
Pauillac (33), du 5 au 7 août 2011
« Woodstock in Medoc » tel aurait pu être le nom de cette 14eme édition. Les nombreuses averses tombées en journée ont en effet rendu le terrain impraticable et dés le deuxième soir, les spectateurs avaient abandonné leurs chaussures pour s’adonner aux joies des innombrables batailles de boue et glissades en tout genres.
Le festival, devenu un peu itinérant depuis quelques années faute de trouver un espace pouvant accueillir un public toujours plus nombreux (50000 cette année), se déroulait à Pauillac sur une ancienne friche industrielle abandonnée depuis 1944 et très proche du centre ville. C’est pas moins d’une quarantaine de groupes qui ce sont succédés sur 3 scènes et pour la première fois pendant 3 soirs.
L’ensemble de la programmation a été à peu près respectée si ce n’est l’annulation de Ki-mani Marley et Buru Banton et le rajout de Aswad.
Les programmateurs ont su agilement jongler entre les têtes d’affiches incontournables comme Toots and the Maytals, LKJ, The Heptones, Stephen Marley, Luciano, Patrice, Dub Inc, Ragggasonic, et les plus petites formations comme la chanteuse Hollie Cook, fille du batteur des Sex Pistols qui apporte une réelle nouveauté dans le paysage reggae de par sa voix vraiment atypique dans ce style. On a pu également se délecter du set d’Harrison (Professor) Stafford, chanteur de Groundation, venant cette année avec, dans ses valises, un album solo plus personnel. A noter également la présence comme il y a 5 ans du duo Winston MacAnuff et Camille Bazbaz, inclassable, dans un registre très rock et cela a fait du bien à ceux qui ne sont pas habitués à écouter du reggae de manière aussi prolongée. Une cuvée de vin a d’ailleurs était éditée spécialement pour l’occasion et fêter ainsi les 25 ans de carrière en France de Winston.
La programmation exclusivement orientée reggae cette année, alors que l’on avait pu écouter lors des éditions passées des groupes comme Le Peuple de L’Herbe, Massilia Sound System, Keny Arkana, High tone, ou Babylon Circus, fait se poser la question suivante : le vivier des groupes de reggae en France et dans le monde (les bons) permettra-il d’assurer le renouvellement des artistes du plus gros rassemblement reggae en France durant 3 jours et se déroulant chaque année, sans tomber dans une certaine impression de déjà vu ?
Texte : Maxime Ardilouze
Photos : Pierre Wetzel et Maxime Ardilouze



























