
L’International (Paris), le 26 janvier 2011
Partis en tournée française pour une petite dizaine de dates communes, les Rennais de Montgomery et les Zurichois de Disco Doom ont franchi la flamme rouge de leur étape parisienne dans la chaleur et la promiscuité du bar concert du 11ème arrondissement. Le tour bus doit rapprocher les hommes comme les esprits car les Montgomery nous ont livré un set plus radical qu’à l’accoutumé, à l’image du noise rock de leurs amis helvétiques.
Ce sont les Anglo-américains de My Jerusalem qui ont investi les 10 mètres carrés de scène de l’International pour lancer les festivités. Pas simple d’y placer tout leur petit monde sachant qu’ils étaient au moins six, dont une petite section cuivre (trombone, trompette). L’étroitesse de l’espace contrastait symboliquement avec leur rock à tendance orchestral, mené par un loup garou à la voix de crooner. Le groupe signé chez One Little Indian (Bjork, Emiliana Torrini) a interprété de longs morceaux accrocheurs, mais pas trop faciles. Des titres que l’on aurait bien voulu entendre dans une plus grande salle, tant pour leur présence scénique que sonore. C’était la dernière date de leur tournée.
Avec des sets généralement de 40 minutes et des changements de scène gérés en 15 mns (la balance se fait en 5 mns chrono et s’affine généralement sur les premiers morceaux), les Disco Doom n’ont pas traîné à brancher les amplis. Après une première salve bruitiste du guitariste, les deux autres membres (basse, batterie) se sont mis à battre une mesure toute aussi outrancière. Ceux que l’on nomme les « Sonic Youth suisses » de l’autre côté des Alpes sont partis pied au plancher sur un set noise rock, qui ne connaissait de répit que lors des quelques envolées post-rock et des morceaux plus power-rock plus clairs et plus abordables.
La capacité de la salle (150 personnes) a rapidement connu ses limites quand les Montgomery sont arrivés, tout aussi serrés sur scène que leurs comparses anglo-saxons. Est-ce le fait d’avoir joué après les Disco Doom qui a influencé leur jeu en tout cas, c’était beaucoup plus bruitiste qu’à l’accoutumé et leur « Stromboli » (nom de leur dernier album) laissait s’échapper une lave rock incandescente, ce qui a plutôt eu l’air de plaire à la salle.
La soirée était organisée par les Boutiques sonores et on vous engage à regarder le reste de leur programmation plutôt fournie sur la capitale.
Texte : Damien Baumal
Photos : Marylène Eytier













