
22 et 23 janvier 2010
L’histoire pourrait commencer par « Il était une fois… une association grenobloise » qui depuis 1998 développe des projets culturels et s’installe en 2005, quartier St Bruno (Cour Charly) dans des locaux qu’elle appellera ‘La Bobine’.
La structure, ‘Bob‘ pour les intimes, composée de nombreux bénévoles (plus de 20 personnes) et permanents (11) s’investit dans le développement musical proposant à la fois des concerts, des studios de répétition et d’enregistrement, ainsi que des aides à projets artistiques (productions d’albums, management, organisation de tournée…). Plus qu’une simple salle de concert, La Bobine véritable lieu de vie, se veut le cadre de rencontres et d’échanges autour d’une même passion, la musique, tous styles confondus.
Mais son avenir se voit bouleversé en 2007 par le nouveau projet immobilier du quartier, l’obligeant à quitter les lieux…
La ville de Grenoble, alertée par l’histoire et par une pétition de 5000 personnes, proposa l’ancien Bowling (à l’abandon depuis 14 ans) comme nouveau lieu de résidence pour la Bobine : un espace plus grand, en centre ville, dans le cadre agréable du Parc Paul Mistral, un lieu prometteur… mais où tout était à faire !
Co-financés par les collectivités locales (Conseils régionaux de Rhône Alpes et de l’Isère, la Ville de Grenoble), le CNV et projet Bob, les travaux de reconstruction et d’aménagements ont démarré en novembre 2008. La première partie du projet ( « clos couvert » – toiture, menuiserie, démolition intérieure) étant à la charge du propriétaire (la Ville), le reste (l’aménagement intérieur) étant sous la responsabilité de l’association. Conseillée par une équipe de professionnel, les membres de l’association, forts de leur expérience passée, conçurent ainsi le nouveau lieu d’accueil, le plus fonctionnel possible et en adéquation avec les aspirations de tous.
C’est avec l’aide d’une équipe de bénévoles, à l’œuvre depuis avril 2009, que les aménagements intérieurs ont pris forme :
- une salle de spectacles de 300 places,
- quatre studios de répétition dont 1 équipé d’une régie,
- un studio d’enregistrement (avec 2 cabines de prises et la régie),
- un restaurant,
- un bar,
- un service de restauration du spectacle, « Cuisine et Dépendance »,
- une terrasse en bois ouverte sur le parc…
Neuf mois plus tard, fin décembre 2009, les travaux étaient terminés et la Bobine, toujours en activité Cour Charly, a pu investir ses nouveaux locaux dans le Parc Paul Mistral.
C’est donc dans un nouveau cadre ‘sur mesure’, que la Bobine a ouvert ses portes le week-end du 22 janvier 2010.

La Billetterie
A l’accueil, sur les marches de la terrasse en bois, Eric Ghenassia le directeur de cette équipe passionnée, scrute la foule. Le concert affiche complet, mais l’accès a l’espace bar est possible sans billet (l’endroit ne désemplira pas de la soirée). Au mur, de magnifiques photos de concerts (exposition « Des clics de scènes » de Vincent Nurry, le président de l’association) et quelques images de l’ancien bowling, vestiges d’un autre temps… Les locaux tout neufs semblent avoir conservé leur âme et s’apprêtent à recevoir l’empreinte musicale de leur nouveaux occupants.
Au fond près du bar, un véhicule des années 60 faisant office de billetterie, ajoute une touche rock’n roll à l’ensemble. La salle de concert, habillée de bois, du sol aux murs, bénéficie d’une excellente acoustique. Le vaste plateau et ses 60 cm de hauteur favorise la proximité entre les artistes et le public.
L’équipe de programmation, composée uniquement de bénévoles, propose deux soirées d’ouverture de styles très différents pour la modique somme de 10 € : d’une part l’afro-beat de The Afrorockerz et le rythm’n blues de Jim Murpple Memorial (le premier soir), d’autre part les mélodies tziganes de Marià et le folklore imaginaire de Bratsch (le deuxième soir). Un voyage musical de haut vol dans le temps et dans l’espace pour un public comblé : l’ambiance festive et dansante le premier soir laissa place à un auditoire plus sage, ‘à l’écoute’, le deuxième soir, avec en filigrane permanent la chaleur et le confort du lieu. Après les concerts, place aux rencontres ‘informelles’ près du bar entre le public et les artistes…
A l’image de ces soirées, la programmation se veut éclectique et s’ouvre à un panel de styles différents. Les prix d’entrée très abordables permettent à un large public de s’ouvrir à la culture musicale.
L’équipe a donc réussi son chalenge, celui de conserver l’esprit initial de ‘La Bobine’ en développant leurs projets actuels, tout en s’ouvrant sur des nouveaux : restauration, catering spécialisé pour événements musicaux (‘Cuisine et dépendance’), partenariat avec une école de danse, programmation pour les enfants (‘La Bobinette’), aide au ‘makettage’ pour les groupes en développement… C’est grâce à la cohésion et la passion d’une équipe particulièrement investie, qui a su trouver un « équilibre entre un projet associatif, un projet culturel et une viabilité économique », que cette belle histoire a pu voir le jour…
Ce conte de fée artistique pourrait bien se terminer par « les projets Bob se développèrent et ils eurent de nombreux enfants… ».
Texte et photos : Marylène Eytier

