Festival de Beauregard


Hérouville Saint-Clair (14), du 6 au 8 juillet 
Avec plus de 55 000 spectateurs en trois jours (fréquentation en légère hausse), le festival de Beauregard, porté par le tourneur Alias, qui fournit chaque année la crème de ses artistes mais pas seulement, continue sa fulgurante ascension.

Ici, c’est la vie de château pour les grosses pointures et cela se ressent sur scène. Les prestations sont explosives et même la pluie, tombée à torrent le samedi, n’a pas entamé la bonne humeur générale, sur scène comme dans le public. Une convivialité renforcée par les déambulations inopinées d’une troupe de comédiens ou par l’apparition, dimanche, de deux hommes-poissons, la tête dans l’aquarium…

Pourtant, enlisés dans la gadoue d’un magnifique parc, les spectateurs auraient pu se plaindre du manque de lieux abrités. Ils ont, pour la plupart, préféré profiter au maximum de concerts rendus du coup parfois dantesques…

En fin d’après-midi, Izia s’est démenée avec brio sous les premières gouttes, invitant le public à ranger les parapluies -merci pour ceux qui sont derrière-. Les plus touchés par cette météo bien normande ont été les valeureux Tinderstick et le gourou Sébastien Tellier, qui a préféré signaler sur scène qu’il « n’avait jamais de chance » plutôt que de s’arranger avec Dieu, pourtant son grand ami, pour obtenir l’éclaircie décrochée entre ces deux concerts par Jean-Louis Aubert. L’ancien chanteur de Téléphone a puisé dans son ancien répertoire pour un set teinté, en final, d’une reprise du ‘Paint it black’ des Stones habilement noyée dans ‘Juste une illusion’.

Le samedi a donc été pluvieux, pas le vendredi ni le dimanche. La première journée était en fait la plus intéressante artistiquement, avec en apéritif Killing Joke remonté à bloc et jouant ‘Love like blood’, une superbe prestation de Dionysos, des Shaka Ponk étonnamment relégués sur la scène B, et un beau retour de The Kills, soutenu par une Alison Mosshart bien plus glamour qu’à Rock en Seine…

Plutôt conviviale, voire familiale, la journée du dimanche a consacré les Brigitte aussi jolies que convaincantes alors que Shirley Manson (Garbage) semblait en dessous de son potentiel. Le contraire des Franz Ferdinand. En faisant de leur concert un véritable best-of, les Écossais ont cartonné grave, laissant Paul Kalkbrenner conclure le festival avec son magnifique show de DJ déjanté.

Un régal, comme ce John 4, du nom du châtelain imaginé par les organiseurs, qui s’affirme désormais comme l’un des gros poids lourds de l’été.

Annabel Jouvion et Patrick Auffret



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