“Shaker”
(Stand by Be / A.D.)

Ce quatrième album est né sur la route, entre Paris et Québec. Voilà peut-être pourquoi ces onze titres respirent l’errance. Celle de la guitare, d’abord. Electrique, elle plante des ambiances nébuleuses, parfois dissonantes et dissipées, colorant d’un son rugueux et bienvenu une base blues ou rock qui serait sans elle un peu trop sage. L’errance des textes, ensuite, portés par une poésie évidente. Le musicien écrit : “Les guirlandes du ciel marchent une fois sur deux / Le plâtre de la lune tombe sur mes cheveux / C’est pas moi qui suis vieux, c’est la nuit “, ou encore : “La terre a la forme d’un cri”. Sur ses textes ciselés et fluides, auréolés d’un désenchantement lunaire, il pose une voix monocorde et grave, qui n’est pas sans rappeler, parfois, celle d’un Daho. Le résultat est plus rock, brut est vénéneux que son précédent disque “Powête”, et c’est tant mieux. www.nicolasjules.com

Aena Léo


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