
Luxey (40), du 13 au 15 août 2010
Il est des festivals auxquels on ne prête même plus attention à la programmation tant il est de toutes les manières agréable de s’y rendre. Le festival Musicalarue situé à Luxey, petit village typique des Landes, en fait partie. Pendant trois jours, les 700 habitants accueillent chaleureusement plusieurs dizaines de milliers de personnes. Et tout le monde s’y met ! La grand-mère fait la cuisine, papi est aux merguez, le petit-fils à la gestion des parkings et papa à la buvette ! La place du village aux platanes centenaires devient un épicentre à la transhumance circulaire qui va déverser sur les multiples scènes disséminées aux alentours un public extrêmement diversifié venu se délecter des 74 groupes et 13 compagnies de théâtres, de 16h30 à 6h30 du matin ! La configuration du site, assez exceptionnelle, permet à tout le monde de s’y retrouver (grande scène, théâtres de verdure, bodega, bistrot de village…).
Premier soir, le marathon débute par un Didier Super assez rassembleur et presque devenu une attraction familiale. Le spectacle peut enfin commencer pour les amateurs de musique lorsque le Buena Vista Social Club feat. Omara Portuondo monte sur la grande scène. La sauce prend immédiatement et le public aux yeux émerveillés et déjà très brillants ne s’en lassera pas. Prestation étonnante que celle des Fils de Teuhpu dans « Les Fils de Buster », musique live sur une projection de Buster Keaton. Dans le même temps, Mouss et Hakim triomphaient avec un best of de leur vingt ans de carrière assez efficace. Le tout ponctué entre les concerts du show de nos chers punks de Fatty Shorty aux arrivées fracassantes à bord de leur vieille moto BMW. 3H30 : dernier gros concert sur la scène Saint Roch avec Es Lo Que Hay, beaux poulets de Saint Sever, élevés à coup de Manu Chao.
Samedi soir, décollage en douceur avec un Tcheky Karyo en gendre idéal qui a séduit à coup sûr les nombreuses mères de familles présentes. Wally, habitué des lieux, a permis aux plus fatigués de s’asseoir et de se délecter d’une prestation hilarante dans la grande tradition des chansonniers à l’humour grinçant. Olivia Ruiz, accompagnée sur son tube par The Hyenes, a enflammé sans surprise la Grande scène. Pour Hocus Pocus ce fut un show parfait, ne faisant résonner que de bons échos. Enfin, les Lillois de HK et les Saltimbanques accompagneront sous une très grosse averse des festivaliers toujours increvables.
Suite et fin du parcours dimanche. Ce dernier aura permis la découverte des Crane Angels, chorale pop enchantée, véritable extraterrestre au sein de la programmation 2010, réussissant à transporter l’espace d’une heure des fans de pop mais aussi de nombreux novices dans la charmante nef de l’église. Mais l’essentiel des festivaliers étaient à cette heure-ci devant Pierre Perret pour un tour de chant qui n’a pu laissé personne insensible, du mauvais joueur de djembe aux plus irréductibles fans. Insensible il était également impossible de l’être au pied la grande scène pour une soirée cent pour centtttt provençale (Papet J, OaiStar, Moussu T e lei Jovents, Massilia Sound System). Dj Stanbul, George Sound et La Replik se sont fait remettre les clefs du festival pour clôturer ces trois nuits à l’espace Pin, lieu incontournable pour les couche (très) tard et les amateurs de musique festive. Le jour vient de se lever et les dernières notes d’ »Espoirs déçus », reprise des Camera Silens, retentissent dans le village qui va pouvoir retrouver son calme… jusqu’à l’année prochaine.
Maxime Ardilouze
Photos : Pierre Wetzel
Le site : www.musicalarue.com






















