Aline
Ramonville Saint-Agne, Toulouse, le 22 février 2013
Pour le 14ème volume de ses “Curiosités”, le Bikini, salle de concert incontournable du paysage toulousain, mise sur la nouvelle scène pop française en programmant Lescop, Aline et Les Filles & Les Garçons. Le principe ? Le temps d’une soirée, faire découvrir deux à trois groupes prometteurs, parrainés par un autre groupe plus confirmé. Ce soir, c’est Lescop qui se retrouve en tête d’affiche.

Les Filles et Les Garçons http://lesfillesetlesgarcons.bandcamp.com/ pour commencer. Projet solo du toulousain Lucas Nedellec, c’est une jolie entrée en matière. Assisté par son MacBook et sa guitare, le jeune homme ne semble pas intimidé pour sa première fois sur la grande scène du Bikini. Faut dire aussi que depuis la sortie de son premier maxi l’année dernière, Lucas a déjà eu l’occasion de se frotter à la scène dans différentes salles de la région, mais également à Paris et Bordeaux. Après avoir ouvert avec « Give me », le Toulousain distille les autres titres de son dernier EP sorti en octobre, porté notamment par les enthousiasmants « Night » et « You belong to me ».

Lescop Privilégiant la langue de Shakespeare pour la plupart de ses morceaux, le jeune interprète s’octroie tout de même quelques interludes en français, notamment lorsqu’il propose sa version édulcorée de « Caramel » de Booba. Une reprise avec laquelle on retrouve bien la marque de fabrique des LFELG, mêlant pop aérienne et beats cristallins. Même éloigné de ses comptes soundclound et bandcamp, qui ont permis à son auteur de se faire connaître, sa musique live conserve son caractère artisanal et sophistiqué, pour un tour de chauffe réussi.

« Je bois et puis je danse » sur Alice http://alinemusique.wordpress.com

Lescop Place ensuite aux Marseillais d’Aline, ex-Young Michelin, venus présenter les titres de leur premier album, « Regarde le ciel », sorti début janvier. S’accordant parfaitement avec l’ambiance pop rêveuse de cette soirée, les quatre copains d’Aline parlent eux aussi de sentiments contrastés, d’histoires d’amours et de souvenirs adolescents, le tout à travers des textes en français  sonnants bien, mais quelque peu niais. Cependant, quelque chose de solaire se dégage de leurs chansonnettes pop légères, à l’instar de « Deux hirondelles » et de « Teen whistle » qui, amplifiées par des guitares live accrocheuses, sentent résolument bon le printemps. Au fur et à mesure que le set de déroule, le groupe parvient à transmettre sa bonne humeur communicative, faisant sautiller le public sur ses mélodies entrainantes, et siffloter sur leurs refrains entêtants. Malgré leur trentaine bien entamée et l’imagerie rétro de leurs chansons, Romain Guerret et sa bande parviennent à faire preuve d’une certaine candeur musicale, aussi bien en studio que sur scène.

L’apothéose avec Lescop http://www.longueurdondes.com/2012/11/14/lescop-en-amerique Après un premier passage sur la scène du Bikini, en mai dernier, Lescop n’assure plus l’ouverture, mais il est désormais en haut de l’affiche. Une ascension à l’image de l’effervescence médiatique qu’il y a autour de la personnalité intrigante du chanteur Rochelais (Mathieu, échappé d’Asyl) et de sa collaboration avec les artistes John & Jehn http://www.popnoire.com/lescop.fr Enchainant les concerts depuis plusieurs mois, la formation a bel et bien pris de l’envergure durant cette tournée, renforcée par l’accompagnement d’un guitariste, à l’énergie survoltée.

Quasiment toutes les chansons de l’album sont jouées, dans le désordre, « Los Angeles », « La nuit américaine », « Ljubjana », « Le mal mon ange », ainsi que « Marlène » extrait du premier EP, sans oublier l’incontournable « La forêt ». Le public, majoritairement composé de trentenaires, se déhanche sur ses titres pop, au son très cold wave et bénéficiant pour le coup d’une énergie live renouvelée. Côté jeu de scène, difficile de ne pas faire à nouveau référence à Darc ou Daho, face à un Mathieu Lescop, tout de noir vêtu. Cependant, il ne se contente pas seulement de marcher dans les pas de ses prédécesseurs. Grâce à sa pop magnétique aux textes raisonnés, il ouvre le chemin à toute cette nouvelle génération d’artistes français nostalgiques, en proposant une combinaison gagnante : une musique à la fois sombre et lumineuse, hypnotisante surtout. On en redemande.

Texte : Emilie Delrieu

Photos LFELG / Lescop : Luke Pradal http://lukepradal.com

Aline : Gigsonlive http://www.gigsonlive.fr/

 

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