Rendez-vous à l’Elysée !

Dolly, l’un des groupes français les plus populaires de la fin des années 90, se sépare en 2005, suite à la mort tragique du bassiste Mickaël Chamberlain. Pour Manu, la chanteuse, et pour le reste du groupe, il n’a jamais été question de continuer sans lui.

Durant une longue période de deuil, Manu trouve, avec le soutien de Nicolas Bonnière, le guitariste de Dolly, la force d’écrire, dans la douleur, de nouvelles chansons très intimistes. Nirox à la batterie et Ben à la basse complètent le combo. En 2008, l’album « Rendez-vous » vient rassurer les fans. 10 000 exemplaires sont écoulés en indépendance totale. Au fil des dates, le chagrin laisse peu à peu la place à une énergie totalement retrouvée.

Pour conclure la tournée, un concert est organisé à l’Elysée-Montmartre à Paris. L’occasion pour Manu de réaliser ce qui n’avait jamais pu être fait avec Dolly : un live. Mieux un DVD live. Ce alors qu’elle n’a fait qu’un seul album solo, et qu’elle ne joue pas sur scène les anciens succès de Dolly. Explications avec Manu, chanteuse accomplie et désormais responsable de son propre label…

Pourquoi déjà un DVD live avec juste un premier album solo ?

« J’ai profité de l’opportunité qui m’était offerte par Planet Live et Tekini. Je n’avais jamais fait de live avec Dolly. Là, on m’a proposé de capter cette date, il n’y avait qu’une chance pour que cela marche. Et le résultat a été magique car le public avait fait des surprises, on était content, c’était la dernière date. Au vu du résultat, on a pensé que cela pourrait faire un bel objet, en rajoutant le CD audio, mais aussi le making of de l’album que nous ne savions pas trop comment présenter. L’ensemble fait un joli coffret. »

Le DVD débute avec des images backstage. On sent une volonté de proximité, de montrer l’arrière-cuisine…

« C’est ce que j’aime dans les DVD, je suis très friande de cela. J’adore les making-of, j’aime voir comment les choses se fabriquent. Le fait de prendre les coulisses, de filmer en intégralité, même entre les rappels, c’est intéressant. Moi, j’aime bien voir ce qui se passe avant de rentrer sur scène. »

Là il y a un peu de stress quand même ?

« C’est tendu oui, j’ai toujours le trac. »

Le lieu joue aussi. L’Elysée Montmartre reste la plus belle salle rock de Paris ?

« J’adore cette salle, cela faisait une pression supplémentaire. Avec Dolly, nous l’avions faite deux fois, et nous avions fait une résidence là-bas. J’étais un peu en terrain connu. A l’époque, notre tourneur était Garance, la salle lui appartenait. Mais moi, ce n’est pas tant la salle qui m’impressionne que le contexte. Alors il y a Paris bien sûr, mais aussi surtout les salles de la ville natale de chacun d’entre nous. Moi, c’est Nantes, et à chaque fois je joue à l’Olympic, c’est une angoisse supplémentaire. »

Le public joue un grand rôle ?

« Il a été mon moteur pendant les années difficiles, pour revenir et retrouver les sensations et les émotions que j’avais eues avant. Beaucoup de gens sont restés en contact par Internet, m’ont apporté leur soutien. »

Ce public, c’est surtout Dolly qui vous a permis de le constituer. Ou pensez vous que le nouvel album l’a renouvelé ?

« Il y a les deux, des gens qui nous suivaient Nico et moi depuis Dolly, mais aussi beaucoup de nouveaux, des personnes qui découvrent le répertoire de Dolly avec cet album « Rendez-vous », ce disque de Manu un peu plus grand-public… »

Pourtant, vous ne jouez plus les titres de Dolly ?

« Je n’en fais qu’un seul, un morceau très caché, « Le ciel nous donne » que j’avais envie que les gens connaissent. Il était en ghost sur l’album « Plein-Air » avant le premier morceau. Mais je ne reprends pas du Dolly. C’est autre histoire… Peut-être que cela viendra un jour, mais cet album, c’était un projet très intime, très personnel. Donc je ne me voyais pas rejouer « Je ne veux pas rester sage » par rapport au contenu de « Rendez-vous », qui représente deux années de ma vie, avec de bonnes choses et de moins bonnes. Je n’avais pas envie de faire penser aux gens que je me servais du répertoire de Dolly pour repartir. »

Les concerts c’est différent. Souvent les artistes jouent leurs anciens succès, même issus de groupes disparus…

« Moi, j’ai envie de faire mes nouveaux succès, pas les anciens. Durant la tournée, parfois, les gens commencent à chanter « Je ne veux pas rester sage », nous jouons alors avec eux, mais il faut que cela vienne du public. Je pense que nous reprendrons certains vieux morceaux, pour faire plaisir, mais en les retravaillant avec notre son actuel. Mais « Je ne veux pas rester sage », à part le clin d’œil à Dolly, c’est un texte qui, pour moi, a moins de sens qu’avant. Je préférerais intégrer mes morceaux préférés de Dolly, j’y pense pour la prochaine tournée, j’ai une petite liste à faire travailler aux garçons. »

Ce DVD, c’est la fin d’une aventure, la dernière date de la tournée…

« C’est pour tourner la page de cet album mais l’aventure continue. Je garde la même équipe. Nous avons commencé à faire le tri dans ce que nous avions de côté. J’ai envie d’un travail à quatre. »

Sur le DVD, il y a des morceaux, comme par exemple « Ne me demande rien », qui ne figurent sur aucun album ?

« Ceux sont les morceaux que nous n’avons pas mis sur le disque, justement des morceaux que nous avions travaillés à quatre. »

Tu as reconstitué un vrai groupe, comme avec Dolly ?

« Faire la musique toute seule, cela ne m’amuse pas, il faut un partage, mais cela restera toujours un projet solo dans les sens où il s’agit de mes textes. J’avais justement du mal à les imposer avec Dolly, du fait de ce fonctionnement de groupe. J’ai souvent été amené à changer un mot, une phrase car cela ne leur plaisait pas. Maintenant, je ne veux plus de ça, je veux garder le dernier mot. »

L’avenir pour vous ?

« Nous allons présenter ce DVD dans des villes où nous n’avons pas encore joué et en parallèle, on va préparer le prochain album pour une sortie avant la fin 2011. Et une nouvelle tournée, avec, j’espère, de gros festivals. Nous sommes open. Nous avons un nouveau tourneur, Périscope, et on veut jouer ! »

Manu « Rendez-vous à l’Elysée Montmartre »

Tekini records

http://www.manu-friends.com

Patrick Auffret


Publié le