Rock en Seine


Paris, du 24 au 26 août 2012
Cadre : Domaine de Saint-Cloud, un parc classé monument historique.
Météo : Beau temps, quelques gouttes vendredi et samedi.
La carte d’identité : Branché, glamour et international, Rock en Seine est le reflet des tendances du moment. Il est dirigé par François Missonnier et deux « tourneurs », Christophe Davy (Radical production) et Salomon Hazot (Nous production). Il reçoit un fort soutien financier de la Région Ile-de-France. On a longtemps cru que Paris n’aurait jamais son festival. Rock en Seine est venu démentir cette assertion en s’imposant le même week-end que le festival de Reading. Cela pose parfois des problèmes, certains groupes hésitant à faire la passe de trois. Le festival londonien est couplé avec celui de Leeds mais est souvent complet très longtemps à l’avance. Nombreux sont ceux qui se replient sur Paris …

La petite histoire : La première édition recevait PJ Harvey devant 22 000 personnes. Depuis, RES continue de jouer la carte des exclusivités, tout du moins françaises. Perturbé par de nombreuses annulations (Oasis, Amy Winehouse, le festival a su résister sur la durée. Cette année, aucune annulation n’a été à déplorer sur le site.

Les plus : De plus en plus tourné vers les découvertes, internationales et françaises, Rock en Seine s’est affranchi des très grosses pointures pour mieux se diversifier. Avec succès. Le record de fréquentation a été battu avec 110 000 personnes en trois jours (sold-out samedi avec dEUS et The Black Keys et dimanche avec The Dandy Warhols et Green Day) pour une capacité de 115 000 spectateurs.

La découverte : Ume, trio noise-rock américain en provenance de Texas emmené par une chanteuse blonde, sexy et déchaînée dès le début d’après-midi. Un air de Kim Gordon toute jeune, une musique électrique et saturée. Impressionnant pour leur tout premier concert européen.

L’anecdote : Le verre d’Oasis à moitié-vide : Liam n’est pas venu se faire pardonner l’annulation d’il y a trois ans. Mais personne n’y croyait vraiment puisque que Noël venait de le qualifier, lors d’un récent concert londonnien, de « chanteur du meilleur groupe de reprises d’Oasis de Stratford »…

La confirmation : Stuck in the sound explosif sur la grosse scène, avec un set désormais bien rôdé et taillé pour les masses mais aussi The Bewitched Hands (on en reparle très vite) qui font facilement oublier Noël Gallagher programmé à la même heure sur une autre scène.

Le truc qui tue : La réunification franco-allemande vue à travers une création originale, la première financée par RES : la rencontre du groupe Get well Soon avec l’Orchestre National d’Ile-de-France. Majestueux sous l’une des rares averses du week-end.

Inédit : Pour célébrer la dixième édition, le festival a invité dix de ses groupes avant-scène à revisiter un tube de la décennie. Mention spéciale à Success et, là encore, aux Stuck in the sound pour leur deuxième prestation de la journée. Les Airnadette ont assuré des intermèdes déjantés. Cela donne tout et n’importe quoi, notamment lors du final pour une chenille mémorable

L’an prochain : Une certitude : le festival aura bien lieu, et au même endroit, à la fin du mois d’août.

Texte et photos Patrick Auffret



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