
Le 3 février 2010.
Au premier abord, l’affiche a l’air alléchante. De retour avec un nouvel album, « Les Faux Talbins », Sanseverino s’offre le Bataclan plusieurs soirs de suite. Ses musiciens arrivent sur scène tels des Blues Brothers, tout de noir vêtus, lunettes de rigueur, grosses bagues et coiffes à la Lucien de Frank Margerin. Quand Sanseverino arrive à son tour, il est acclamé comme une rock star, sa drôle de guitare en forme de caravane sous le bras. On s’attend à retourner sur la route des Gitans, comme il nous avait habitués à le faire avec sa gouaille sans pareille. Le violon, le banjo et le trombone sont en place, avec sur une toile au fond des vidéos cocasses qui défilent.
Pourtant, le son a changé, il est plus rock, parfois country en référence à Johnny Cash. Furtivement, on croirait entendre de la musique de western ou celle d’un film de Tim Burton. Malgré ce bon début qui laissait présager une suite réjouissante, le concert s’essouffle rapidement. Si la part belle est faite aux différents musiciens, avec notamment un excellent solo de violon et un autre de trombone, l’ensemble manque de fraîcheur et d’originalité. A vouloir trop en faire, comme cette entrée des musiciens en soutane ou ces blagues convenues, le spectacle nous laisse sur notre faim. Certes, le swing n’est pas loin, tout comme la java et le jazz, mais il manque un petit quelque chose pour se laisser emporter. La reprise déglinguée de « Salsa du démon » permet d’esquisser un sourire, de même que la version rock de « L’étrangère ». On garde cependant comme un petit goût de mitigé dans la bouche.
Lise Amiot
Photo: Yan Pradeau
