Stephan Eicher
Le 106 (Rouen) le 15 février 2013.
Le 106, très belle salle dédiée aux musiques actuelles sur les quais de Rouen est plein comme un œuf. Le public, très quadra, patiente gentiment. Il est huit heures et demie, et n’y a pas de première partie.
Stéphan Eicher est le seul artiste prévu ce soir. Tout du moins dans cette salle puisque le Club, à l’autre bout du site, propose un concert plus confidentiel entre pop et hip-hop avec Petite Noir et James Pants. Même heure, même endroit mais sûrement pas même ambiance.

Portables dans la poche

Le public est prévenu : Stephan Eicher souhaite que les téléphones portables restent éteints et dans les poches. Et si tout se passe bien, à la fin du spectacle, il donnera l’autorisation de les sortir et même de filmer sa prestation ! Et cela fonctionne. Avec l’avantage de ne pas voir durant le spectacle une nuée de bras levés, téléphone bout de bras, pour tenter de capter une bride de son ou une image plus ou moins nette …

Des dizaines de haut-parleurs

Le décor de scène est surdimensionné : des dizaines de haut-parleurs empilés les uns sur les autres, affirment une ambiance vintage mais pour l’ouverture, c’est lumière blanche très tamisée en clair-obscur.
Costume noir, chemise blanche et cravate à pois, l’artiste prend position au piano. Cela commence mal, il tourne le dos au public. Enfin, « La relève », très beau titre du nouvel album, lance le concert dans une ambiance retenue. Autour de lui quatre musiciens prennent position.
Pour « Morge », autre nouvelle chanson, il se lève et prend sa guitare. Le chanteur suisse en possède une sacrée collection et il ne cessera d’en changer durant le spectacle… Les choses sérieuses commencent. La beauté de la mise en scène prend toute sa dimension, le public répond avec enthousiasme. Stephan Eicher, cheveux mi-longs, petite moustache, reste concentré. Il lâche parfois un sourire, justement, « Le sourire », c’est le titre phare de son nouveau disque. Tout cela ne laisse que peu de place à l’improvisation même si le groupe de musiciens est à l’évidence capable de partir en live à tout moment.

Déferlante de tubes

« Des hauts, des bas », bientôt mixé avec une célèbre reprise, « Papa was a Rolling Stone », enflamme l’assistance. L’ambiance monte d’un cran. C’est le premier temps fort d’une soirée qui en connaîtra bien d’autres. La liste des tubes est longue depuis de « Two people in a room » joué avec un soupçon de nostalgie. Évidemment, lorsque les premières notes de « Déjeuner en paix » se font entendre, le public est aux anges et reprend en cœur les paroles maintes fois entendues du bébé pour Noël ….
« Disparaître » chante encore Stephan Eicher avant de s’éclipser avec ses musiciens.

Final en fanfare

Le rappel sera le plus beau moment du concert. Eicher met le public à l’aise en l’autorisant à filmer mais beaucoup préfèrent profiter du show. Taquin avec ses musiciens, Stephan, au meilleur de sa forme, est de retour pour encore trois tubes. « Tu ne me dois rien » est d’abord joué en version intimiste avant l’estocade finale avec « Combien de temps » et « Hemmige » énorme morceau pour une clôture aux allures de fanfare tsigane… à travers un public conquis.

À raison, tant ce nouveau spectacle d’un Stephan Eicher plus gitan que jamais, s’affirme comme l’un des plus beaux actuellement en tournée.

www.stephaneicher.com

Texte et photos : Patrick Auffret

Publié le