
La Rochelle (17), du 13 au 17 juillet 2010
Une ambiance de fête générale, autant dans la rue que sur les différentes scènes ; grand soleil la journée et grand vent le soir, avec parfois une touche de pluie en matinée ; un cadre superbe, des terrasses remplies : bienvenue dans la folie de la Rochelle !
Les balances raisonnent dans toute la ville, un véritable village de tentes s’est installé tout autour du port où l’on trouve de tout, des spectacles de rue, déambulations, cracheurs de feu, acrobates, ont lieu un peu partout, et des groupes se produisent aux coins des rues dans une atmosphère bon enfant.
Dans la programmation, 130 concerts en tout sont répartis sur trois lieux principaux : le parking St Jean d’Acre au bord de l’eau qui se transforme pour quelques jours en mythique grande scène ayant accueilli les plus grands à commencer par le regretté Bashung ; la Coursive, lieu culturel de trois salles (Grand théâtre, théâtre Verdière et Salle bleue) au cœur de la ville ; le Gabut, de l’autre côté du port, surnommé « Not ze francos » pour sa programmation plus éclectique et majoritairement « in english ». Enfin, La scène de l’horloge, plus petite, permet de voir des concerts gratuits, et le Casino Barrière se transforme pour l’occasion en salle de musique.
En 5 jours nous avons essayé de passer un maximum de concerts en revue, sans compter l’« after show » à l’espace VIP avec Mathieu Chédid en guest star pour un bœuf jusqu’au petit matin, et un petit détour par le « OFF » avec les Ongles Noirs au bar la Calhutte sur la place de l’arbre magique (animé par Alex de La Teuf !). Bien sûr le plus dur aura été de faire des choix car il était impossible de tout voir !
Dans la catégorie des coups de cœur et des bonnes surprises on retiendra Dominique A proposant son rock brut, puissant et complexe, Hocus Pocus dans un set de toute beauté, à la fois subtil et efficace, Ariane Moffatt impressionnante d’énergie et de classe, ou encore Chapelier Fou véritable musicien dans un univers électro prenant.
Dans la catégorie « grosses têtes d’affiche » le bilan est assez mitigé, à l’image de Jacques Higelin en pleine forme complètement survolté et de Jacques Dutronc sympathique mais manquant d’originalité. Charlotte Gainsbourg était assez décevante quand Alain Souchon réussissait sa fête avec son complice de toujours Laurent Voulzy. Phoenix manquait de charisme et de piquant malgré son statut de star internationale, tandis que DJ Zébra enflammait la grande scène sans se soucier de l’heure avancée.
Pour la catégorie des concerts remarqués Eiffel nous rappelait une fois encore que le rock n’a pas à rougir d’être français, Arnaud Fleurent Didier était particulièrement convaincant dans son pop-rock de grande tenue, Kent rendait hommage à Johnny Cash, Nouvel R distillait un rap subtil sortant des sentiers battus et Vieux Farka Touré donnait une belle leçon en appelant à être davantage curieux.
Pour les amateurs de frissons nostalgiques, Malicorne, mythique groupe folk, s’est reformé le temps d’une soirée et Michel Rivard, le chanteur du groupe québécois Beau Dommage (star des seventies en France et mythe vivant au Québec) a proposé un show mêlant humour et émotion accompagné par son guitariste et son bassiste fétiches, tous deux excellents virtuoses.
Enfin, dans la catégorie des découvertes marquantes, Twin Twin et Yules emportent la palme, l’un avec le délire poussé à son paroxysme, l’autre avec des ballades délicatement rythmées et doucement entrainantes.
Avec 78 900 spectateurs, les Francofolies ont encore de beaux jours devant elles, malgré une légère baisse de fréquentation. Après ces intenses moments de fête, place au démontage afin de rendre à « la plage son caractère, naïf et sincère ».
Le site officiel : www.francofolies.fr
Lise Amiot
Photos Marylène Eytier : voir la galerie complète
