
Café de la Danse (Paris), le 10 mai 2010
Pour qui les a vécues, les années 80 resteront comme les années fric, strass et fluo. Au delà du tournant idéologique mondial, Véronique et Davina inauguraient la tranche matinale et moite d’une télé à 3 chaînes. Les premiers synthés lançaient leurs sons plastiques derrière Balavoine et Sardou. Ardisson revisitait le vulgaire en roue libre et Mitterrand planquait sa fille illégitime avec classe, c’est à dire discrètement et au frais du contribuable !
À l’ombre de cette sublime laideur, le rock français se tirait une balle dans la tête, le punk, premier du nom et la new-wave morbide chantaient, prémonitoire, la fin prochaine d’une époque dorée. Pour qui les a connues, les années 80, celles des Gainsbourg, Bashung, Couture, ont goûtés aux voix dorées à la blonde et à l’excès, après l’ère du Verseau, celle du Cancer !
Luc Vertige aurait pu en être s’il en avait décidé autrement, et son CV le prouve, il a dans sa branche pris racine. Que dire alors d’un homme qui n’a rien à montrer, quand il se prend de faire un disque ? Pour le plaisir et loin des nouvelles stars, chef d’œuvre du tout à l’égo, loin des plans de carrière, tout en postures et posters chic. Que dire de ce disque – « Contradictions amoureuses » – qu’il présente en show case au Café de la Danse ? Un ensemble parfait, un tour de force : ni nostalgique, ni revival, ni démon de midi, ni désuet, ni ringard. On aurait pu craindre Luc « Vestige », has been, les yeux chiasseux et le nez qui coule, ce fut le contraire, moment rare et inclassable, ça n’était que plaisir et joie… quelque chose encore plus incongru aujourd’hui. Que dire alors ? À part merci ? Merci donc !!
Texte et photo Yan Pradeau
Luc Vertige : le site

