Jef Barbara« Contamination »
(Tricatel)
De son nom à son attitude, de sa musique à ses textes, Jef Barbara a la main verte (dans un gant de velours noir) pour cultiver l’art de l’ambiguïté. Son attitude de diva glam colle parfaitement à sa musique, une pop synthétique viscéralement contemporaine dans sa façon de s’inspirer des grandes pointures du genre, comme le Bowie de Ziggy Stardust. Avec ce dernier, il partage l’androgynéité et le goût du rimmel. Mais ce qu’il aime par-dessus tout, c’est se jouer des tabous. Parler d’ébats à plusieurs dans « Sébastien » ne le gêne en rien, vocoder légèrement sa voix et chanter un peu à côté du ton non plus, pas moins que de déterrer des abîmes pop un solo de sax sur « Cocaïne Love ». Tout ça est très frais, entraînant. Derrière ce vernis faussement kitch, on trouve ainsi de belles réussites comme « Flight 777 » et sa post-pop psychédélique. Les 9’22 de « Wild Boys » finissent de nous contaminer à ce chanteur atypique.
myspace.com/jefbarbara

Damien Baumal


Publié le