FOREST POOKYAvec notamment l’activité de ses groupes, les Pookies  et les Sons of Buddah, mais aussi à travers ses participations à divers projets musicaux (on a pu le trouver par exemple au micro de Black Zombie Procession et actuellement derrière celui de Opium du Peuple), Forest Pooky s’est montré un fervent acteur de la scène punk en France.

Fou de chansons, il trouve dans une formule solo le moyen de venir encore nous chatouiller les oreilles avec ses compositions et livre son premier album, « Every key hole has an eye to be seen through ». Ainsi, en délaissant l’électricité, Forest arrive à une approche forcément épurée de sa vision musicale. Mais dans ce dépouillement, les fondements de son style sont plus concentrés. Guitare acoustique dans les bras, c’est toute la force de son expression qui ressort, plus vraie que nature. L’énergie de son interprétation donne une forme de vie à ses émotions, ses traits d’humour, ou ses délires fantastiques. De l’art de mêler le vécu dans une forme de fiction, avec du caractère et de la sincérité.

FOREST POOKY

Te voilà en solo et en acoustique après quelques années en groupe et en électrique : quel sentiment cela te procure-t-il ?

Forest Pooky : J’ai retrouvé le trac à la montée sur scène qui s’était un peu estompé avec mes projets électriques. Le plaisir de jouer live ne m’a jamais quitté ces 15 dernières années, sinon j’aurais arrêté, mais se retrouver seul devant les gens à fait renaître ce sentiment d’excitation et c’est très motivant.

De quelle façon as-tu écrit ton premier morceau pour ce projet ?

Depuis que j’ai apprivoisé la guitare, je compose. Les titres présents sur mon EP, sorti en 2010, sont des morceaux écrits entre 2008 et 2010, qui ne correspondaient pas aux groupes dans lesquels j’officiais à l’époque, que ce soit The Pookies, Sons of Buddha ou Black Zombie Procession. J’ai fini par me décider à lancer ce projet solo pour les faire vivre. Le nouvel album est issu du même processus. J’écris, puis je décide, après coup, du projet le plus adapté où interpréter la chanson.

FOREST POOKY – New Album EVERY KEY HOLE HAS AN EYE TO BE SEEN THROUGH from David Basso on Vimeo.

En solo, mais sur le disque, d’autres musiciens interviennent avec des arrangements que tu as souhaité mettre en valeur ?

Oui, c’est important de polir les titres sur un support. Si j’aime jouer seul en concert, il me semble que lorsqu’on est assis dans son canapé à écouter un album, c’est tout de même plus agréable avec quelques arrangements. Ceci dit, la production de ce 13 titres reste plutôt épurée.

Dans tes morceaux, de l’émotion (« Our greatest times won’t disapear »), un détachement plus fun (« My shrink (has a lot to deal with) »), mais aussi du fantastique (« Attack of the toothpicks »). Comment sont venues tes idées et tes envies de chansons lorsque tu as composé cet album ?

Tous ces titres ont été composés de manière disparate au long de ces 3 dernières années. C’est un peu un Best Of en fait ! Je m’inspire de ma vie de tous les jours, des expériences de mes proches… Je chante souvent en voiture ou sous la douche, c’est un excellent moyen de composer sans s’en rendre compte !
Il faut simplement avoir un dictaphone à portée de main. Constamment !

Music video Forest Pooky – lullabies from David Basso on Vimeo.

CD, vinyle, pochette digipack, livret avec textes : pour un artiste autoproduit, tu as fait des efforts et des choix assez marqués pour livrer ton album au public. C’est un aspect qui te tient à cœur ?

J’ai récolté le budget pour produire l’album par un financement participatif, c’est-à-dire, via des souscriptions et des donations de particuliers souhaitant me soutenir. A la base, il était prévu de ne faire que du CD boîtier cristal. Au final, vu tout le soutien financier qui m’a été donné, j’ai pu faire un Digisleeve et le vinyle pour la sortie en septembre. Ce qui me tenait à cœur, c’était effectivement de proposer un bel objet mais aussi d’utiliser l’argent qui m’a été donné de manière utile. C’est quand même plus joli qu’un fichier mp3, non ?

Tu joues aussi beaucoup : c’est important pour toi de défendre l’album en live ?

En réalité, l’album est un moyen pour moi de jouer plus souvent. Ce qui m’intéresse c’est le live mais sans album il est plus compliqué de convaincre des programmateurs de salles de me faire jouer. Du coup, il me faut proposer un album de qualité pour convaincre. Pour l’instant j’ai de bons retours, tant du public que des professionnels. C’est encourageant.

FOREST POOKY

Tu as monté une tournée au Canada : pourquoi as-tu souhaité aller te produire là-bas et quels souvenirs ramènes-tu ?
Les contacts étaient là et ça s’est fait un peu comme ça, pour le fun. La tournée de janvier s’est vraiment bien passée alors on a remis ça en octobre. J’ai revu certaines têtes qui en ont ramenés des nouvelles. Ce fut un excellent moment, les souvenirs sont nombreux mais le plus important est une peluche de caribou qui porte un uniforme de garde frontière. J’espère remettre ça à l’automne prochain et pousser un peu du côté anglophone.

« Every key hole has an eye to be seen through »
(386 Production)

Béatrice Corceiro
Photos David Basso et Martin Blondeau

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