Scènes

Le Festin


Créon (33), du 20 au 24 avril 2010

Petit goût amer lors du bilan de ce 11ème Festin… Que le travail du programmateur est difficile ! Arriver à trouver le savant mélange entre découvertes et têtes d’affiches n’est pas une mince affaire. La séduction n’a pas fonctionné le vendredi soir et les concerts ont dû se dérouler devant un public clairsemé, ce qui est dommage. Les moins curieux ont donc raté une prestation des Marseillais de Narrow Terrence qui a scotché les irréductibles en les embarquant dans leur univers entre rock explosif et généreux, sensible, romantique et merveilleux. S’en est suivi un concert surréaliste de la Bikini Machine remonté plus que jamais comme devant une salle remplie à bloc.

Le samedi soir, les organisateurs ont retrouvé un peu le sourire et les festivités ont débuté devant une salle comble. André Minvielle accompagné à l’accordéon par le non moins connu Lionel Suarez ont déversé un jazz fin, technique ; et tels des enfants devant l’instituteur qui leur raconterait une histoire, le public a bu, durant près de 2h, les notes et les mots qui lui ont été proposés. C’est pour accompagner Mc Dude (slam / Bordeaux) que Minvielle reviendra faire une apparition un peu plus tard.

La découverte de la soirée aura incontestablement été le Quatuor Tafta (jazz manouche) qui est parvenu à véritablement toucher le public dans un style musical servi aujourd’hui un peu à toutes les sauces. L’artiste Elodie Robine qui porte le groupe insuffle une force et une justesse rares dans des interprétations de très haut niveau.

Le programme s’est clôturé par l’électro / balkanik de DJ Stanbul qui cuisine des sets mariant allégrement des fanfares tziganes, du hip hop américain ou du dub. Un artiste à suivre car il commence à se forger une solide réputation nationale dans un style qui ne cesse de gagner du terrain.

Maxime Ardilouze

Photos : Pierre Wetzel


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