Coxinhell Studio

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Scènes

Zoofest

Frères Rivaux - Photo : Toma Iczkovits
Montréal (Québec), du 9 au 31 juillet 2011
Nouveau festival montréalais bilingue, le Zoofest est une sorte de « off » Festival Juste pour Rire. Mais, loin de se contenter de l’humour comme son grand frère, il est avant tout multidisciplinaire : les nouveaux talents du rire côtoient ceux du théâtre, du conte, de l’improvisation… et de la musique. Petite exploration de trois spectacles musicaux originaux et pas barrés.


Les Gerry’s,  c’est sept gars (des chanteurs-comédiens) qui revisitent le répertoire du grand Gerry Boulet, chanteur québécois des années 1980-1990 d’abord connu au sein du célèbre groupe Offenbach. Mais plutôt que de simplement réinterpréter ses grands succès (comme « Toujours vivant », « Un beau grand bateau », « Les yeux du cœur », que la plupart des Québécois connaissent par cœur), le jeune septuor a choisi de les refaire a capella, en mode « barbershop », ce style qui a par la suite influencé le doo-wop. Outre quelques moments accompagnés d’un piano, Les Gerry’s ont donc offert une surprenante performance exclusivement vocale, avec quelques explications et mises en contexte, imitant l’accent du chanteur et ses intonations, faisant des clins d’œil à son univers, usant des clichés qui lui sont associés (dont maints jurons!)… Un show qui a suscité à la fois le rire (ils sont conscients du ridicule de la démarche) et l’admiration (étonnamment, le résultat est vraiment efficace !). Avant de céder la place aux Marjo’s, leur équivalent féminin qui… eh oui… font de même avec le répertoire de la chanteuse-rockeuse Marjo. Tout cela, au Café Cléopâtre, un cabaret de danseuses nues.

En allant voir Clotaire Rapaille : Opéra rock, dur d’imaginer exactement à quoi s’attendre. On savait que le projet était un délire futuriste basé sur le psychanalyste français du même nom, embauché en 2010 par la Ville de Québec pour trouver son identité culturelle propre. Le tout, avec des musiques signées Navet Confit, un talentueux OVNI de la scène musicale montréalaise, et interprétées en collaboration avec Vincent Blain (L’Indice), Mathieu Vézio (batteur de Mille Monarques et Étienne Rocheleau (bassiste de l’Indice et des Shrimps) ; tous les trois habitués à jouer ensemble notamment au sein du projet rock indé Feathership. Au final, c’était une comédie musicale très absurde, guidée par les compositions de Navet, qui s’est en effet amusé à explorer le rock, mais sous plusieurs déclinaisons (rétro-futuriste, punk, garage, voire métal), toujours de manière très autodérisoire. Le tout, en français, chanté par d’innombrables comédiens (il y avait au total 11 artistes compactés sur la très petite scène de l’Underworld), entrecoupé de parodies d’émission de radio, de monologues et de gags sur la rivalité Montréal / Québec. Une expérience étrange, mais unique !

Les Frères Rivaux (Damien Robitaille et Sunny Duval sont aussi allés dans l’autodérision. Deux voix, deux guitares, deux harmonicas et deux personnages hauts en couleur (Michel et Pierre Rival, fils de Marie-Micheline-Pierrette Rival), c’était tout ce qu’il leur fallait pour entraîner le public dans un univers délirant où presque tout est permis, y compris le passage de la chanson au rock’n’roll, au folk, au country et même au yodle. Pastiches, chansons de répertoire détournées, traduites ou écourtées, nous étions loin de nous douter que les Frères avaient autant de pièces à livrer (nous les avions déjà vus en concert surprise au Festival de musique émergente). Un spectacle en équilibre entre le rire et le malaise (ou « Le Mélèze mal à l’aise »). Sans doute aussi une bonne bouffée d’air frais pour les deux chanteurs qui, dans leur « première vie »  artistique, connaissent un bon succès avec leurs compositions d’un style bien différent.

Zoofest le site : www.zoofest.com

Texte : Marie-Hélène Mello
Photos : Claudia Dumontier, Toma Iczkovits


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