La rue des artistes

Katerine


Le 106 (Rouen), le mercredi 15 décembre 2010
L’écoute du dernier album de Katerine avait de quoi laisser septique, et l’on pouvait à juste titre se demander à quoi allait bien pouvoir ressembler le nouveau spectacle du Vendéen. Eh bien, il est à l’image du disque : farfelu, provocateur, théâtral et décalé.

Le show, très visuel, ne laisse que peu de place à l’improvisation. Il est entièrement renouvelé, et n’a plus rien à voir avec celui, excessivement glam, de la tournée « Robot après tout ». Pour cause : il est entièrement conçu avec les nouveaux titres, les tubes et quelques autres vieux titres sont tous relégués en deuxième partie de concert, lors de rappels forcément triomphants.

Le dernier album de Katerine comprend 24 chansons ou virgules musicales. La réplique sur scène est conceptualisée dans l’ordre exact du disque, et presque tous les morceaux sont joués.

Sur l’air de « Bla bla bla », Grégori Czerkinsky est le premier à prendre position derrière les fûts d’une batterie positionnée plein centre et montée sur un praticable. Voilà le bassiste Sébastien Moreau, le guitariste Philippe Eveno, pied nu et short en jean, et enfin Philippe Katerine, casquette sur la tête, tenue de sport beaufisante sur le dos. Il est accompagné par deux jolies Katerinettes très en forme, short sur les fesses et sweat capuche sur le dos. Sportives quoi.

Tout cela pour dire que l’on entre très facilement dans le nouvel univers de Katerine. Micro bien en main, l’air à moitié hébété, voire éberlué, il peut jouer une très aristo « Reine d’Angleterre », se faire acclamer, et l’instant d’après réclamer « Des bisous » en se lovant dans les bras de ses danseuses avant scander « Liberté, mon cul » !

Lorsque les premiers accords de « La banane » résonnent, quelques fruits trop mûrs arrivent sur scène. Le rituel semble déjà bien en place, et on l’imagine, sourire en coin, les dégâts que cela va causer lorsqu’ils seront plusieurs milliers lancer cette fameuse banane en direction du beau Philippe qui, pour l’occasion, s’est débarrassé de son pantalon et bientôt de son sweat. Le voilà torse nu, affublé d’un bas de pyjama rouge mâtinée d’étoiles blanches ! Sans doute fait-il encore trop chaud, car il enlève le bas pour mettre en évidence un short en jean moulant les deux côtés ! Cela tombe bien, c’est heure de « J’aime tes fesses », mais sans Jeanne Balibar… (il est maintenant avec Julie Depardieu !). Pour « Té-lé-phone », un portable gonflable géant fait son apparition. Le show est de plus en plus débridé, jusqu’au « Champ de blé » final qui clôture l’album, comme la première partie du spectacle.

Philippe Katerine n’a pas le temps de se rhabiller qu’il est déjà de retour, bière à la main. Et en rajoute dans la provocation puisque l’alcool est interdit au « 106 » www.le106.com ! Il cite Fabius, mais les sifflets s’adressent à … Marine Le Pen ! Lui en rajoute dans les mimiques, prend la pose d’une manière outrancière, se saisi au passage d’une guitare pour jouer les guitar-héros. Il est vraiment « 100% VIP », en profite pour escalader un escabeau, montre sa lune puis redescend et fait mine de baisser son short de face sans oser (ou simplement vouloir) passer à l’acte. Glamour comme un allemand en short sur la Costa-Brava, Katerine s’en tape son (gros) bidon qui, transformé en tam-tam, il va vite devenir rouge turgescent !

« Louxor j’adore » clôture avec brio ce qui devrait s’affirmer dans les mois à venir comme la fiesta de l’année, 100% française, et 100 % provocatrice. A ce rythme-là, sûr que Katerine finira à poil avant l’été !

Texte et photos : Patrick Auffret

Le site : www.katerine.artistes.universalmusic.fr




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