Lonah / Watine


Paris, le 10 juin 2010

Dans la petite salle de l’Espace B, la programmation donne à découvrir des artistes dans une ambiance intimiste grâce à la proximité de la scène. Ce fut à Watine de commencer la soirée. Entourée de ses trois musiciens poly-instrumentistes, elle a interprété d’anciennes chansons et présenté de nouveaux morceaux. Toujours bercée par l’électro, la musique a dévoilé d’étonnants et très beaux aspects acoustiques. Doucereuse, délicate, la chanteuse berce par des textes mélancoliques et profonds en s’accompagnant parfois elle-même au piano. Le violoncelle harmonise les mélodies, dont le rythme est marqué par la basse ou une batterie légère et sourde. Voyageuse, Watine en porte les marques : son style indien et un panier de petits instruments devant elle témoigne de ses inspirations. Une scie musicale, un bâton de pluie, un tambourin, sont autant d’effets musicaux ajoutés ponctuellement et dont les sonorités placées en un instant confortent le mélodieux cocon de coton. Les musiciens jouent également du piano, du xylophone ou du trombonne, toujours avec une grande délicatesse, en faisant tinter les sons comme des clochettes. Sa musique ouatée charme et enveloppe dans une atmosphère chaude et subtile sans jamais être fragile.

Lonah a élégamment pris la suite. Accompagnée par une guitare, un basse, un clavier et un batteur, elle s’est déchaussée dès son arrivée sur scène : adepte de la pédale enregistreuse, elle en joue pour seconder ses chants. Avec une voix claire et limpide, elle entame ses airs et peut ainsi les reprendre avec sa propre voix, perchée à deux hauteurs différentes. Le résultat est magnifique. D’un timbre haut placé, elle soulève les âmes et laisse aux excellents musiciens la possibilité d’envolées stridentes au rythmes endiablés. Elle chante et danse, elle vit la musique pour une invitation irrésistible à la partager. Le groupe est enthousiaste, sincèrement ravi et ce malgré une panne technique qui a néanmoins permis aux musiciens de se laisser aller pour de longues improvisations, piochant à loisir dans le jazz comme dans la pop, nouant le tout avec justesse et harmonie. Comme à la frontière de la réalité, la musique de Lonah embarque vers les extrêmes ; les arrangements vivaces conduisent aux limites sonores sans devenir bruyants et la voix s’élève jusqu’aux notes les plus aiguës. Ca plane ou ça s’envole, à la manière de ce qui pourrait être un détonant mélange de Pink Floyd avec Within Temptation. « L’électro-rock halluciné » suinte de paroxysmes musicaux retentissants qui ne sont jamais déplacés, jamais forcés, qui tiennent jusqu’à leur transpiration pour envoûter le public. Les morceaux sont en téléchargement gratuit sur leur site et sur scène, l’exaltation est de mise : n’hésitez pas, c’est bien un groupe hallucinant.

Watine : le myspace

Lonah : le site

Texte et photos Mélodie Oxalia




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