très faible (en d’autres termes un son très étriqué), produit un son « radio » ou « téléphone » dès la prise, très pratique pour les doublages et les voix distordues.
Pour les chœurs de Francois, le choix se porte sur un Neumann U47, un micro ancien, caractère très vintage, mieux adapté aux voix masculines.

Je m’étends un peu ici sur ces décisions car il n’y a pas la technique d’un côté et l’artistique de l’autre. En fait, les choix des amplis, des micros, des instruments sur lesquels on va jouer font partie intégrante des choix artistiques. Ce sont des partis pris qui vont avoir une influence considérable sur le rendu d’un disque. Je ne vois pas cet album comme le simple rassemblement des tâches que chacun a réalisées dans son coin, même s’il y a des moments où cela s’est produit, mais comme une synergie, où chacun a apporté ce qui était nécessaire pour aboutir au résultat souhaité, où chacun s’est intéressé à ce que faisait l’autre, dans la mesure de ce qu’il pouvait en appréhender. Avec François et Alexis, nous avons eu la chance de trouver cette alliance, cet équilibre-là, qu’appelait l’album. En effet, je ne crois pas aux « recettes », je pense vraiment que les choses vous échappent à un moment donné, si on les a suffisamment nourries et qu’elles ont leurs propres demandes, qui nous sont confiées. On peut dire que, comme beaucoup de musiciens, je crois à quelque chose de l’ordre du divin dans le processus créatif. Par contre, ce n’est pas une considération « religieuse », je distingue le divin et la religion qui pour moi sont deux choses bien différentes.

France de GriessenLe soir, nous nous rendons avec Alexis au Pete’s Candy Store pour aller applaudir un showcase de l’auteur-compositeur-interprète Sasha Dobson, qui y présente des chansons extraites de son nouvel album « Aquarius », accompagnée à la guitare par Joel Hamilton du Studio G. Le concert est excellent, le public chaleureux, et le lieu ressemble à un décor de film de David Lynch, écrin de choix pour la mélancolie jazz-rock de ses chansons. Nuit de pleine lune…

JOUR 8

Aujourd’hui dernier jour avec François qui doit repartir en France pour des concerts. Il faut donc arriver à mettre en boîte tous les titres où il chante avec moi, tenir un timing très serré, tout en gardant toute l’attention portée aux détails qui font l’identité d’une chanson et son atmosphère. Nous avons eu la chance de faire quelques dates avec certains des nouveaux titres juste avant de venir enregistrer, nous avons donc déjà bien travaillé ceux-là en amont dans le cadre des répétitions, puis de la scène. Grâce à cela, et à une pause déjeuner réduite au maximum, nous parviendront à boucler dans les temps cette deuxième journée de voix. Après son départ, il faut transformer l’énergie que nous avions à trois pour lui redonner un nouvel équilibre à deux. J’appréhende la chose, mais en fait, aucune difficulté de ce côté là. Un café glacé pour se remettre au travail et tout va bien, tout fonctionne, la magie est toujours là, avec nous !

JOUR 9

France de GriessenLes titres les plus complexes en termes de nuances et de placement ont été réservés pour ces deux derniers jours. D’ailleurs, à la fin de ceux-ci, je serai heureuse autant qu’épuisée… Mais cela vaut tellement le coup de trouver la juste intention et l’énergie qui convient pour chaque morceau. Pour que je sois satisfaite et heureuse de ma prise, il faut que j’ai le sentiment d’avoir apporté simultanément les éléments suivants : intention, énergie et justesse du chant ou de l’instrument. J’entends par là, quelque chose qui fonctionne musicalement, car j’aime parfois des choses qui ne sont pas forcément « justes » au niveau des notes ou du placement rythmique, mais qui fonctionnent et racontent quelque chose, encore plus puissamment que ne le ferait la note ou le placement « attendu ».

Quand je suis en écriture / composition, il faut que la chanson soit essentielle pour moi. Donc je dégage d’office tous les titres qui me semblent anecdotiques par rapport à ce que je suis précisément là pour exprimer sur cette terre. Daniel Darc a dit dans une interview : « Je pense sincèrement que si une personne n’a pas besoin d’écrire, elle n’a pas le droit d’écrire », et je me reconnais tout à fait dans ces propos. Dans le sens où je conçois que certains écrivent pour d’autres raisons que par besoin, mais en ce qui me concerne, je me refuse à garder des textes ou des chansons qui n’émanent pas de ce besoin, de quelque chose de vital. Et cela, je le ressens chaque jour davantage, c’est mon chemin. Quelque part, cela m’a aidé à accepter ma nature d’écorchée, à faire avec.

C’est aussi pour cela qu’un petit moment de panique peut arriver si, pour une question de sonorités des mots, il faut changer une ligne de texte d’une chanson, ce qui arrivera le dernier jour. Pas question de faire du remplissage, ou de mettre « juste un truc qui sonne bien ». Heureusement, je trouverai l’inspiration à temps ! Le fait d’écrire au quotidien sur des petits papiers, des tickets, mon agenda, ou n’importe quoi qui traîne dans mon sac m’aide à retenir dans un coin de mon cerveau des petits morceaux de phrases dans lesquels je peux piocher.

France de GriessenMa mission en studio est de nourrir les chansons de ce trio : intention, énergie et justesse… alors, les chansons prennent vie. Parfois, on trouve tout de suite le truc qui permet à la chanson d’exister « en dehors de soi », parfois il faut s’acharner et faire pas mal d’essais et ne pas s’arrêter tant que « ce n’est pas tout à fait ça ». J’éprouve une vraie reconnaissance envers mes chansons de m’avoir permis de « les trouver » dans un timing aussi serré que celui de cet enregistrement. Je termine donc cette journée portée par un sentiment de profonde gratitude et pour fêter ça, je m’offre une « Spicy Margarita » (de la silver tequila dans laquelle ont infusé des petits piments jalapeño, avec du triple sec, du jus de citron vert et du sirop de sucre de canne) à l’Entwine , un petit bar musical de Manhattan, joli comme une boîte à bijoux, baigné de lumière rouge.

JOUR 10

Il reste trois titres à enregistrer. Beaucoup de pression car il faut absolument avoir terminé ce soir. D’autant que des émotions contradictoires se mélangent en ce dernier jour. Je suis très heureuse de la façon dont s’est déroulé cet enregistrement, des prises, des idées qui sont venues s’ajouter sur place aux idées des démos et d’avoir réussi chaque jour à tenir le timing. Et en même temps, toutes les angoisses remontent à la surface. Je dois me réajuster toute la journée à ce « grand huit émotionnel », ce n’est pas facile mais indispensable : une journée d’enregistrement, c’est comme un bateau à diriger sur une mer qui s’agite, juste avant d’atteindre la rive ensoleillée que l’on voit devant soi. Il faut assurer sa mission de capitaine jusqu’au bout, en l’occurrence jusqu’à 22h où nous terminons l’enregistrement !

France de GriessenRanger les guitares, mettre son chapeau, son blouson, respirer encore un peu l’atmosphère du studio, puis l’air doux et chaud du dehors… et direction notre bien-aimée pizzeria « Carmine’s II » pour trinquer avec Alexis à la fin de l’enregistrement de « Saint Sebastien ».

On est tellement fatigués qu’on parle a peine, mais on est sacrément contents et parfois, il n’y a pas besoin de mots pour se comprendre. Pendant cet enregistrement, j’ai appris à connaître Alexis et il s’est révélé un allié plus que précieux et une belle personne. Je suis fière et honorée qu’il fasse partie de cette aventure avec nous. Nous levons nos verres à cet album : bière et root beer. Sweet ! Il reste encore du travail : mixage, mastering, pochette…

Remerciements à François « Shanka » Maigret, Alexis Berthelot, Tony Maimone, Joel Hamilton, Sasha Dobson et Amy & Anthony Jaswinski.

France de Griessen « Saint Sebastien » feat . Shanka
Sortie le 20 janvier 2014 (Unibrows United / Teen Machine / Rue Stendhal / Editions SidoMusic). Réalisé par François « Shanka » Maigret et enregistré par Alexis Berthelot @ Studio G, Brooklyn
www.francedegriessen.com

Photos : France de Griessen + François « Shanka » Maigret + Alexis Berthelot + Anthony Jaswinski.


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