Charlotte Parfois

Hymne à la glandouille

Incroyable mais vrai, l’humour suisse existe ! Quand on demande à Olivier (guitare) et Patrick (chant) de Charlotte Parfois comment ils ont travaillé sur leur dernier album, voilà le type de réponses auxquelles on s’expose… Patrick : « Pour faire un album qui s’appelle « Farniente », on ne travaille pas. Comme ça, ça sonne plus vrai… » Olivier de renchérir : « On a quand même dû apprendre à écrire d’abord. Ce n’est qu’ensuite, quand on a remarqué que ça ne nous servait à rien, que l’on a vraiment commencé à ne rien faire. » Bluff ou modestie, difficile à dire… Ce qui est sûr c’est que l’on peut travailler sans en avoir l’air, mais qu’il n’est pas de bonne musique sans un minimum de sueur. Et « Farniente » est un album bien assis. Équilibré et joliment soigné sur des arrangements qui portent en eux l’âme du rock-pop des années 90. Alors, des influences ? Difficile de savoir avec certitude puisque, cultivant leur mystère comme les Bretons les artichauts, les deux gaillards confient leurs inspirations : « Karen Cheryl et Patrick SébastienCharlotte Parfois pour la musique et Maître Capello pour les textes. » Pourtant, loin d’une musique de boîte à rythmes ou de fête au village, les morceaux de Charlotte Parfois sont d’un esthétisme quasi-léché, qui fait écho à leur amour inconditionnel de l’image. Quant à l’album lui-même, c’est un festival bien rythmé. Le bon gros rock qui tâche (« Immortels », « Paulo Coelho ») assaisonné d’orgue et de mélodica est délicatement ponctué de blues lancinant (« L’été qui revient ») et morceaux guillerets (« Des vacances ») ou ambiance sixties (« Jamais vieux »). Dans tous les morceaux règne cette étonnante tension d’une sorte d’optimisme nihiliste comme dans « La vase » où Charlotte Parfois réclame « J’veux du gras, j’veux des os / j’veux des paroles sans les mots / J’veux pas qu’on m’explique / j’veux des rues sans flics. » Mais si l’on part parfois dans le mélo et la nostalgie (« Interlude ») ce n’est pas sans faire un détour du côté du loufoque d’un rock psyché totalement déjanté (« Pas un exemple ») ou de l’humour cynique (« Je te paie un Gin »), le tout lâché comme une apologie des multiples techniques du farniente.

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Lise Facchin

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