Marie-Pierre Arthur, LO 66, Sur la même Longueur d'Ondes numéro 66

Le folk-rock à la québécoise

« Aux alentours » vient de sortir en France où Marie-Pierre Arthur a fait un marathon de promotion. De retour à Montréal, elle ouvre le festival Coup de Cœur Francophone devant un public conquis. Considérée comme une artiste essentielle au Québec, elle pourrait bien être la nouvelle étincelle en France !

Connue du paysage musical québécois depuis longtemps, Marie-Pierre Arthur a d’abord été une bassiste accomplie (Ariane Moffatt, Mara Tremblay ou encore Stefie Shock) avant que la piqûre de la composition et de l’écriture ne la prenne. La pression était grande pour la jeune Gaspésienne pour son premier album éponyme sorti en 2009, car elle se savait attendue : « J’étais tellement stressée ! Comme j’étais dans le milieu de la musique, je savais que j’allais être guettée et que la première impression devrait absolument être la bonne. » Pari réussi ! Sa douce voie aérienne et légère sur un fond folk-rock armé de mélodies accessibles la mettent au premier rang des artistes sur lesquels compter. C’est donc tout naturellement qu’elle décide d’enchainer avec « Aux alentours » : « Pour cet album, je savais vers quoi j’allais. J’avais conquis certaines personnes, donc je paniquais moins ! »

C’est toujours avec son amoureux, le claviériste François Lafontaine (Karkwa) que la genèse de l’album se construit, entre tournées et… bébé ! « L’album ne s’est pas fait d’un coup. On a eu plusieurs sessions de travail, mais à chaque fois, ça été comme une évidence de collaborer avec François. On a repris là où on s’était arrêté pour le premier album. On était donc bien rodé, c’était même plus facile que la vie de couple ! » explique-t-elle en riant. « Coécrire n’est pas un exercice facile, mais la dynamique entre nous est très claire et on sait mettre nos égos de côté. » Pour les aider à mettre en forme leurs chansons, ils font appel au batteur Robbie Kuster (Patrick Waston). C’est de ce trio que naît l’essentiel : des mélodies accrocheuses, des rythmes tantôt diaboliques tantôt lascifs. « On s’est rencontré tous les trois pour imaginer en plus grand les musiques qui existaient déjà, pour voir ce que ça allait devenir en disque. On s’est donné du jus, on a mis en place plein d’idées, qui ont beaucoup bougé par la suite. » Il faut dire que la particularité de Marie-Pierre, c’est que même si elle agit à titre d’artiste solo, c’est une fille de groupe ! À ce trio s’ajoutent des séances studio avec les guitaristes Olivier Langevin (Galaxie) et Joe Grass (Marie-Jo Thério, Patrick Watson) : « On était vraiment tous les cinq à participer aux chansons, à échanger, à arriver avec d’autres idées. Au final, même si c’était toujours François et moi qui décidions, c’était un travail collaboratif. On était en famille, on avait une véritable vision de groupe. »

Côté écriture, l’inspiration première est sans aucun doute les relations humaines sous toutes ses formes, qui lui sont inspirées aussi bien de la vie d’amis proches que d’un film, d’une série ou d’un bon livre. Pourtant pour elle, l’écriture n’était pas une évidence :  » C’était la première fois que je faisais ça pour mon premier album. Pour moi, c’était comme s’attaquer à écrire en chinois ! Si je tenais à une phrase, j’avais l’impression d’avoir écrit la plus belle chose au monde, il ne fallait pas qu’on y touche, j’étais possessive de mes trouvailles. Maintenant, j’écris avec beaucoup plus de plaisir, de recherche, François et moi, on fait vraiment ça comme un atelier ». Cet album marque donc le « son » Marie-Pierre Arthur, qui une fois sur scène prend toute sa dimension : « En studio, on peaufine, on prend soin de chaque petite section. Quand on est en spectacle, on a de l’énergie brute, on ne la contrôle pas, ça ressort et ça sonne de manière différente. La musique est plus libre, ça permet de faire évoluer le show tout le temps, de jouer de la musique et non de reproduire un disque. À chaque concert, il y a des petites magies différentes. Je laisse beaucoup de libertés aux musiciens pour qu’ils puissent s’exprimer. Il y a des balises auxquelles je tiens, mais à l’inverse, j’aime l’idée de la création en live. »

Si « Aux alentours » est sorti il y a à moins d’un an au Québec et que des dates en France sont prévues, Marie-Pierre envisage déjà un troisième album : « Rien n’est encore planifié, mais je sais que j’aurais bientôt envie de faire de nouvelles choses. »

Yolaine Maudet
www.mariepierrearthur.com

Marie-Pierre Arthur et la France
Marie-Pierre Arthur est venue promouvoir son album en France fin septembre, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a été emballée par son séjour : « Je m’attendais à me sentir intrus, à trouver le temps long, à forcer les choses, et en fait l’accueil a été très positif ! » Son single « Si tu savais » tourne déjà sur plusieurs radios et l’envie d’une tournée de festivals la titille : « J’ai envie de proposer aux Français le grand show, la même chose que je fais ici au Québec ! Je ne veux pas leur donner la moitié d’un projet, parce que c’est loin, que ça engendre des coûts. C’est ça qui plaît et qui est nouveau pour eux. »

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