La rue des artistes

Le Mans Cité Chanson 2011

Moongai - Photo : Alain Dodeler
Le Mans (72), du 11 au 26 mars 2011
Le Mans , jolie ville à une heure de Paris en TGV est surtout connue pour ses 24 h auto et ses rillettes, mais elle prend aussi une place importante pour les musiques : L’automne est plutôt rock , l’hiver chanson et le printemps jazz. L’été étant essentiellement historique et sons et lumières.

Le Mans à l’année

Janvier ouvre les festivités par les «  Scènes en effervescence, et le Mans la ville chante » ; février est le début officiel des tremplins. Déjà la 17ème édition pour « La Scène Francophone et Interprète » et la 5ème pour « Slam  ». Nouveauté cette année : une première édition de « Spoken Word » et d’«  Electric cité ». Le premier trimestre 2011 aura donc vu se dérouler les qualifications conduisant aux finales fin mars, et ce dans différentes villes en France, Belgique et Suisse.

Tous les samedis et dimanche du mois de mars, la « Caravane Silver Palace », organise des concerts 4 fois 20 minutes, dans une somptueuse caravane-salle de concert pour 20 personnes ! Un euro symbolique la place. Le public aura pu découvrir ainsi, Sarah Bessie, Ana, Alone with King kong, Jade Weyah, Ekho, Thom et Cadelucia.

Finales

Le 18 mars, D-Day remportait la finale « Electric cité » devant Birdy Hunt et The Surgeries. Le lendemain, Amadeus se classait premier devant Camille Case et Nicholl pour le tremplin « Slam » et Camille Case emportait la finale « Spoken Word ».

Des concerts d’anciens lauréats ou d’artistes connus ont enchanté également les oreilles pendant cette période et ce dans une quinzaine de villes associées… William Sheller, seul au piano par exemple ou Jeanne Plante et Katrin’ Waldteufel, lauréates 2010 qui la veille de la grande finale firent le bonheur des mélomanes dans le magnifique écrin qu’est le Théâtre de la Halle au Blé.

Dimanche 27 mars, les grandes finales « Francophone » et « Interprètes » au Palais des Congrès. Plus de 1000 personnes viennent pour découvrir et soutenir les talents de demain. Un jury de 40 professionnels vient spécialement pour l’occasion, cette année Sapho en était une membre prestigieuse. Le matin, une « leçon de jury » explique le fonctionnement du concours ; c’est sérieux comme moment tout de même ! En plus d’un chèque, les lauréats gagnent aussi des soirées concerts ou des émissions radiophoniques sur France Bleue. Et, bien entendu, le CV qui mentionne cette réussite à côté de prédécesseurs maintenant célèbres (Sanseverino, Jeanne Cherhal, Imbert-Imbert, Syrano pour ne citer que ceux-là.)

14 h 30, Pierre Michel Robineau l’homme orchestre de cet événement, entre en scène. Il est dans son élément et c’est avec un plaisir palpable qu’il clôt cette année de travail avec toute son équipe : les nombreux bénévoles de l’association, les professionnels du service de la culture et les techniciens des lieux où se produisent les artistes. Là comme ailleurs, la « Culture » serait bien pauvre si elle devait se contenter des circuits et des moyens officiels pour exister…

Les participants au tremplin « Francophone » ont 3 chansons pour convaincre, les « Interprètes » une seule. Tibidi, trois filles venues de Belgique, chantent à capella dans la veine rétro. Les Sœurs Moustaches, sont trois également, habillées un peu comme des coccinelles, elles sont accompagnées de quatre musiciens (violon-violoncelle, contrebasse, guitare et batterie). Musique festive, il y est question de moments dans les bistrots, du turbin, de ces choses simples de la vie qui en font les joies et les peines.

Pierre Durand, s’attaque à « Quand on a que l’Amour » sans y apporter  quoi que ce soit. Jean Françoize : deux garçons, deux filles, basse, guitare, boite à rythmes, percus, enfants d’Au Bonheur des Dames, deux chansons drôles qui en encadrent un titre parlant des poilus à Verdun ! Un univers déjanté grinçant et faussement fun. Jeune, mais à surveiller ! Sandrine Cabadi, seule au piano, réinterprète « Vesoul » avec une touche d’originalité et une belle personnalité.

Askehoug, trio jazz-rock autour d’une forte personnalité à la voix grave entre Bashung et Arthur H. Une chanson au piano (qu’il maîtrise parfaitement bien), avec un petit côté Christophe époque « Beau Bizarre », puis debout, bondissant sur scène, micro à la main il apprend au public à prononcer son nom dans un délire textuel, avant de finir à nouveau au piano accompagné à la contrebasse et à la batterie.

Jérémy Ganier, s’attaque à Renaud dans « Marche à l’ombre ». Potache. Alors que Tony Menager dans une belle mise en scène transformiste revisite « Mademoiselle » de Zaza Fournier. Impressionnant. Moins mémorables : Pauline Bailleul qui fait dans la veine Dietrich / cabaret et le jeune Antoine Boussard

Marion Rouxin, accompagnée d’un batteur, d’un clavier et d’un guitariste, propose une mise en scène très travaillée, ce qui valorise ses chansons. Moongaï, groupe nantais d’électro-pop, avec chanteuse à la Bjork, bassiste, batteur et clavier, offre un univers entre merveilleux et guerrier. On attend avec impatience des nouvelles discographiques !

Prix

Le jury ne sera pas très long à délibérer et c’est Askehoug qui sortira grand gagnant de cette édition 2011 avec 4 prix : le premier prix Sacem, le prix France Bleu, le prix des ACP et l’Autrement café et Angers !

Moongaï finira deuxième et Marion Rouxin troisième. Les Sœurs Moustaches arrivent quatrième, mais remportent le Prix du Public et Jean Françoize finit cinquième  et remporte le prix Fnac.

Dans la catégorie Interprètes , groupe c’est Tibidi qui gagne.
Et en individuel, c’est Sandrine Cabadi qui ajoute son nom à celui des lauréats, devant Pauline Bailleul et Tony Menager. Anaïs Briones emporte le prix Coup de Coeur.

L’édition 2011 ajoute donc un beau vainqueur au long palmarès des « futurs célèbres » qui le sont devenus. On est ravis pour Askehoug. Pour 2012 : musicien(ne)s à vos CD et maquettes, le mois de mars arrivera vite.

Site : www.lemanscitechanson.com

Texte et photos Alain Dodeler

 

 

 

 

 

 




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