BÜRKI

« Double entendre »
(Autoproduit)
Attention, ceci n’est pas de la chanson française. Pourtant, à première vue, ça en a tout l’air : un auteur-compositeur-interprète au look de dandy cynique, une écriture ciselée, un sens réel de la formule. Ceci est plus que de la chanson française. Bürki chante, parfois raconte, monologue en français ou en anglais. Lorsqu’un Eddy Mitchell rêvait de l’Amérique flamboyante de Cary Cooper et John Wayne, Travis Bürki s’immisce dans les USA désenchantés. Ceux de Paul Auster, John Casavettes. Ici, pas de jolies petites mélodies pour accompagner les textes, non. Chaque morceau offre des tableaux sonores autonomes. Sur « Ben », un long solo trompette free-jazz s’échappe de la nuit. « Double entendre » n’est pas une BO d’un film imaginaire, c’est le film lui-même. Dans « One more man alone », la musique est d’ailleurs absente, pour ne pas entraver le long soliloque de Bürki, longue envolée lyrique. Un album aussi audacieux que réussi.
www.travisburki.com

Camille Larbey



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