Celine Ollivier - Photo : Marylene Eytier

Deux cents personnes sont présentes à l’Européen (Paris), le 3 décembre 2012 pour écouter la chanteuse défendre son premier album « La femme à l’éventail », sorti le 4 juin. Elle est accompagnée de ses musiciens et d’une invitée exceptionnelle… Rencontre autour d’un show.

 

Haut bleu nuit, jupe noire, Céline Ollivier est tout aussi sobre qu’élégante. A sa droite, la rockeuse MeLL, costard noir et guitare électrique rouge, est venue célébrer son amie. Martin Gamet, à la basse, et Julien Tekeyan, à la batterie, complètent le quatuor. L’ancienne membre du groupe Maximum Kouette, a sorti son album il y a six mois ; un disque où elle évoque des femmes qu’elle raconte, incarne, sublime ou fustige, comme sur le titre « Au flore », destiné à Jane Birkin. Les textes sont piquants, mélancoliques et tendres, l’instrumental éclectique. Une alternance de pop folk léger (« Jardin du Luxembourg ») et énergique (« Baby Doll »). Des titres aux influences latines (« A ta manière »), où des accords blues s’associent à des rythmes Tango. La voix de Céline Ollivier est sensible, douce, granuleuse. Capable de variations amples dans la gravité, elle rappelle le timbre vocal langoureux de Lhasa de Sela.

« Soprano avec des graves et des clopes »

Une réelle complicité est palpable entre Céline Ollivier et MeLL, vers qui elle se tourne souvent : « En plus d’être une amie solide, MeLL est bienveillante, elle m’apporte beaucoup. J’aime l’avoir à mes côtés sur scène, jouer près d’elle, la regarder », confie-t-elle. MeLL, libérée, s’éclate avec des effets sonores à la guitare. En conclusion du concert, elles se retrouvent ensemble, pour une reprise du « Hallelujah » de Jeff Buckley. Après 45 minutes et neuf titres, Céline Ollivier remercie longuement ses amis et partenaires – pour beaucoup présents dans la salle – « sans qui ce premier album n’aurait jamais pu être produit ».

La jeune femme évolue à son rythme. Elle conclut ces jours-ci sa formation pour devenir professeure de chant et assure avoir trouvé sa voix : « Soprano avec des graves et des clopes… Je me sens à l’aise dans les graves, c’est ce qui constitue l’émotion d’une voix ». Elle écrit déjà un second album : « J’étais tout d’abord compositrice, puis auteure, j’ai aujourd’hui envie de devenir une belle interprète ». Forte d’une « nouvelle liberté vocale et corporelle », Céline Ollivier se sent désormais « légitime sur scène ». Elle souhaite progresser dans ses représentations, pour donner vie aux textes subtils et poétiques qu’elle ne cesse de composer.

Mario Bompart

Photos : Marylène Eytier

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