La rue des artistes

Les Yeux d’la Tête


Paris, le 29 septembre 2010
Une tournée pour la rentrée, c’est idéal lorsqu’on veut reprendre en beauté ! Il est cependant à noter que ces musiciens ne se seront pas beaucoup arrêtés : ils ont déjà fait danser les Trois Baudets au mois de juin, escale parisienne après quinze prestations en Allemagne et avant leur participation aux Francofolies de la Rochelle. Préparant actuellement un nouvel album, ils auront ce soir présenté les chansons de « Danser sur les toits » et quelques autres inédites et très prometteuses quant au prochain opus.

En première partie, Joseph Edgar a ouvert une soirée musicale aux tons colorés. L’Acadien se promène entre une atmosphère lourde avec un son rock puissant et un rythme binaire enjoué, classique de la chanson française. L’humour est déjà bien présent et le public aussi : sur invitation des musiciens, il participe allègrement tant à l’exercice de vocalises qu’à rythmer les morceaux en « clappant dans les mains ». La salle est alors préparée à recevoir Les Yeux d’la Tête, très attendus (ce que comprendra quiconque a déjà assisté à l’un de leurs concerts !).

Le sextuor est habitué à la scène, fait qui se perçoit dès leur arrivée. Ils commencent par interprêter la chanson éponyme de leur album et le succès ne se fait pas attendre l’ombre d’un instant. Chacun a un style bien travaillé et tous les personnages sont aussi sympathiques que déjantés ! Benoit Savard et Guillaume Jousselin, tous deux à la guitare et au chant, occupent le devant de la scène avec l’accordéoniste Antoine Alliese et le saxophoniste Eddy Lopez tandis que le batteur Pierre Chatel et le contrebassiste Gaël Petrina trouvent leurs places sur les côtés arrières. L’espace scénique est donc d’emblée bien occupé et le sera toujours davantage au fil de la soirée. L’énergie qu’ils déploient pour chacun de leurs morceaux fait virevolter tous les spectateurs, depuis les fans de la première heure à ceux les plus enclins à rester sur leurs fauteuils. Drôles de charmeurs, ils savent développer l’art et la manière de s’entretenir avec le public. Les chansons s’y prêtent au mieux : les textes sont empreints d’un humour certain et réfléchi sur des mélodies aux allures de jazz manouche, punk ou même hip-hop, toujours pour faire de leurs airs des explosions musicales. Et s’ils sont survoltés, ils sont également précis et talentueux, de sorte que la musique ne devient jamais un prétexte à jouer et reste intègre et cohérente. La première surprise de la soirée est l’invitation du Quatu’or Laloi, auquel Eddy Lopez participe. La présence de ces quatre saxophones (soprano, alto, ténor et baryton) relève encore l’ambiance festive. Après un excellent morceau de leur composition, le quatuor s’est prêté au jeu, restant sur scène pour interprêter les chansons du groupe. Le renforcement des cuivres a accéléré l’envol de la musique avant de laisser la place à d’autres invités. Non moins réjouissants, des membres de la « fanfar’d'core » Kasos sont venus agrandir l’horizon du sextuor grâce à l’intervention de cuivres supplémentaires mais aussi d’un violon et d’une clarinette, instruments d’ordinaire absents des compositions du groupe. Pour terminer un concert si bien réussi, il fallait faire du final un feu d’artifice. Le public endiablié des Trois Baudets n’a cessé de danser comme il se doit et de répondre aux musiciens, en canon ou en chanson. La réception de la musique fut telle qu’elle se doubla d’une fête dansante lorsque toutes et tous ont été invités à grimper sur la scène pour s’adonner tout-à-fait aux mouvements qui découlent des morceaux entrainants et réjouissants des Yeux d’la Tête. « On aime chanter la fête et la folie » : on adore aussi !

Mélodie Oxalia

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