Scènes

Paléo


Nyon (Suisse), du 20 au 25 juillet 2010
La 35ème édition a de quoi faire rêver pas mal de festivals : 230 000 spectateurs en 6 jours. Concerts, installations artistiques et architecturales, spectacles de rue déambulants et des stands de bouffe à perte de vue… l’histoire ne dit pas combien de tonnes nourriture et de milliers de litres de bières ont été vendus, mais ça doit être impressionnant puisque les bancs installés un peu partout pour que les spectateurs mangent ne désemplissent jamais de 16 h à 3 h du mat !!!

Nous avons choisi de nous focaliser essentiellement sur la scène suisse et la relève franco, mais étaient présents également à ce Paléo des légendes comme Iggy and the Stooges, Motörhead, NTM, Crosby, Stills & Nash, Hughes Aufray, Jacques Dutronc, John Butler Trio… L’Afrique australe a irradié le « Village du Monde » avec un aperçu d’une région aux cultures multiples. De son côté, le camping a accueilli 10 000 personnes !

Petit tour de piste…

GUSH : clavier, batterie et deux deux manches pour un rock popysant très énergique. Le quatuor, assez jeune, au look seventies oscille entre Electric Light Orchestra et Elton John les doigts dans la prise.

LE PEUPLE DE L’HERBE : soulève l’enthousiasme du public. La dance-trance est dans la place. Dub cuivré et jazzy, ragga-rock electro déjanté, la tension monte vite.

SAEZ : toujours adulé ou détesté sans demi-mesure. Faut être gonflé quand même pour démarrer un show rock a capella avec une longue complainte ! Mais ce Damien-là n’en est pas à une gageure près ! Ecorché vif, révolté, il crache sa haine et ses bribes d’amour sans aucune concession.

CARROUSEL : quatuor suisse chanson-rock tournant autour d’un couple chanteur ; lui s’approche vocalement de Gaëtan Roussel, elle de Babet (Dionysos). Le chant est franco. Souvent pop, festif parfois, le groupe se cherche un peu et mérite maturation.

MARK BERUBE : from Montréal, en anglais (et en casquette) au piano pour des mélodies entre pop classique et rock. Belle voix qui surfe sur de bonnes mélodies.

STEVANS : de la brit-pop made in Suisse. D’inspiration Oasis, look compris, le trio se la joue un peu trop rock star, mais tient la route.

RECTANGLE : quintette énervé qui rocke dans tous les sens. Carré, efficace, pointu, bien que déjà vu dans les seventies.

ASAF AVIDAN & THE MOJOS : sans l’image on s’attend à voir Janis Joplin ou Tina Turner. Ca couine rock, ça déraille, ça hurle. Quand l’image apparaît, on tombe à la renverse : c’est un mec. Et gringalet punk qui plus est !

BENJAMIN BIOLAY : inévitablement l’évocation Gainsbourg vient à l’esprit. Pour le côté dandy, pour la barbe négligée, mais surtout pour les mélodies et la façon de traîner sur les mots. En ce qui concerne la pseudo-nonchalence qui baigne l’ensemble en joue-t-il ou est-ce un hasard ? A chacun sa réponse !

MY HEART BELONGS TO CECILIA WINTER : la claque du festival ! Trio suisse au look original (paillettes rock) et au chanteur charismatique, sorte de Rufus Wainwright ou Brian Molko avec le physique d’Adrien Brody. Les compos en anglais accrochent facilement. La bassiste supplée au chant, allant souvent jusqu’au duo. C’est pop-rock et imparable. A suivre de près !

HEMLOCK SMITH : quintette suisse ayant la trente-quarantaine (look à la Madness verion 2010) lorgnant vers la musique folk irlandaise, voire californienne avec un côté roots pas inintéressant. Mais ça reste trop coincé, strict sur scène, académique.

LAURE PERRET : piano, guitare ou banjo aux sonorités Suzanne Vega. Jolie mais peu souriante, la brunette propose un set folcky un peu linéaire.

ALOAN : groupe rock avec DJ et une chanteuse blues-saoul habitée (à l’organe proche de Catherine Ringer), un chanteur hip-hop surexcité (au look Babx) qui déclare : « Hey Paleo, on est super content d’être là. A 12 ans j’étais devant cette même scène pour les Bee Gees ou un truc comme ça, alors t’imagines ! ». L’hybride mix est assez original.

HOCUS POCUS : chaude ambiance installée par le band bien sûr, mais surtout par le leader, charismatique et souriant qui proclame d’emblée : « J’voudrais ressentir une putain d’vibe le soir ». Show calibré au millimètre près ; on est étonné d’y trouver de la spontanéité et de la fraîcheur. Le public est en délire, la qualité ne trompe pas.

MY KUNGFU : encore un quintette suisse. Celui-ci est folck-post-rock anglo. Morceaux atmosphériques ou barrés, tout est possible.

FILEWILE : l’autre révélation : quatre Suisses bien allumés, deux aux machines, un à la basse et une chanteuse qui bidouille aussi. Voix trafiquées, travail, sur les onomatopées, samples en direct. Joyeux bordel vraiment original qui met le feu !

CHAPELIER FOU ou la rencontre de l’artisanal et de l’électro. Seul devant son ordi, ses machines et ses claviers, il prend guitare ou violon qu’il sample par-dessus les sons des machines injectant ainsi une pointe d’acoustique à son électro. Habité par sa création de superpositions sonores, il fait corps avec sa musique.

JEREMIE KISLING : que t’arrive-t-il ? Version grand orchestre avec cuivres et trois choristes, ça sent pas mal la variété à plein nez ! On t’aime vraiment mieux minimaliste ! D’ailleurs, tu le reconnais toi-même : « Je suis assez déçu, car je suis venu il y a 6 ans et vous connaissiez mes chansons par cœur. Là, j’ai l’impression que vous êtes tombés amoureux d’autres chanteurs suisses plus jeunes et plus chevelus ». Comme tu dis…

GIANT ROBOT : toute la panoplie yé-yé est de sortie, le son rock sixties, le chanteur à guitare qui s’époumone… le clavier délicieusement rétro, le batteur-acteur quasi toujours debout, jusqu’aux six danseuses juste là pour le décor avec leurs chorégraphie kitch à souhait. Mais là-dessus un son punchy eighties à la B’52 ! Ca se danse avec le sourire et ça fait passer un excellent moment. Bref, le groupe de fête par excellence.

FÉFÉ : cinq musiciens l’entourent et ils ont le groove. Ca chaloupe et ça chante dans le public ce qui n’est pas le cas pour…

…LES PLASTISCINES : à deux pas de là sur la Grande scène (mais d’ailleurs que font-elles sur ce stage ?) où le public reste de glace à leur rock pseudo-énervé sous un soleil pourtant éclatant.

Juste après, RENAN LUCE (plus petite scène) reprend « Laisse tomber les filles », mais il y a tellement de monde entassé qu’il est quasi impossible d’entrevoir un des deux écrans qui bordent la scène (erreur de programmation de scène ?).

HINDI ZAHRA : a beau être très hype en ce moment, ça sonne juste variété-jazzy des années 60 !

ALAIN SOUCHON : toujours émouvant d’entendre le public chanter en chœur. Mais quand en plus c’est «Foule sentimentale » devant un Souchon en pleine forme, c’est carrément la chair de poule…

INDOCHINE : devait chanter. Sûrement. En tout cas devant la scène, juste un bouillie sonore emplie de basses vibrantes sortait. Seuls les clips anti-militaristes et les mimiques de Nicola en grand écran (et en noir et blanc) faisaient le spectacle. Quand les tympans n’en peuvent plus, on fuit !

La prochaine édition du Festival se déroulera du 19 au 24 juillet 2011. Annonce du programme le mardi 5 avril, mise en vente des billets le 13 avril. A vos agendas et vos claviers !

Paléo : le site

Texte et photos Serge Beyer


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