Francofolies de La Rochelle

Francos de La Rochelle "Rock around the tempête"- Photo : Marylene Eytier
La Rochelle, du 11 au 15 juillet 2012
Rock around the tempête
Ces 28èmes Francofolies ont été marquées par le rock et par le mauvais temps. Le festival, qui affiche une fréquentation en baisse, a révélé Cabadzi et accueilli une fois de plus les têtes d’affiches francophones de l’été.
La carte d’identité
Faut-il encore présenter les Francofolies ? C’est le grand festival de la chanson francophone dans l’hexagone. Il réunit les artistes dont on parle et ceux dont on parlera dans l’année à venir. Les Francofolies se sont progressivement ouvertes à l’anglais. La petite scène du Casino -intitulée Not Ze Francos, c’est dire- et la présence d’artistes « populaires » anglo-saxons ont confirmé depuis quelques années déjà ce virage.

La petite histoire
« Les premières Francofolies à voir le jour » ont été créées en 1985 et depuis, elles ont essaimé au Québec, à Montréal, et à Spa, en Belgique. Imaginées par l’ancien animateur de France Inter, Jean-Louis Foulquier, les Francos de La Rochelle avaient pour ambition de mettre en lumière la musique francophone à une époque où Brel et Brassens enterrés, ce n’était plus à la mode. La chanson en français est toujours là, les Francos aussi.

La confirmation
Dionysos, Thiéfaine ou Catherine Ringer ? Zebda pour son retour ? Dominique A  ? Ce serait céder à la facilité. La confirmation de ces 28e Francofolies est arrivée dimanche soir, au moment où les camions emportaient déjà la fête sur le port de La Rochelle. Birdy Nam Nam  a transformé la foule de la place St.-Jean-d’Acre en une forêt de pins parasols un soir de grand vent. En un mot : é-nor-me !

La découverte
Cabadzi (l’un de nos « paris sur l’avenir » du numéro spécial anniversaire). Cette bande de trois garçons plus une fille au violon, rappe et trompette autour d’une human beat-box. Elle dénonce sur fond de musique nomade, les misères de notre monde : société de consommation, excès de la finance, etc. Tout cela colle aux tripes et balance à gauche toute. Leur disque s’appelle « Digère et recrache », et dans une petite salle comme lors d’un intermède devant 15 000 personnes, ils font fureur. Dans un autre genre, folk, mention spéciale à Lisa Leblanc . L’acadienne, accompagnée pour l’occasion par le très joyeux songwriter blues québécois Bernard Adamus fait chanter au public distrait de la scène gratuite de l’Horloge : « P’t’être que demain ça ira mieux mais aujourd’hui ma vie, c’est de la maaaaaaaarde. » Et pourquoi pas ?

Le hic
Soiree annulee sur la grande scene a cause de la tempête, moral en berne toute la journee, Anis qui joue les crooners. N’en jetez plus, un vendredi 13 horribilis !

Le résumé
Et après, la pluie… L’annulation des concerts de la grande scène vendredi restera dans les annales des Francofolies. C’était seulement la troisième fois depuis la création du festival rochelais qu’une telle péripétie se produisait. Quant à la tendance générale : 85 000 entrées payantes (dont la soirée annulée, à décompter), chiffre officiel en baisse après les 89 000 entrées de 2011. Des petites salles et une scène gratuite, qui sont toujours celles où se concrétisent les rêves des artistes qui ont déjà bien écumé les salles de France et de Navarre. A ce titre, on attend le meilleur de Lescop, le chanteur du groupe Asyl en solo, et on attend de voir pour la jeune Christine and the Queens, déjà remarquée au Printemps de Bourges et prix Adami cette année. Cette année, les Francos (qui ont fait une seule fête, et en demi-teinte, à Moriarty) avaient une tonalité plus rock et plus électro (C2C, Birdy Nam Nam). Elles sont bien dans l’air du temps et ce n’est pas pour nous déplaire.

Texte : Bastien Brun
Photos : Marylène Eytier



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